Au début du mois de Novembre 2020, au Cameroun un éminent professeur de Relations Internationales et de sciences politiques donna une interview dans un médium local sur l’élection présidentielle américaine au cours de laquelle il déclara que la victoire de Joe Biden sera une bonne chose pour l’Afrique parce que ses drames personnels l’avaient rendu plus sensible à la souffrance des autres.

Au-delà du fait qu’il soit très déconcertant, qu’un Professeur en Sciences politiques intègre le facteur sentimental dans une évaluation qui devrait être froide et logique, il est inquiétant de constater qu’il n’ait pas pu évaluer le phénomène Trump avec justesse, 4 ans après son accession au pouvoir. Et cette omission n’est que symptomatique d’un phénomène national et continental. Presque toute l’intelligentsia africaine évalue le président Trump sur la base essentiellement émotionnelle que leur communiquent les médias dominants. Je me suis d’ailleurs retrouvé il y a des années dans le salon d’un diplomate camerounais qui faisait ses analyses sur la base d’informations que diffusait CNN sur son poste de télévision.

Le phénomène Trump a été évoqué et expliqué dans plus d’un article du Sphinx Hebdo et dans plusieurs émissions d’Afrique Média. Il peut être résumé dans le contexte des élections américaines en ce que l’enjeu de ces élections entre Joe Biden, le candidat démocrate et le républicain Donald Trump est la lutte pour le contrôle du pouvoir entre les mondialistes représentés par le premier et les souverainistes dont le second est le champion. Les mondialistes veulent reprendre le contrôle du complexe militaro-renseignements qui leur permet de conquérir et soumettre peuples et nations à l’autorité de l’oligarchie mondiale dans ce qu’on appelle le Nouvel Ordre Mondial. C’est dans la poursuite de ces objectifs que le coronavirus a été libéré et propagé dans le monde.

Les nationalistes américains quant à eux veulent reprendre le contrôle des ressources de leur pays qui avaient été détournées pour servir à l’avènement du Gouvernement Mondial. Cela veut dire que contrairement à ce que suggère l’expert cité plus haut, l’Afrique devrait s’attendre à plus de conflits et au chaos si Joe Biden était confirmé comme président élu des États-Unis. Le président Trump a été une opportunité pour l’Afrique en ce que son peu d’intérêt pour notre continent et ses ressources, son focus pour la reconstruction de son pays et la lutte pour l’hégémonie mondiale qu’il mène contre la Chine affaiblissaient le camp des néocolonialistes européens. Le président Trump qui s’est d’ailleurs prononcé plusieurs fois contre ce gouvernement mondial encourageait les dirigeants à aimer et à travailler chacun pour le bien de leur pays.

Ne pas comprendre ces données pose à l’Afrique un sérieux problème géostratégique. En effet, si notre intelligentsia et à un certain degré, nos dirigeants mêmes ne comprennent pas des enjeux géostratégiques aussi élémentaires, comment penser qu’ils prendront de bonnes décisions? Les pays Africains dans leur ensemble n’ont pas su profiter de l’opportunité de la présence de Trump a la Maison Blanche. Voyez comment les conseillers du président Paul Biya l’ont mis dans une position délicate en lui suggérant de présenter des félicitations prématurées à Joe Biden qui n’a pas encore été déclaré président-élu des États-Unis par les autorités compétentes. .

L’issue des élections n’a pourtant pas encore été déterminée et va probablement être renversée par le camp du président Trump qui a attaqué dans de nombreux tribunaux les résultats annoncés par la presse locale et globale. En effet, son équipe d’avocats serait en possession de nombreuses preuves de fraudes massives qui feront pâlir l’Afrique. Selon les premières informations, des morts auraient voté à l’instar de Joe Frazier et le grand-père de Will Smith parmi en Pennsylvanie et dans bien d’autres États. Il faut souligner que le nombre de votants dans certains counties était supérieur aux enregistrés. À titre d’illustration, un County au Michigan in software a attribué par “erreur”5000 votes du président Trump à Joe Biden ; et ce software a été utilisé pour compter des votes dans 28 autres États; des employés de la poste ont dénoncé les ordres de leurs supérieurs d’antidater des bulletins de votes arrivés en retard; en Pennsylvanie, 139.000 bulletins seraient arrivés d’un County par poste et auraient été entièrement attribués à Joe Biden ; au Michigan, les observateurs du parti Républicain auraient été exclus du décompte des votes et les exemples de ce genre sont légion.

Et si nos élites voient les choses sous la perspective européenne et Occidentale, c’est parce qu’ils s’abreuvent à RFI, BBC, la Voix de l’Amérique et autres médias étrangers qu’ils croient à tort plus sophistiqués, plus informés et plus libres que certains médias locaux. C’est vrai que leurs programmes paraissent plus élaborés, bien construits et divers grâce à leurs grands moyens financiers. Et nos élites, à cause de ces éléments, trouvent intellectuellement plus « stimulant et/ou moderne d’écouter une radio étrangère qui, en réalité est plus sophistiquée dans le mensonge, la manipulation et l’intoxication que les médias de la presse alternative.

