Contact

143, rue 1695 Ngousso Hopital général, Face EIforce. BP 14674, Yaoundé, Cameroun

disponible 24/ 7.

Les femmes qui tiennent les salons de coiffure mobiles dans les marchés de la ville de Yaoundé travaillent dans un environnement insalubre.

Pour mieux vivre au quotidien, elles font des marchés un institut de beauté. À Yaoundé, coiffeuses et esthéticiennes coiffent et font des soins à l’aire libre. Non sans danger pour leur propre santé. Au marché Mvog-Mbi, comme dans la plupart des grands marchés de la capitale politique du Cameroun, plus d’une dizaine de coiffeuses et esthéticiennes sont à l’oeuvre. Certaines utilisent uniquement les parasols comme abris.

Tabourets, ciseaux, peigne et brosse à cheveux, fils et aiguilles sont les principaux outils de travail au quotidien. Des instruments d’une qualité douteuse. Ces peignes et aiguilles, contenus dans un papier ou dans un sac, sont marqués des tâches noires car n’ayant pas été nettoyés il y a un long moment.  Ces outils qui ne sont généralement pas désinfectés passent d’une cliente à une autre. Le cas par exemple des aiguilles qui peuvent facilement transmettre le VIH SIDA et l’hépatite B si elles piquent une personne infectée et une personne saine par la suite. Ajoutées à cela, Les conditions de travail de ces coiffeuses sont un risque réel pour leur santé.

Certaines officient près des poubelles ou près des rigoles qui dégagent des odeurs nauséabondes. Clémentine, coiffeuse relate les difficultés auxquelles elles font face au quotidien. « Nous vivons ici comme si nous étions en aventure. Les gens nous chosifient. Parfois, la mairie nous chasse. Mais on revient toujours. En saison sèche, la chaleur nous menace. La poussière et Les odeurs des égouts sur lequel nous nous tenons pour travailler nous étouffent. Pendant la saison des pluies c’est grave. On ne travaille pratiquement pas ! . On suspend parfois nos pieds sur des bancs avant de coiffer, pour éviter que l’eau des drains ne les touche. C’est dur, mais on s’accroche en attendant un possible recasement. Sinon qu’allons-nous faire pour nourrir nos familles et assumer nos responsabilités ? On n’a pas le choix », termine-t-elle d’un air las.

Ces coiffeuses justifient leur condition de travail par un manque de moyens financiers. Le marché étant donc un espace public à forte fréquentation féminine, il constitue un lieu rentable pour le placement de produits.   Gagnez de l’argent c’est bien mais le faire dans de bonnes conditions d’hygiène c’est encore mieux. Car cet environnement insalubre peut causer de nombreuses maladies notamment, l’hépatite, la fièvre typhoïde, le paludisme voire le choléra qui est signalé au Cameroun depuis le 1er novembre 2021.                                               

Par Kevine NGOMWO

Share: