Présentée comme une solution pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile, à peine 25% de personnes en âge de procréer utilisent une méthode contraceptive.

La planification
familiale évite des morts, de mères, de nourrissons et d’enfants.
L’espacement des naissances à au moins deux ans d’intervalle est l’une des
stratégies les plus importantes et les plus efficaces pour réduire le nombre
d’accouchements à problèmes et assurer la survie des enfants.

Planifier les naissances au sein de la famille est très important pour
privilégier la santé de la mère et des enfants. Pour cela, il existe des
méthodes qui permettent d’éviter chez la femme des grossesses rapprochées ou
encore indésirables. Mais de nombreuses femmes, même étant mariées ignorent ces
méthodes et celles qui les connaissent ne disposent pas toujours les moyens
pour les appliquer.

La planification
familiale permet aux populations d’atteindre le nombre souhaité
d’enfants et de déterminer quel sera l’espacement des naissances. Elle
consiste à utiliser
des méthodes contraceptives et à traiter
l’infécondité.

Avantages de la
planification familiale pour la femme

On pourrait empêcher le quart des
morts maternelles, sauvant ainsi la vie de près de 150. 000 femmes par an, si
on évitait les grossesses non désirées en pratiquant largement la planification
familiale. Les grossesses trop nombreuses ou trop rapprochées, la contraception
évite les grossesses indésirables et les risques d’avortement provoqué avec son
cortège des complications.

La contraception hormonale protège
contre le cancer de l’utérus, des ovaires, du sein et des infections
pelviennes. Quelque soit l’âge de la femme, le risque de mortalité à
l’accouchement durant la quatrième naissance ou ultérieurement est de 1,5 à 3
fois plus élevé que durant une deuxième et troisième naissance.

La
capacité ou l’incapacité d’une femme d’espacer et de limiter ses grossesses a
des conséquences directes sur sa santé et son bien-être. La planification
familiale permet l’espacement des naissances et donne la possibilité de
retarder les grossesses chez les femmes jeunes, les grossesses précoces étant
associées à un risque élevé de problèmes de santé et de décès. Elle permet
d’éviter les grossesses non désirées, notamment chez les femmes plus âgées pour
qui les risques associés à la grossesse sont accrus.

Les
femmes qui ont plus de quatre enfants auraient un risque de mortalité liée à la
maternité accru. En réduisant les taux de grossesses non désirées, la planification
familiale permet de limiter le besoin de recourir aux avortements pratiqués
dans de mauvaises conditions de sécurité.

Avantages de la
planification familiale pour l’homme

Les hommes, comprennent différemment
les messages de planification familiale que les femme, trouvent que les raisons
financières représentent la principale motivation de l’emploi de la
planification familiale alors que les femmes trouvent que c’est la santé et le
besoin pour la mère de se reposer qui sont le principales motivations de
l’utilisation de la planification familiale.

Comme l’homme est le soutien de la
famille, la planification est importante pour lui dans le cadre de la
proposition des ressources utilisables dans la famille car la planification
familiale est un moyen d’alléger les difficultés économiques du foyer.

 Avantages de la planification familiale pour
l’enfant

La planification familiale sauve la
vie des enfants en permettant aux femmes d’espacer leurs grossesses d’au moins
deux ans et de limiter leurs accouchements à leurs meilleures années de
procréation. La pratique de la contraception offre d’importants avantages aux
enfants, tout comme aux femmes elles – mêmes.

L’espacement des naissances aide à
protéger la santé des enfants. Un enfant conçu plus de deux ans après la
naissance de son aîné a plus de chance de survivre qu’un enfant conçu, plus
tôt. La planification peut également réduire la mortalité néonatale et
infantile. L’espacement de naissances de plus de deux ans d’intervalle peut
sauver chaque année les vies de millions de nourrissons et d’enfants.

De nombreuses études ont révélé que
le rapprochement des naissances réduit les chances de survie ainsi que la
qualité de la vie du nourrisson et de l’enfant né juste avant. En effet, le
sevrage précoce fragilise l’enfant dont la naissance est suivie rapidement
d’une autre grossesse, la part de la nourriture des enfants se voit réduire et
les risques d’infection sont nombreux.

