La Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) a constaté que le concessionnaire Cameroon Railways (CAMRAIL) a juste repeint en vert et blanc les  anciennes voitures voyageurs du train Intercity à l’aide de l’argent du contribuable camerounais (subvention allouée par le Ministère des transoorts).

Plus précisément, Camrail a procédé à la rénovation d’une rame composée de  11 voitures voyageurs, d’un wagon bar restaurant et de deux fourgons. A cela s’ajoutent les quatre locomotives acquises par l’Etat  camerounais auprès de General Electric.

Pourquoi l’Etat du Cameroun continue à injecter de l’argent dans une activité du concessionnaire Camrail qui n’arrive pas, depuis 1999 (année de sa création suite à la privatisation de la Regifercam), à respecter les cahiers de charge de la convention qui la lie à l’Etat du Cameroun, l’autorité concédante ?

En effet, des indicateurs de performance ont été fixés à Camrail qui ne les a jamais atteints:

– développement du réseau ferroviaire concédé de 1000 Km: à date des lignes ont été plutôt abandonnées au grand désarroi des populations notamment les lignes  Douala- Mbanga-Kumba et Douala-Nkongsamba. Une régression, aucune extension du réseau.

– Entretien des infrastructures ferroviaires : plusieurs tronçons de rails ont été plutôt démantelés et l’écartement des rails est resté dans les normes coloniales. Alors que l’écartement conventionnel conforme à la convention de Berne du 10 Mai 1886 est de 1,435 m (1435 mm), l’écartement du rail au Cameroun est de 1000 mm. Au vu de l’étroitesse de la voie, il va de soi que la vitesse des trains est extrêmement réduite

– Renouvellement des matériels ferroviaires: il est évident qu’avec un écartement de rails aux normes coloniales, il devient difficile de s’approvisionner sur le marché mondial en voitures voyageurs et locomotives neuves qui ont des essieux avec écartement d’1m . Une raison qui explique la vétusté du matériel ferroviaire roulant de la Camrail qui n’a pour solution que de la rénovation budgétivore des vieux wagons et l’importation de vieilles locomotives d’Amérique du nord.
Pour la FOCACO, le bilan de la privatisation des chemins de fer du Cameroun est globalement négatif.
Les voyageurs camerounais méritent mieux!


Fait à Douala le 29 avril 2021
(é) Alphonse AYISSI ABENA
Président exécutif FOCACO

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