Cette pratique est irréversible, c’est-à-dire que l’homme vasectomisé ne pourra plus avoir d’enfants au cours de sa vie.

Michael Evina, 36 ans, marié depuis
2006, est le père de deux enfants de 7 et 10 ans. Il a subi une vasectomie, le
30 avril 2021, dans une formation sanitaire de la ville de Yaoundé. Sa femme et
lui ont pris cette décision en décembre 2020. C’est une décision du couple
qui correspond à la décision définitive de ne plus vouloir d’enfant. «  Avant tout, c’est la santé de ma femme qui est entrée en ligne de
compte. On voit tellement de femmes qui souffrent de leur contraception. La
vasectomie est une bonne façon de retourner les rôles. D’autant plus que pour
l’homme, il s’agit d’une intervention chirurgicale très simple et sans aucune
séquelle. J’ai voulu pratiquer une vasectomie pour prendre enfin la
responsabilité de la contraception dans le couple et pour sa santé à elle
 », raconte ce jeune cadre en
service dans une banque à Yaoundé. L’opération dure une vingtaine de minutes.
D’après l’urologue, la vasectomie entraine une stérilité permanente. « Il existe une opération destinée à « annuler
» la vasectomie et à rétablir la circulation des spermatozoïdes, mais il s’agit
d’une opération complexe dont le taux de succès n’est que de 30 à 40% environ
 »,
a-t-il déclaré. 

Il est donc demandé aux hommes souhaitant se faire
vasectomiser de considérer que leur choix entrainera une stérilité permanente.
D’après le Dr. Raphaël Kamgang, la vasectomie est une intervention chirurgicale
permettant d’obtenir une stérilisation chez les hommes. Elle consiste à
ligaturer les canaux déférents, qui sont les canaux qui « véhiculent » les
spermatozoïdes de leur lieu de production dans les testicules jusqu’à l’urètre,
par lequel est éjecté le sperme. Lors de l’éjaculation, les spermatozoïdes
passent par le canal déférent, puis par le canal éjaculateur et se mélangent
aux sécrétions des vésicules séminales et de la prostate. Le sperme ainsi
constitué est expulsé par l’urètre. Le but de la vasectomie est de bloquer le
cheminement des spermatozoïdes et d’empêcher leur expulsion. Encore méconnue au
Cameroun, la vasectomie ou stérilisation masculine existe pourtant depuis plus
de deux siècles.

Aux États-Unis, elle est même considérée comme une méthode de
contraception à part entière depuis les années 60 : 16 % des Américains
pratique la vasectomie. C’est aussi une opération banalisée dans les pays
nordiques. En France, le nombre de vasectomie a été multiplié par 5 entre 2010 et
2018 d’après l’assurance-maladie. Ainsi, selon les chiffres de l’Assurance
maladie, en 2018, 9 240 hommes avaient choisi la vasectomie contre seulement 1
880 en 2010. Cette pratique ayant été longtemps confidentielle, sinon
clandestine, les chiffres ne sont pas connus mais on sait que cette méthode est
très peu utilisée et très méconnue. La raison est sans doute parce que beaucoup
d’hommes la voient comme une véritable mutilation ou une castration. En effet,
bien des idées reçues circulent encore à son sujet.

L’efficacité la vasectomie

La vasectomie est l’une des méthodes de contraception les
plus efficaces. On considère qu’une grossesse survient en moyenne chez 15 à 20
couples sur 10 000 dans l’année suivant la vasectomie, contre 1400 sur 10 000
lorsque la méthode contraceptive repose sur les préservatifs, et 500 avec un
contraceptif oral.Cela étant, la
stérilisation n’est pas immédiatement obtenue après l’intervention, car des
spermatozoïdes peuvent subsister dans les différents canaux. On considère en général
que la stérilisation est obtenue après une trentaine d’éjaculations, ou après 3
à 4 mois.

Après l’intervention, il est donc indispensable d’utiliser un
autre moyen de contraception jusqu’à ce que l’absence de spermatozoïdes dans le
sperme soit confirmée par une analyse.Dès
qu’il n’y a plus aucun spermatozoïde dans le liquide spermatique, il est
possible d’abandonner les autres contraceptifs. Comme pour toute intervention
chirurgicale, il existe un risque de complications. La plupart du temps, il s’agit
de légères douleurs, d’un hématome ou d’un œdème persistant quelques jours au
niveau des incisions. Le risque d’infection ou de complications plus graves est
très faible.On considère que la
vasectomie est irréversible, c’est-à-dire que l’homme vasectomisé ne pourra
plus avoir d’enfants au cours de sa vie.

Elvis Serge NSAA

L’article Planning familial – La vasectomie, une contraception masculine à haut risque est apparu en premier sur Echos Santé.

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