De Paris à Bruxelles en passant par Londres, des expatriés du triangle national ont suivi, enthousiastes,le scrutin du 4 novembre et misent énormément sur le candidat démocrate.

« Par le passé, alors que Barack Obama était Sénateur et qu’il était venu au Kénya pour rencontrer son père à ses côtés, Michelle, son épouse, j’ai été très touché par sa personnalité et impressionné par son charisme. J’étais à la maison avec Amobé Mévégué, un journaliste que j’apprécie énormément. J’avais alors dit qu’Obama sera le premier président noir des Etats-Unis. Il m’avait ri au nez, arguant que la société américaine ne le permettra jamais », raconte Prince Kestamg, l’artiste Camerounais qui vit à Paris.

Pour lui, le nouveau président élu des Etats-Unis d’Amérique sera dans le sillage politique de Barack Obama dont il a été vice-président. « Je pense que Joe Biden va être dans la continuité du travail entrepris par Barack Obama. Je le vois bien reprendre l’Obama care, pour améliorer le système de santé, notamment en ce temps de Covid. Il a d’ailleurs déjà déclaré qu’en en fait la priorité de son action », indique-t-il. Joe Biden a d’ailleurs formé un Conseil scientifique de lutte contre la Covid, convaincu que la santé des populations est un préalable pour avoir une économie florissante et passer la main dans 4 ans. « Michelle Obama a reçu une bénédiction des grands parents de Barack au Kénya. Kamala Harris, qui est une femme noire avec des origines indiennes et jamaï- caines, prouvera aux Américains qu’une femme de couleur est capable de jouer les tout premiers rôles comme Vice-présidente. Je lui dédie la chanson Gueyoh Mama. Elle préparera le terrain pour Michelle Obama qui, j’en suis sûr, sera la première femme à accéder à la tête des Etats-Unis comme présidente ». « Comme en Afrique… »

Hugues Seumo, journaliste, à Bruxelles, a lui aussi été captivé par l’élection présidentielle américaine du 4 novembre. « Jamais élection étrangère n’aura été autant suivie, et plus particulièrement en Belgique. Pendant des semaines, les populations du Royaume de Belgique ont rete- nu leur souffle oubliant même parfois que les Américains ont voté pour une personne qui défendra le mieux possible leurs intérêts, pas ceux des autres pays ».

Pour Hugues Seumo, les événements dramatiques qui ont secoué les Etats-Unis, sur fond d’injustice sociale et question raciale, ont pesé sur la balance qui a penché en faveur de Joe Biden. « Au sein de la communauté africaine du royaume, des voix se sont élevées pour prendre indexer l’acte qui a conduit au décès de George Floyd, cet Afro-Américain mort étouffé sous le genou d’un policier blanc. Nombre d’entre elles ne cachent pas une certaine hostilité à l’égard d’un président Trump dont per- sonne n’a oublié l’insulte aux pays africains qu’il avait traités de « pays de merde » ».

Hugues a surtout observé, tout au long du scrutin, le fonctionnement des institutions au pays de l’Oncle Tom. « L’une des curiosités de ces élections présidentielles américaines, c’est que, avant la fin du dépouillement, Donald Trump s’est autoproclamé vainqueur, dénonçant au passage des tentatives de fraudes et menaçant de saisir la Cour suprême pour arrêter le décompte des résultats. Une posture qui nous rappelle l’Afrique francophone, où la contestation est systématique à la fin de chaque consultation électorale », indique-t-il, avant de nuancer son analyse. « Sauf que dans le cas des Etats-Unis d’Amérique, ce n’est pas le candidat de l’opposition, qui crie à la fraude mais bien le président sortant ».

Une attitude qui provoque une certaine ironie chez M. Ngambi, une étudiante camerounaise qui vit à Londres. « Le manque d’élégance du président Trump à reconnaître sa défaite traduit un égo surdimensionné et une défiance vis-à-vis de la démocratie à l’échelle mondiale ». Le candidat Républicain et président sortant, Donald Trump, contestant l’élection de Joe Biden, a introduit de nombreux recours qui doivent encore être validés. Quoiqu’il en soit, une fois le contentieux électoral vidé, la Cour suprême fédérale proclamera les résultats définitifs sanctionnant l’élection officielle du 46è président des Etats-Unis d’Amérique.

