S’il était aussi facile de renverser les dictatures l’armée n’aurait pas été obligé de se mettre en branle en avril 1979 pour extirper du pouvoir Idi Amin Dada en Ouganda ; Laurent Désiré Kabila n’aurait pas dû forcément mener une rébellion jusqu’aux portes de Kinshasa, capitale du Zaïre (République Démocratique du Congo) pour faire fuir en mai 1997 le dictateur sénile Mobutu Sese Seko après 32 ans de règne ; L’ANC n’aurait pas initié la lutte armée pour combattre le régime de l’apartheid instauré en 1948 en Afrique du Sud ; plus récemment, Blaise Compaoré a été poussé à la sortie après un règne de 27 ans par les jeunes en majorité suite à l’insurrection populaire du 30 Octobre 2014 au Burkina-Faso.

Loin de moi l’idée de soutenir les mouvements de révolution violente je souhaite juste mettre en exergue le fait que par essence la dictature n’a pas vocation à se déraciner facilement, pour y arriver il faut user de beaucoup de ruse et le processus d’éveil de conscience peut dans certains cas prendre un certain temps ou alors pour parler comme Monsieur Joseph Emmannuel Ateba, secrétaire nationale à la communication du MRC parlant de la spécificité Camerounaise : « ce qui urge c’est le démantèlement des structures mentales de la résignation ».

Pour revenir à l’actualité, ce 08 Décembre 2020, le gouvernement du Cameroun a levé le dispositif militaire stationné du 21 Septembre au 08 Décembre 2020 devant la résidence du président du MRC au quartier Santa Barbara à Yaoundé.

Cette période de blocus autour de la résidence du professeur Kamto hormis le caractère injuste de la démarche, il a été intéressant à plusieurs niveaux, seulement, je crains que certains ne tirent pas les leçons de cette période surtout quand j’en vois qui demandent à nouveau des manifestations publiques immédiatement.

Que le président Kamto fasse 79 JOURS de résidence surveillée sans qu’il y ait une riposte à la hauteur de l’affront et après qu’il soit libéré par les bons soins du régime de Yaoundé devrait emmener tout un chacun à une prise de conscience et surtout à beaucoup d’humilité.

Lorsqu’une recette n’a pas marché, il faut avoir le courage de faire le bilan et de changer de politique, au jour d’aujourd’hui aucun mouvement seul n’a pu renverser une dictature en Afrique et ailleurs dans tous les cas je n’en connais pas, face à la gestion calamiteuse du pouvoir de Yaoundé et surtout à la mauvaise foi qui le caractérise plusieurs leaders politiques de la nation ont compris que si changement il doit y avoir ce serait indubitablement par la rue, entendue ici comme mouvement pacifiste des masses pour imposer un changement de régime.

Tout de même il est important de préciser que la chute d’un dictateur n’est pas l’aboutissement d’un projet mais seulement une étape, il est préférable que derrière cette étape il y ait un projet de refondation sinon il est facile d’ouvrir la voie à toutes sortes de dérives.

Quand on voit la plupart du temps le flou organisationnel après la chute des dictatures en Afrique notamment en Centrafrique, au mali… on est en droit d’émettre certaines réserves dans l’approche et la volonté révolutionnaire de certains leaders.

Au-delà de toute interprétation, cette récente période de violence perpétrée contre les membres du MRC aura permis de découvrir la grande résilience de beaucoup de leurs militants mais aussi constater de nombreuses failles dans le dispositif organisationnel du parti et surtout le niveau réel de l’engagement de l’immense majorité de ses militants, sympathisants et pourquoi pas ce peuple qui dit aspirer à un véritable changement de gouvernance.

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