L’attitude de notre intelligentsia est typique et révélatrice de la mentalité d’esclave à laquelle notre éducation nous prédispose. Heureusement que les réseaux sociaux viennent altérer ce phénomène en diffusant des informations et des analyses auxquelles les médias dominants ne nous auraient pas donné accès. Ces derniers servent leurs intérêts stratégiques en manipulant les sentiments des Africains et de leurs dirigeants, dans le cas du président américain, en les amenant à le détester. Comme d’habitude, les peuples naïfs assassinent ceux qui servent directement ou indirectement leurs intérêts. Ce serait aussi une bonne occasion pour lire le brillant article écrit par Mebah Dorien et intitulé La Vérité Sur Les Médias Occidentaux

Paradoxalement, ce sont ceux que l’on prend pour illettrés, qui ne sont pas entrés dans le moule de l’éducation coloniale et qui s’informent sur Afrique Media et les autres médias libres qui semblent comprendre les véritables enjeux de la campagne Anti-Trump déclenchée par les médias dominants en Occident et orientée vers les populations africaines. Beaucoup de ces personnes « ordinaires » comprennent la crise du coronavirus et le programme du président Trump mieux que ces ingénieurs, enseignants, avocats, médecins et même des diplomates qui se disent plus éduqués. Il est plus rafraîchissant de causer avec un de ces gars de la “rue” que d’écouter ces diplômés qui sur les plateaux de télévision et de radio passent leur temps à réciter les théories que leur a inculquées le maître, avec des grilles de lecture complètement obsolètes assorties des théories trompeuses qui nous ont menées là où nous sommes. Ces « Intellectuels » doivent

comprendre que les Institutions étrangères ont pour objectif de propager des concepts qui servent leurs intérêts stratégiques et géostratégiques. Ainsi, plus on s’éduque à leur école, plus l’on s’enfonce dans l’erreur.

Le gouvernement camerounais a bien pris conscience de l’importance de la guerre de l’information en créant des radios FM locales pour combler l’espace médiatique, intéresser l’audience nationale aux activités locales et les décrocher des radios étrangères. Cependant, il ne fait pas suffisamment. Aujourd’hui, l’on a le sentiment qu’il n’existe pas de stratégie réfléchie et coordonnée pour faire face à cet assaut. Par exemple, Afrique Media, l’un des rares médias qui se bat pour échapper au contrôle d’intérêts étrangers et qui soit capable de renverser les concepts géostratégiques faussés que l’on nous impose est exclu de la quasi-totalité des distributeurs de câble au Cameroun qui, eux sont sous la solde d’un compagnie française de distribution. La plupart des autres médias ont une ligne éditoriale dictée par les adversaires du Cameroun. L’un des rares sites d’information online camerounais (avec camer.be) qui fonctionne encore est Cameroon-info, un website à la ligne éditoriale pro-française et qui reçoit probablement le soutien financier de la France dont il fait la propagande, notamment par la publication d’articles de l’AFP, l’agence de presse française. Il en est de même de Cameroonvoice qui a changé de ligne éditoriale depuis la mort de son fondateur. D’autres web sites ont mis la clé sous le paillasson.

Nous ne devrions pas laisser une compagnie étrangère contrôler un domaine aussi vital que le réseau de distribution de câbles ni d’ailleurs être impliqué du tout dans la gestion de l’information dans notre pays. La gestion de l’information ne devrait pas obéir à des critères économiques ou financiers ou même diplomatiques. On ne devrait pas faire attention aux règles de l’économie libre auxquelles ne croient que les naïfs. Ces règles sont valables lorsqu’ils servent leurs intérêts. Lorsque ce n’est pas le cas, les autres Etats les violent allègrement. Lorsque Al-jazzera et Press TV, des chaînes de télévision du Qatar et d’Iran ont commencé à ouvrir les yeux aux américains et à « mettre » en danger les intérêts de l’élite américaine, les autorités décidèrent de les fermer sans la moindre explication. Les autorités françaises et anglaises menacent régulièrement de fermer RT la chaîne de télévision Russe. Les États-Unis récemment, sans explication pertinente donc valable, ont récemment fermé le Consulat de Chine à Houston. Les exemples pareils sont innombrables. En clair sur la scène internationale, chaque Etat agit(ou devrait agir) et pose(ou devrait poser) des actes au mieux de ses intérêts fondamentaux. Ne pas le comprendre serait une erreur d’appréciation blâmable et inexcusable

En conclusion, pour corriger ce déficit nous suggérons trois solutions :

1. La mise en place d’un véritable centre d’études stratégiques complètement géré et contrôlé par des Camerounais et Africains qui ont des connaissances avérées sur le fonctionnement et la marche du monde. Eviter que les pays étrangers notamment la France viennent avec leur expertise et financement dans le but de prendre le contrôle des activités de notre pays comme c’est le cas avec l’Ecole de Guerre de Yaoundé. Exiger à tous les diplômés de l’Enseignement supérieur de prendre des cours à ce centre à la fin de leur cursus.

2. Décoloniser la presse en demandant à tous les organes de presse locaux bénéficiant de financement étranger de le déclarer et de s’enregistrer comme organes de presse étrangers.

3. Rétablir Afrique Media dans les foyers camerounais et Africains. C’est une arme de contre-offensive médiatique tellement puissante que les intérêts étrangers cherchent continuellement à la détruire de l’extérieur et de l’intérieur.

4. Créer des programmes intéressants et captivants pour empêcher l’intelligentsia et la jeunesse de s’abreuver à la source de nos adversaires.

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