Hilaire Zoyem Djoumessi « Les Africains doivent se débarrasser des satrapes qui les dirigent »

Camerounais d’origine vivant à Genève, en Suisse, il est impressionné par la clarté du processus électoral américain en comparaison avec celui du Cameroun « Après le fiasco de Elecam au Cameroun et toutes les spéculations qui en ont suivi, j’étais curieux de com- prendre ce que doit être le rôle des entités impliquées de près ou de loin dans un processus électoral: les organes en charge des élections proprement dites, mais aussi les médias, les partis politiques concourants, les communaute sa divers niveaux, etc. En cela, je suis très curieux de découvrir le rapport que la mission de Elecam dépêchée sur place, en tant qu’observateur, pro- duira et qu’elles conclusions ou leçons elle en tirera pour améliorer notre propre système ou processus électoral ».

Hilaire Zoyem Djoumessi a suivi de près la présidentielle américaine le 4 novembre dernier. Il semble avoir été marqué par le souci du respect de la légalité et du droit, des éléments qui charpentent le processus électoral. « Leçon de démocratie » « La solidité des institutions me semble être la plus grande leçon a tirer. Il ne s’agit point d’une question de personnes, mais de la vigueur des institutions et de la coutume constitutionnelle face aux atermoiements des acteurs. Le système électoral américain s’appuie sur une constitution respectée, un système judiciaire crédible et une Cour suprême fédérale solide. Par ailleurs, la forme de l’Etat est une garantie de proximité des institutions. Contrairement a ce que l’on pourrait penser, le fédéralisme n’est pas un système qui affaiblit l’Etat. Chaque Etat fédéral a adopté un système électoral qui correspond le mieux a ses attentes. Dans certains Etats, le recomptage du vote est automatique a certaines conditions », remarque-t-il, soulignant : « Les recours sont examinés par l’organe local en charge des élections jus- qu’à la Cour suprême fédérale. J’y vois une volonté de dire les résultats de la façon la plus objective possible. Les médias, quant a eux, quelle que soit leur ligne éditoriale, sont prudents et objectifs. Que des valeurs que nous pouvons utilement emprunter aux Américains pour autant que le régime actuellement aux affaires veuille s’en inspirer. Peut-être serait-ce le cas dans un avenir que nous appelons de tous nos vœux! ». « Bonne nouvelle » S’il espère que le pouvoir démocrate de Joe Biden sera différent de celui de son prédécesseur Républicain, Donald Trump, il reste très prudent quant à ce qu’il faut en attendre. « Je ne me fais pas trop d’illusion. Les Américains votent d’abord leur président a eux et non un président du monde. Je crois que cela ne change fonda- mentalement rien au destin des Africains.

Néanmoins, la personnalité du président élu peut entrainer quelques effets collatéraux plus ou moins impactant, qu’ils soient accidentels ou recherchés », pense-t-il, ajoutant : « Plus superficiellement, la victoire de Biden est celle du multilatéralisme sur l’unilatéralisme et le repli sur soi prôné par l’Administration Trump. C’est également l’espérance d’une stabilité dans les relations internationales a tra- vers la pérennité des accords internationaux qui induit que les acteurs doivent respecter les traités et conventions internationaux auxquels ils adhèrent librement. Il est reproche a Trump de n’avoir pas, en 4 ans, daigne fouler le sol Africain. Mais je ne vois pas ce que cela aurait change », insiste-t-il, avant de conclure :« Les Africains doivent se libérer eux-mêmes des satrapes qui les gouvernent. Je suis convaincu que le Gouvernement américain ainsi que la “communauté internationale” ne pourront pas s’opposer a la volonté des peuples du Continent qui lui proposeraient des dirigeants intègres et résolus. A contrario ils n’aideront jamais les Africains a renverser les dirigeants au pouvoir même s’ils sont foncièrement corrompus et violents envers leurs propres peuples. »

Trois questions à… Jean Bosco Tagne

 

« L’élection de Biden pourrait être déterminante pour la situation du Cameroun »

Membre de la Camdiac (Cameroon diaspora for change) , depuis Washington, il revient sur la présidentielle américaine et sur les 38 ans de pouvoir du président Paul Biya.

Comment avez-vous vécu la présidentielle américaine du côté de Washington ?

