Tundu Lissu s’envole pour la Belgique après des menaces contre sa personne.

Hier mardi (10/11/2020, Ndlr), l’opposant de John Magufuli a déclaré qu’il quittait la Tanzanie pour une durée indéterminée au lendemain d’un scrutin qu’il juge frauduleux.

Au moins 150 membres de l’opposition ont été arrêtés pour avoir dénoncé des fraudes massives lors des élections générales remportées par le Chama Cha Mapinduzi (CCM).

Si la plupart ont depuis été libérés, 18 d’entre eux seraient toujours en détention.

La Haut-Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a appelé à leur libération immédiate et exhorté les autorités tanzaniennes à s’assurer que les forces de sécurité “agissent dans le respect de l’Etat de droit” et des droits humains.

Le leader du Chadema effectue ainsi un retour en Belgique où il avait déjà passé trois ans après une tentative d’assassinat. Il était revenu au pays en juillet dernier pour participer à la présidentielle.

Attaques contre l’opposition

Godbless Lema, un ancien député de l’opposition, a pour sa part franchi la frontière kényane pour trouver refuge dans ce pays voisin.”J’ai reçu des informations selon lesquelles ma vie était en danger. Je ne pouvais pas ignorer cette information car j’ai enterré beaucoup de mes amis et d’autres sont toujours portés disparus. J’ai réagi rapidement et j’ai fui”, a-t-il déclaré lundi à la sortie du commissariat de Kajiado, près de la frontière.

John Magufuli, dont le premier mandat a été caractérisé par un net recul des libertés fondamentales et une multiplication des attaques contre l’opposition, a été réélu président avec plus de 84% des voix.

Le CCM, au pouvoir sans discontinuer depuis l’indépendance, a, lui, raflé la quasi-totalité des 264 sièges en jeu aux législatives.

Des doutes ont émergé quant à la sincérité de ce scrutin, qui a vu le CCM emporter des sièges jusque dans des bastions historiques de l’opposition, en Tanzanie continentale comme dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar.

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