Avec un score de 71/100, le pays occupe le sixième rang des pays qui entretiennent le secret financier sur le continent même si la fuite des capitaux y serait « faible », moins de 5% du PIB selon la Cnuced.

C’est une mauvaise publicité dont le Cameroun se passerait volontiers mais voilà : pour son traditionnel rapport, « Le développement économique en Afrique », la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a décidé de consacrer l’édition 2020 sur « Les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique. » Le document publié le 28 septembre 2020 révèle que non seulement le phénomène de la fuite des capitaux persiste mais qu’il est en hausse sur le Continent.

Selon les analystes de la Cnuced, l’Afrique perdrait 88,6 milliards de dollars par an à cause de la corruption, la contrebande, la fraude fiscale, etc. Cette estimation « basse » est représenté près de 40 milliards de dollars de plus (+43,56%) que la dernière évaluation (50 milliards de dollars) faite par le Groupe d’experts de haut niveau de l’UA/CEA sur les flux financiers illicites (FFI). Et, les pays africains ne seraient pas étrangers à ce fléau. Certains étant considérés comme des juridictions qui assurent le secret financier dans l’Indice d’opacité financière.

Etabli par le « Réseau international pour la justice fiscal » [en anglais, Tax Justice Network, Ndlr], l’Indice d’opacité financière évalue le degré d’opacité des juridictions, ainsi que leur rôle à l’échelle mondiale dans la mise en place de pratiques rendant possibles le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et l’accumulation de fortunes non imposées. Sur les 112 juridictions classées en 2019, les 10 premières places sont occupées par : les îles caïmans, les États-Unis, la Suisse, Hong Kong (Chine), Singapour, le Luxembourg, le Japon, les Pays-Bas, les îles Vierges britanniques et les Émirats arabes unis.

Les pays africains classés le plus haut sont le Kenya (24e), le Nigéria (34e), l’Angola (35e), l’Égypte (46e), Maurice (51e), le Cameroun (53e), l’Afrique du Sud (58e), le Maroc (72e), la Tunisie (78e) et les Seychelles (95e). Le Cameroun arrive donc au sixième rang en Afrique parmi les pays dont le cadre règlementaire facilite la réalisation des FFI avec un score de 71/100 [plus la note est élevé, plus le secret financier est important, Ndlr]. Mais avec (seulement) 0,02% du marché mondial services financiers offshore, le pays est rangé dans le groupe des pays dont la fuite des capitaux est considérée comme « faible » c’est-à-dire qu’elle représente moins de 5% du PIB, selon la Cnuced.

L’organisme onusien rappelle que plusieurs ministres et hauts fonctionnaires de la République sont en prison pour divers actes de corruption. « Cette corruption, qui implique à la fois les fonctionnaires et les entreprises, se reflète dans le faible niveau de perception des recettes fiscales, qui depuis 2000 n’a jamais dépassé 15% du PIB, selon les données de 2018 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), et en la perte de ressources due à un abus des prix de transfert documenté par l’ONU », indique la Cnuced.

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