20 Octobre 2011-20 Octobre 2020, cela fait 9 ans que le Guide libyen Mouammar Kadhafi a été assassiné. Il a été éliminé, sous l’instigation des grandes capitales occidentales, pour des raisons inavouées. Cette élimination est, aujourd’hui, devenue historique dans les grands faits et événements en Afrique. A l’instar de ses prédécesseurs africains, ce panafricaniste hors paire aura jeté les bases de l’émergence et de l’unification du continent. Certes, il était incompris par certains quand il prônait le panafricanisme voire les Etats Unis d’Afrique. Mais il revient aujourd’hui aux Africains de tirer enfin les leçons qui découlent de cette vision.

9 ans déjà que le panafricaniste s’en était allé !

Ce lundi 20 Octobre 2020, toute la communauté africaine et surtout panafricaine se souvient encore de l’ignoble assassinat du Guide libyen, Mouammar Kadhafi. Celui-là même qui durant des années a écrit les plus belles pages de l’histoire de son pays aujourd’hui en lambeau, déchiré par une violence dont l’issu n’est pas encore programmé. Au-delà de sa chère Libye, Mouammar Kadhafi avait fait renaître l’espoir d’une vie meilleure dans le cœur du commun des Africains.

A ce neuvième anniversaire de sa mise à mort par la communauté internationale sous la houlette de l’ex-président français Nicolas Sarkozy, les véritables motivations de ce complot international ayant débouché sur la mort du Guide restent discutables. Pour les observateurs avertis, il ne fait aucun doute que le Guide de la Jamaryhia libyenne soit mis à mort pour ses idées révolutionnaires et panafricanismes à l’instar de ses prédécesseurs comme Kwamé Nkrumah du Ghana, Thomas Noël Sankara du Burkina Faso, de Patrice Lumumba du l’ex-Zaïre, etc. Entre autres idées panafricanistes, on retient qu’en 2000 lors du Sommet de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à Lomé, le Guide – pour concrétiser le rêve de Kwamé Krumah, de Cheick Anta Diop a réussi à obtenir la création de l’Union africaine quelques années plus tard. Poussant le bouchon plus loin, il proposa la mise en place de l’Union monétaire africaine (UMA), pour donner une réponse aux nombreuses voix qui s’élevaient de part et d’autre sur le continent pour dénoncer l’utilisation sans intérêt de la monnaie coloniale, le Franc CFA. Joignant l’acte à la parole, 30 milliards de dollars US avaient été dégagés par ses soins pour la création de cette union monétaire panafricaine qui devrait avoir pour siège, Yaoundé, la capitale camerounaise. Il a également émis l’idée de la création d’une Banque centrale africaine (BCA) qui devrait être domiciliée à Abuja, la capitale de la République fédérale du Nigeria.

Selon ses prévisions, cette banque centrale africaine devra émettre une monnaie africaine à partir de 2014. Selon les informations publiées par Hilary Clinton, secrétaire d’Etat américain au moment des faits c’est surtout ce projet qui a décidé le président français de l’époque à vouloir éliminer Kadhafi qui voulait sortir les Africains du joug occidental et leur donner une indépendance financière. Une belle initiative de développement que beaucoup regrette aujourd’hui.

Ce panafricaniste hors paire ne s’était pas arrêté en si bon chemin. Dans le domaine de la communication, alors que l’Afrique s’alignait sur les satellites européens, Mouammar Kadhafi préfinance l’acquisition d’un satellite avec une centaine de millions de dollars américains pour ses paires du continent. Selon lui, l’Afrique devait disposer de son indépendance en matière de la communication. Ainsi il offrit le premier satellite entièrement dédié au continent noir et qui fut mis sur orbite le 20 décembre 2007, une date qui marque la mise en orbite du continent africain sur le réseau mondial.

Dans le domaine du transport, Kadhafi lance également une compagnie aérienne africaine, dénommée : AFRIQYA Airways qui assurait la liaison entre les capitales africaines et les régions du continent. Beaucoup d’autres actions au nom du continent et au titre des pays africains de façon individuelle viendront allonger la liste de ses réalisations. Son objectif fondamental était la création des Etats-Unis d’Afrique, une vision qui entretenait à la fois, crainte et scepticisme non seulement au plan continental mais aussi au plan international. En réalité Kadhafi est mort pour les siens. Il est mort parce que la communauté internationale avait peur de perdre le contrôle total du continent africain, riche en opportunités.

