Selon le journaliste, écrivain et essayiste Jean Bruno Tagne, « Le gars qui gère le compte Twitter et Facebook de Paul Biya » était indisponible le Weekend.

 Le Cameroun, la diaspora et les institutions ont été froidement touchés par le décès de 7 personnes ( dont 6 élèves et une femme) suite au massacre alarmant qui s’est produit le 24 Octobre 2020 à Kumba. Sur le champ, Plusieurs ont rendu hommage aux victimes à travers des poèmes, des chants, bref des messages divers. Pourtant, C’est 48 heures après que le numéro 1 du Cameroun, le président Paul Biya est sorti de sa réserve. ” j’ai appris avec une grande tristesse l’horrible assassinat de plusieurs élèves de l’école Mother Francisca International Bilingual Academy, survenu dans la ville de Kumba. Je condamne avec la plus grande fermeté ce crime barbare et lâche, envers des enfants innocents. J’ai par ailleurs donné des instructions pour que des mesures appropriées soient prises avec diligence, afin que les auteurs de ces actes ignobles soient interpellés par nos forces de défense et de sécurité, et traduits devant la justice” a-t-il Tweeté le 26 Octobre 2020.

Ces tweets n’ont pour autant pas fait taire les critiques et même des moqueries sur les réseaux sociaux. « Vous vous réveillez enfin, M. le Président ! » pouvait-on . Certains lui demandant même de de rendre personnellement à Kumba, porter sa compassion aux victimes.

Le journaliste co-promoteur de Naja Tv Jean-Bruno Tagne a tenté de donner des explications au coup d’une prise de parole sur les antennes de Radio Balafon . Selon lui, le président n’est pas le community manager de son propre compte. « Le gars qui gère le compte Twitter et Facebook de Paul Biya est un bon fonctionnaire qui ne travaille certainement pas le week-end. Donc il a attendu un jour de la semaine pour faire un Tweet, 48 heures après le drame de Kumba », a déclaré le journaliste.

L’homme des médias s’insurge aussi contre le gouvernement qui fait preuve de chicheté avec l’information. « On est dans un pays où le gouvernement cultive l’opacité. La communication n’est pas dans l’ADN du gouvernement », affirme t-il. « Une seule prise de parole peut apaiser la situation mais pour le gouvernement ça ne compte pas », ajoute-t-il. « Aucun membre du gouvernement ne pense que le peuple à son mot à dire sur une situation », poursuit l’écrivain.

En effet la ville de Kumba est située dans la région du Sud-Ouest, en proie à une crise séparatiste depuis 2016. A côté d’elle, le Nord-Ouest qui subit aussi la terreur des ambazoniens, lesquels sont déterminés à obtenir l’autonomie des deux régions. Depuis cette date à nos jours, une crise sociopolitique continue de détruire ces régions, où les populations vivent entre la peur des exactions des milices séparatistes, des bandes armées et des opérations militaires parfois brutales. On comptait en fin septembre 2020 plus de 2000 morts et 710 000 déplacés, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés.

Share: