Lisez et vous comprendrez pourquoi Briallana, une jeune fille de 27 ans est dégoutté par la vie.

Je suis nulle. Je suis une ratée. Je n’ai rien à faire sur cette terre. Voilà quelques phrases que je martèle à mon réveil le matin et à mon couché le soir.  Le sentiment d’échec depuis 5 ans, quand j’ai échoué la licence (niveau trois). Je n’étais pas très brillante à l’école mais j’avais une très grande estime de moi-même. Depuis lors, tout à changé dans ma vie. Je suis allée faire un stage pré-emploi dans une grande entreprise de Yaoundé. Mais à la fin de ce dernier, j’ai été jetée à la porte comme une moins que rien. Ce n’étais pas de leur faute. En effet, j’avais les difficultés d’adaptation et il m’était impossible d’attirer de potentiels clients. Je me suis formée en coiffure mais en vain. Pendant un an j’ai essayé de faire du commerce mais je n’arrivais pas à épargner. J’ai appris l’informatique mais je n’étais pas concentrée. C’est pourquoi à la fin de la formation, je n’avais rien à offrir. Vous comprenez pourquoi je suis une merde. Le mot génie n’existe pas dans mon vocabulaire.

Un ami m’a conseillé les cours de développement personnel. J’ai passé des nuits à écouter des trucs sur le net mais en vain. J’ai bossé dur. J’ai essayé d’écrire un livre mais je ne l’ai jamais achevé. Pendant plusieurs années, je suis allée d’échec en échec, comme si une malédiction s’était abattue sur moi. Dans mon chagrin et le désir d’aller de l’avant, j’ai rencontré Marc (u jeune homme un peu plus âgé que moi. Il m’a un peu aidé et tout semblait revenir dans l’ordre. Sauf qu’au premier contact avec sa maman, femme influente, dynamique et très maline, tout s’est envolé.

Un jour elle parlait au salon et ne savais pas que je venais. J’ai écouté du début jusqu’à la fin ce qu’elle disait de moi. Je m’en souviens encore : ‘’ tu as rencontré cette trainée où ? une fille qui manque d’ambition ; Elle est déjà fatiguée de la vie, pourtant elle n’a que 27 ans. Je ne veux pas d’elle. Tu vas choisir entre ta copine et moi’’. Pouvais-je écouter depuis la porte.

Après avoir quitté cette maison, j’ai cassée ma puce, je suis allée loin de lui et de sa famille. J’ai vu à la télé qu’il y’a un puissant homme de Dieu qui délivre. Je suis allé le voir. J’ai suivie des prières dans le but de casser la malédiction. Pendant quelques semaines, ça promettait et après, retour à la case départ.

Une amie à moi m’a conduit chez sa grand-mère, loin dans un village profond.  Elle a cassé les œufs et égorgée une poule de village sur ma tête, bref procédé à des rituelles effrayants. Le plus dur est lorsque je devais me laver dans une rivière du village à minuit et y laisser mes sous-vêtements. Elle m’a promis qu’après cela rien ne serait plus comme avant. J’ai dépensé toutes mes réserves pour ce sacrifice. J’avais oublié que mes factures étaient impayés. Je suis rentrée et dès mon arrivé c’est le bailleur qui m’accueille. Il promet me mettre à la porte dans une semaine car dans la cité estudiantine il faut payer pour toute l’année, en raison de 25 000FCFA le moi.  

Je suis entrée dans ma chambre. Je me suis enfermée. Je me suis mis à pleurer. Des larmes chaudes qui me rappellent comment je n’ai plus de place ici sur terre. Moi Briallana, comment ai-je fais pour mériter ce joug? On m’a dit que je ne peux être une bonne femme, ni une bonne travailleuse, ni une bonne chrétienne, ni une bonne apprenante, juste une bonne à rien. Pensez-vous qu’il y’a encore de l’espoir pour moi ?  

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