Par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco)

 

A l’heure de la clôture de la première phase du projet Radios Communautaires et à l’aune de la finalisation de sa seconde phase, le moment est propice pour procéder à l’identification des leçons apprises. Cette démarche est plus que judicieuse eu égard à l’envergure de cet ambitieux projet, lancé en 2014 à la suite d’un accord entre le Gouvernement du Cameroun et le Bureau Régional de l’Unesco pour l’Afrique centrale.

D’entrée de jeu, les radios communautaires à travers la diffusion des messages de prévention contre la Covid-19, diffusés dans une centaine de langues locales, auront constituées un pan critique dans la lutte contre la Covid-19. Cet acquis illustre s’il en était encore besoin, le rôle de barrière et filtre contre les rumeurs et justifie par ailleurs tout l’espoir porté sur lesdites radios communautaires comme instrument de développement local.

Il faut également souligner que le projet a bien capitalisé sur les leçons apprises et s’est mieux ajuster aux réalités locales. Au rang des difficultés inhérentes au fonctionnement des radios communautaires, l’on relève leur extrême vulnérabilité face aux contraintes d’ordre technique. Pour pallier ce défi, une centrale de soutien et de pérennisation technique des radios communautaires a été mise en place. Elle offre aux stations l’accès, par une Hotline, à un technicien qualifié, en mesure de conseiller les techniciens locaux en cas de petites défaillances techniques.

En outre, partant du constat qu’il est souvent très délicat techniquement et toujours très onéreux d’installer un pylône d’émission pour chaque station, une démarche de partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile a été initiée. Il s’agit de capitaliser sur leurs infrastructures existantes et d’installer les matériels de transmission sur leurs sites. Ceci a permis de limiter substantiellement les coûts d’installation, de sécuriser les installations en leur garantissant des conditions optimales.

Un autre point capital porte sur l’irrégularité dans la fourniture de l’électricité dans la plupart des sites d’implantation. La phase 2, en cours d’élaboration, opte dorénavant pour l’énergie solaire. L’ensemble des 40 stations prévues dans le cadre de la phase2 seront dotées d’une centrale solaire leur permettant de faire face à leurs besoins énergétiques ainsi qu’à ceux des Centres Multimédia Communautaires.

Enfin, une dernière leçon tirée concerne la viabilité économique des stations de radio communautaire. En effet, le statut des radios communautaires conformément a leur cahier de charge leur prive du droit de mobilisation des ressources à travers les actions publicitaires. Face à ce défi une démarche a été lancée qui prendra toute sa force dans la phase 2. Il s’agira de trouver un cadre règlementaire ou légal encadrant les actes de publicité sur les radios communautaires. Il est également envisagé de mieux structurer l’accès des agences sœurs des Nations Unies aux radios communautaires, en tant que vecteurs de leurs messages, afin d’optimiser les contributions financières qui pourraient en découler.

En réponse de cette offre de services, les candidatures affluent de toutes les régions du Cameroun pour la création ou la réhabilitation de stations au « standard UNESCO » tant apprécié par les communautés et le Gouvernement.

 


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