Des gardes du corps camerounais qui avaient rudoyé un journaliste de la RTS, en 2019, contestaient leur condamnation.

Comme nous vous l’annoncions dans nos colonnes il ya de cela quelques mois, six membres du service de sécurité du président de la république du Cameroun, impliqués dans l’agression d’un journaliste de la RTS,interpellés par les autorités génévoises avaient finalement été sanctionnés par ordonnance pénale du procureur général Olivier Jornot à de peines de prison avec sursis après qu’ils avaient roués de coups et violentés un journaliste de la Radio Télévision Suisse romande en marge de manifestations des opposants au président Paul Biya

Selon nos informations, les six protagonistes avaient été condamnés le 3 juillet 2019 pour contrainte et appropriation illégitime. Certains l’avaient été aussi pour dommages à la propriété. Quatre d’entre eux avaient écopé de 4 mois de prison avec sursis et les deux autres d’une peine de 3 mois avec sursis. Ils avaient été libérés dans la foulée.

Grâce aux caméras de surveillance, la police judiciaire avait pu identifier les six personnes suspectées d’avoir molesté le journaliste Adrien Krause, qui filmait une manifestation anti Biya devant l’entrée de l’hôtel Intercontinental le 26 juin 2019, avait été légèrement blessé lors de cette intervention musclée et rapide. Certains gardes l’avaient même immobilisé alors que d’autres s’emparaient de son téléphone, de son porte-monnaie et de son sac.

Ses effets personnels et son matériel professionnel avaient été emportés par les sbires du chef d’Etat camerounais avant d’être restitués dans leur intégralité sur intervention d’un négociateur de la police. Des objets ont été endommagés, précise le parquet.

Le journaliste Adrien Krause avait déposé plainte pénale immédiatement. Les six personnes ont été interpellées le 2 juillet 2019. Porteuse d’un passeport diplomatique en sa qualité de secrétaire de l’ambassade du Cameroun en Allemagne, la femme avait été rapidement libérée mais aucune immunité ne lui avait été reconnue pour son séjour genevois comme attachée à la sécurité du président. Les cinq hommes, arrêtés provisoirement, avaient passé une nuit au poste après leur première audition par la police.

Ces gardes du corps du président camerounais avaient invoqué l’immunité diplomatique pour contester leur condamnation.

Ce jour à Genève, la Chambre pénale de recours vient de rejeter leur demande.

Selon La Tribune de Genève qui revèle en primeur cette information, ” La Chambre pénale de recours a estimé que le climat ce jour-là n’avait rien de délétère, et que le président qui n’était pas présent au moment des faits, «n’a pas été apostrophé ou injurié (…) Les agents n’avaient aucun motif pour justifier leur intervention sur la voie publique». Elle a aussi rappelé que le Ministère public ne s’est pas immiscé dans la souveraineté d’un pays étranger mais a simplement veillé à ce que l’inverse ne se produise pas.» Les prévenus avaient de leur côté présenté un avis de droit, établi par un professeur lausannois, qui concluait à l’existence d’une immunité. Pour le défenseur d’un des membres du service de sécurité, Me Robert Assaël, les agents, qui n’auraient selon lui pas commis les faits que le Parquet leur reproche, «bénéficiaient de l’immunité de juridiction des agents de l’État, faisant obstacle absolu à leur poursuite pénale en Suisse». L’affaire devrait se poursuivre devant le Tribunal Fédéral.

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