Maintenir à tout prix, le continent noir sous le joug occidental

Pour ne pas perdre le contrôle de l’Afrique à partir de 2014, (année prévue pour la création de l’Union monétaire africaine) une force internationale coalisée, constituée entre autres, de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande Bretagne s’est lancée dans la traque et la mise à mort de ce panafricaniste, dont les initiatives et réalisations pour libérer le continent du joug colonial ne sont plus à démontrer.

En effet à travers une frappe de l’OTAN exécutée sous le couvert de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, – dont trois pays africains avaient aussi voté en sa faveur, notamment, le Nigeria, Gabon et l’Afrique du Sud, – Kadhafi venait d’être tué. Cette résolution comportait deux éléments essentiels : le No fly de Benghazi (l’interdiction de survoler la ville de Benghazi) et la responsabilité de protection du peuple libyen. Deux points qui soulèvent évidemment un certain nombre de questionnements.

Les Africains ont-ils vraiment tiré leçon ?

Neuf ans après la mise à mort du guide libyen, révolutionnaire de la lutte contre l’impérialisme et le néo-colonialisme, on peut bien se demander si les Africains ont tiré toutes les leçons. Les leçons d’un crime perpétré contre eux, contre leur développement et contre leur libération.

Kadhafi a, pour sa part, joué sa partition, il a montré la voie à suivre. Aux Africains de jouer la leur. Mais quand on regarde où se trouve le continent aujourd’hui et la Libye en particulier, on est loin du compte. Les crises sociopolitiques se sont multipliées au cours de cette décennie et le continent, pourtant riche de ressources humaines et naturelles, n’a jamais été aussi pauvre. La Libye que Bernard-Henri Levy (envoyé par Sarkozy) avait promis libérer s’est désintégrée et aujourd’hui ingouvernable. Deux camps s’y affrontent, celui du Premier Ministre El Sarraj qui a d’ailleurs promis de démissionner dans quelques mois –et celui du Marechal Haftar, un proche de Kadhafi aujourd’hui soutenu par Paris. Le comble de l’hypocrisie. La mort de Kadhafi a entrainé la déstabilisation de plusieurs pays africains au sud du Sahara. Le Cameroun, le Mali, le Burkina Faso, le Benin, le Niger, la Cote d’Ivoire, le Nigeria, le Tchad, la RCA, etc. subissent de plein fouet les conséquences de la déstabilisation de la Libye avec l’internationalisation du Jihadisme qui s’est installé sur le continent après la mort de Kadhafi. Malheureusement l’Afrique des leaders est restée muette, impuissante et spectatrice comme tétanisée. Certains vaillants fils du continent ont heureusement décidé de sonner la révolte. Par leurs écrits, leurs initiatives, leurs cris au quotidien, leur volonté d’ne finir avec ce qu’ils considèrent comme « l’injustice occidentale » ont choisi de dire « non ». Le Pr Jean-Emmanuel Pondi est de ceux-là. Le vice-recteur de l’Université de Yaoundé, dans un ouvrage, Vie et Mort de Mouamar Al-KADHAFI : Quelles Leçons pour l’Afrique ?, publié en octobre 2012, exhorte : « Puisse chaque citoyen du continent, chaque responsable en Afrique, conscient de la nécessite d’infléchir positivement la courbe de notre trajectoire dans le monde, intégrer cette nouvelle donne et penser le futur du milliard d’habitants que nous sommes en y introduisant les nouveaux paramètres qui feront naitre des panafricanistes encore plus fervents, plus devoués et plus volontaires que Mouamar Al-Kadhafi, … ».

Le livre du Pr Pondi est disponible sur Amazon à l’adresse suivante : https://www.amazon.com/s?i=digital-text&rh=p_27%3AJean-Emmanuel+PONDI&s=relevancerank&text=Jean-Emmanuel+PONDI&ref=dp_byline_sr_ebooks_1 

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