Tout d’abord merci de l’opportunité que vous me donnez pour parler de mon pays d’accueil, ce pays qui a reçu sans arrière-pensée de pauvres Camerounais que nous étions, mes camarades et moi, exclus de toutes les universités du Cameroun par M. Titus Edzoa et pour- chassés de notre beau pays, le Cameroun, par ce régime satanique et dictatorial de M. Biya Paul qui, en 38 ans de règne, ce 6 Novembre, a mis le pays à genoux. Les Camerounais, dans leur large majorité ont vécu cette élection Américaine comme une épée de Damoclès sur la tête comme la plupart d’Africains et Africains- Américains qui voulaient voir partir le régime de Trump. C’est cela la force de la démocratie et de l’alternance ! Ce régime qui, ces derniers mois, a rapatrié un bon nombre de Camerounais et d’Africains qui ont fui leurs pays comme au Cameroun à cause de la guerre dans le NOSO ou dans le Nord à cause de Boko Haram. Les familles qui le pouvaient avaient instruit les leurs à prendre la route de l’Amérique du Sud mais hélas le régime Trump n’était pas tendre à leur égard et beaucoup sont en route pour le Cameroun malgré le danger. Ils ont donc en majorité pris cause et voté pour Biden. Comme d’habitude dans les groupes traditionnels Camerounais les débats étaient très unanimes malgré quelques rares voix dissidentes. Nombreux sont les Camerounais voire Africains qui ont laissé éclater leur joie après la déclaration de la victoire de Joe Biden. Durant son mandat, Trump n’a jamais pensé un seul instant mettre pied dans aucun pays Africain. Nous espérons que Biden le fera comme l’ont fait certains de ses prédécesseurs. Peut-être enfin un Ambassadeur américain prendra fonction au Cameroun. La présence Américaine au Cameroun est très importante sur le plan diplomatique.

En quoi la coopération entre les États-Unis et le Cameroun peut-elle être un atout pour le Cameroun?

Nous pensons sincèrement que la coopération entre les États-Unis et le Cameroun peut être un vrai atout pour notre pays surtout avec le nouveau régime Biden qui semble un peu plus ouvert sur le monde que le sortant. Cette coopération, si la diaspora est mieux organisée, pourrait influencer les décisions sur les accords de coopération, forcer une avancée démocratique, avec une forte pression sur le vieux tyran. Le Cameroun sur le plan international est devenu une grande crainte ou un nouveau massacre à la Rwandaise pourrait émerger. Le Sous-secrétaire américain chargé des affaires Africaines se préoccupe de la situation du Cameroun ainsi que bon nombre de Sénateurs démocrates qui, avec le gouvernement de Biden , pour- raient jouer un rôle déterminant sur ce qui se passe au Cameroun. Il serait important que la diaspora camerounaise mettre une pression énorme sur Washington pour qu’enfin un changement s’opère au Cameroun. Pour beaucoup de Camerounais vivant aux USA, c’est le premier atout de coopération nécessaire que Biden pourrait leur offrir, eux qui ont massivement voté pour lui. Les Camerounais sont très bons sur le plan du lobbying,networking. Au moment où le président Paul Biya vient de passer 38 ans au pouvoir, le 6 novembre, quel bilan global dressez- vous de son long règne? Eeeeh oui

! Quel bilan pouvons-nous dresser d’un tel règne d’échecs ?

Le règne de Biya Paul ne peut être que négatif sur tous les plans. Ce dictateur a détruit un si beau pays pendant plus de 45 ans car ce monsieur était premier ministre pendant 7 ans avant de recevoir de son « illustre prédécesseur » les clés d’un si beau pays qui, aujourd’hui, voit mourir ses enfants à la pelle dans le Nord-Ouest, Sud-Ouest avec ce massacre d’écoliers a Kumba comme le grand Nord. Dites- moi qui n’est pas choqué des images venant de cette école sinon ce dictateur de première classe qui ne s’est même pas déplacé comme le ferait tout bon chef d’état soucieux du bien-être de son peuple, pour voir de près sur le terrain ! Le Cameroun n’est pas géré et comme tout pays sans gestionnaire, c’est le chaos. Tout ce qu’il sait bien faire c’est de tout faire pour la préservation de son pouvoir et mettre ses opposants en prison ou en résidence surveillée. Je n’attends que ce jour-là ou enfin de jeunes Camerounais prendraient la rue pour forcer son départ. Ce jour n’est plus loin même si la nature est déjà en train de s’en occuper. Nous l’avons vu incapable de monter les marches du palais de « son meilleur professeur » à Paris et sommes persuadés qu’il est à présent incapable de se déplacer de manière autonome.

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