L’objet de cette étude est d’analyser la résilience de la politique budgétaire du Cameroun pour l’année 2020 en se focalisant sur la viabilité de la dette de l’Etat et la promotion de la libre entreprise.

Pour ce faire, l’étude a collecté des données secondaires de diverses sources à savoir les lois de finances de la République du Cameroun, les ressources documentaires de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, de la Caisse Autonome d’Amortissement, le Ministère des Finances ou encore le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire pour n’en citer que quelques-unes. En utilisant les outils de l’analyse statistique (notamment les statistiques descriptives) et via une approche démonstrative, l’étude est parvenue à des résultats divers.

Premièrement, la dette du Cameroun reste viable. Cependant, le risque de surendettement extérieur reste élevé. De ce fait, la politique budgétaire, dont l’objectif est d’assurer la pleine croissance économique, ne peut véritablement pas permettre d’atteindre les objectifs voulus malgré les choix budgétaires du gouvernement qui visent à réduire les chocs économiques liés à la Covid-19.

Deuxièmement, les efforts fournis par le Gouvernement du Cameroun en matière budgétaire, à travers la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2020, sont très insuffisants pour développer un secteur manufacturier sain, compétitif et diversifié, capable d’inverser la structure du commerce extérieur (le rapport exportations et importations). Ces efforts restent aussi insuffisants tant pour accroître la productivité de l’économie (notamment en intensifiant les activités sylvo-agro pastorales et piscicoles ainsi que d’extraction minière) que pour promouvoir durablement le « made in Cameroun » et ouvrir le pays à la concurrence.

Au regard de ces résultats, l’étude formule les recommandations suivantes :

Réduire le train de vie de l’Etat en termes de dépenses de fonctionnement dans tous les sous-secteurs d’activité de l’économie nationale.

Celles-ci concernent l’ensemble des avantages pécuniaires des agents du service public (missions à l’étranger, perdiems, octroi des véhicules et bons de carburant).

Améliorer le niveau des dépenses en capital ou d’investissement dans tous les sous-secteurs d’activité à forte compétitivité.

Cette amélioration protégerait les sous-secteurs nationaux les plus intensifs en main d’œuvre d’une concurrence accrue des produits étrangers.

Formuler explicitement un objectif de compétitivité dans les sous-secteurs stratégiques de l’économie camerounaise encore fortement influencés par l’omniprésence de l’Etat (postes & télécommunications, eau & énergie, transports).

L’enjeu est d’empêcher le transfert de bien-être des demandeurs vers les offreurs et, de contribuer par ce biais à la protection de leur pouvoir d’achat.

Revoir à la hausse les montants des crédits de paiement ouverts sur les programmes concourant à la promotion de la compétitivité et à l’amélioration de la gouvernance économique dans les sous-secteurs concernés.

Le but visé est de s’assurer que le droit qui sécurise les affaires sera bien appliqué, que les infrastructures du pays, propres à assurer la logistique et l’alimentation en énergie, eau et télécommunications seront performantes et que les autres institutions tels que l’éducation, la santé, la sécurité sociale, etc fonctionneront dans de bonnes conditions.

Supprimer les charges fiscales dont l’impact sur la croissance est négligeable notamment celles qui découragent le libre marché.
Ce sont par exemple l’impôt sur le droit d’exercer une activité professionnelle, les taxes sur les services déterminés.

Voici le lien pour télécharger la version complète en PDF.
https://nkafu.org/rapport-sur-le-budget-2020-au-cameroun/ 

Merci et bonne lecture!

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