« En quelques années seulement, le Vietnam est devenu le deuxième plus grand marché pour le bois camerounais (après la Chine), tandis que le Cameroun est devenu le premier fournisseur de grumes tropicales du Vietnam (soit une valeur de 25% des grumes importées de 2016 à 2019). Au Vietnam, les grumes camerounaises ont remplacé les essences d’Asie du Sud-Est qui alimentaient le marché auparavant ».

C’est par cet état des lieux du marché du bois au Vietnam, que débute le rapport de 3 ans d’enquête de deux ONG, intitulé « bois volé, temples souillés : les conséquences néfastes du commerce du bois entre le Cameroun et le Vietnam sur les populations et les forêts camerounaises ».

Dans ce rapport d’une quarantaine de pages, Environnemental Investigation Agency (EIA) et le Centre pour l’environnement et le développement (CED) révèlent que « la croissance exponentielle du commerce de bois entre le Cameroun et le Vietnam se fonde sur des stratagèmes choquants et des activités illégales ».

Et les deux ONG de citer, pêle-mêle, « la violation généralisée des lois sur l’exportation ; l’évasion fiscale, l’exploitation illégale et le non-respect des aires protégées ; et des opérations de blanchiment couvertes par la paperasse ». Sur cette dernière dérive, le rapport précise qu’« afin de répondre aux exigences des autorités vietnamiennes, plusieurs des sociétés qui font le commerce du bois ont concentré leurs efforts sur l’obtention de documents camerounais, en faisant abstraction de l’origine réelle du bois mis sur le marché vietnamien ».

Par exemple, souligne le rapport, « un responsable de Dai Loi Trading Co. Ltd (…), la plus grande société vietnamienne installée au Cameroun, et par ailleurs l’un des trois plus grands importateurs de bois au Vietnam, a déclaré se moquer éperdument de l’origine du bois qu’elle met sur le marché vietnamien, même si ce bois devait provenir d’un groupe terroriste, pourvu que les “bons documents” soient fournis ».

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