Quand les naissances sont
rapprochées, on met en danger l’aîné immédiat tout comme le nouveau – né. La
taille de la famille a des effets directs sur la chance de survie de l’enfant
car elle détermine la proportion des ressources de la famille. Dans ce cas, les
chances de l’enfant diminuent dans le cadre d’éducation (augmentation de
scolaire et autres) même l’affection des parents diminue.

 Contribuer à prévenir le VIH/SIDA

La
planification familiale réduit le risque de grossesses non désirées parmi les
femmes vivant avec le VIH/SIDA, ce qui permet de diminuer le nombre de bébés
infectés et d’orphelins. En outre, les préservatifs masculins et féminins
fournissent une protection double à la fois contre les grossesses non désirées
et contre les maladies sexuellement transmissibles, y compris le VIH.

Donner aux
populations la capacité d’agir et renforcer l’éducation

La
planification familiale permet aux populations de faire des choix en toute
connaissance de cause en matière de santé sexuelle et génésique. Elle
représente pour les femmes une chance d’améliorer leur niveau d’études et de
participer à la vie publique, y compris dans le cadre d’emplois rémunérés dans
des organisations non familiales. De plus, le fait d’avoir moins d’enfants
permet aux parents d’investir davantage dans chaque enfant. Les enfants qui ont
moins de frères et sœurs sont généralement scolarisés plus longtemps que les
autres.

De réduire les
grossesses chez les adolescentes

Les
adolescentes qui sont enceintes sont davantage susceptibles de donner naissance
à des bébés prématurés ou d’un faible poids à la naissance. Les taux de
mortalité néonatale sont plus élevés chez les bébés dont les mères sont des
adolescentes. Nombreuses sont les adolescentes qui sont obligées d’abandonner
leur scolarité lorsqu’elles tombent enceintes. Cela a des conséquences à long
terme sur leur vie en tant qu’individus, mais aussi sur leurs familles et leurs
communautés

Les efforts et
les engagements du gouvernement camerounais

Dans
le cadre des efforts visant à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) surtout ceux en rapport avec la santé de la mère et de
l’enfant, le gouvernement camerounais a pris des engagements au niveau national
et international. Ces engagements visent entre autres à améliorer la situation
de la femme, de l’enfant et des couches vulnérables en assurant le droit à la
santé en général et le droit en matière de santé de la reproduction en
particulier. En se fondant sur le fait que la Planification Familiale (PF)
contribue à réduire de façon significative les taux de mortalité maternelle,
néonatale et infanto-juvénile et qu’elle constitue un des piliers de la
prévention de la transmission Mère et Enfant du VIH, le ministère de la Santé
Publique a élaboré le présent Plan Opérationnel de la PF pour la période
2015-2020. L’objectif principal de ce plan est de contribuer à l’augmentation
de la prévalence contraceptive de 16,1% en 2011 à 30% en 2020. Les
interventions à haut impact inscrites dans le plan sont entre autres :

L’extension
de l’offre des services intégrés de PF à travers le pays ; le renforcement du
plateau technique des formations sanitaires ; la formation des prestataires des
formations sanitaires en technologie contraceptive ; le plaidoyer auprès des
décideurs administratifs et des parlementaires en vue d’accroitre leur
engagement en faveur de la PF ; la collaboration avec des leaders
communautaires et des détenteurs des normes socioculturelles dans la
sensibilisation sur la PF ; des campagnes de communication sur la PF ; le
renforcement de l’implication des hommes comme partenaires dans la promotion de
la PF ; l’intensification de l’enseignement de la santé sexuelle et reproductive
en milieu scolaire et extra-scolaire ;  le
renforcement de la chaine d’approvisionnement des contraceptifs ; l’offre de
toutes les méthodes de courte durée d’action (condoms, pilule et injectable) au
niveau communautaire à travers les agents de santé communautaire formés et
encadrés ; L’organisation des stratégies avancées et mobiles d’offre des
services de PF.

Si
en 2020 cette prévalence escomptée (30%) a été atteinte, les impacts les plus
importants se traduiraient par les réductions de 1 462 359 grossesses non
planifiées, de 731 avortements provoqués, de 1 271 521 naissances non
planifiées, de 9 943 décès maternels évités, de 40 689 décès de nourrissons
évités et de 78 834 décès des enfants évités.    

Désiré EFFALA

L’article Planification familiale – 75% des Camerounais n’utilisent pas de contraceptifs est apparu en premier sur Echos Santé.

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