La femme, mère de l’humanité nous faisait  revoir notre rêve d’enfant. Oui… parce que tout petit, la seule femme qu’on aurait souhaité épouser fut notre propre maman. On  trouvait chez elle toute la tendresse, toutes les  silhouettes et toutes  les couleurs éclatantes de la vie.

La mère était donc,  l’Egypte rêvée, l’Egypte vécue, jamais le contraire. On était derrière elle, on la suivait  partout, on la caressait comme on caresse la vie. Elle marchait. Et nous,  derrière elle,  on courait, la suivant   avec la direction que prenait le vent. C’est elle qui nous apprenait à lire, à écrire, à regarder le soleil et reconnaitre les étoiles dans la nuit.      

La Journée internationale de la femme a été instituée par les Nations unies en 1977, invitant chaque nation sur la terre  à célébrer une journée pour les droits des femmes. Cette journée, de nos jours, effervescente,  est l’occasion de faire le point sur la situation de la  femme dans le monde et aussi, de regarder la notion d’égalité entre l’homme et la femme, pour  situer  l’histoire des luttes menées par celle-ci.

Mais parler de la femme aujourd’hui nous interpelle à faire une sérieuse analyse de sa situation. Parce qu’il faut d’abord savoir  de quelle femme il s’agit… Est-ce la femme rurale  qui au premier chant du coq est débout et s’active dans les travaux champêtres ? On sait que tous les matins,  cette dernière doit préparer le  petit déjeuner, faire quelques taches ménagères, assurer une bonne organisation de la journée avant de se lancer dans les chemins boueux et lointains de son paysage dense.  Les seules choses, qui traversent sa tête, c’est comment faire pour assurer sa survie et celle des siens.

Elle mène cette vie difficile depuis l’aube des temps.  Un combat qui n’est pas facile. Les travaux  durs,  généralement exécutés par les hommes sont devenus aussi une affaire féminine. Elle est amenée parfois à faire des travaux comme abattre les arbres,  défricher et porter des gros fagots de bois en rentrant  le soir, avec à califourchon, son bébé qui pèse sur son dos.

Parfois il faut aller à un point d’eau distant de deux  kilomètres chercher de l’eau potable.  Elle fait des petits métiers : broderie, artisanat, commerce ambulant. Elle lutte contre la pauvreté amèrement. Emportée par des détresses inopinées, elle pleure, elle pleure toute sa vie, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, toujours.  

A l’écoute des  grands problèmes, elle étudie le pourquoi des choses, pour en retour recevoir très souvent  le mépris de son mari. La femme rurale  bouge et offre le spectacle triste  d’une actrice d’un grand cinéma qui  gagne la vie à compte-goutte. Quand elle quitte le village, c’est comme une évasion de prison. Il faut plaire et faire des efforts pour s’arracher des sympathies ; il lui faut encore démontrer toutes les prouesses de séduction  pour se faire accepter dans le monde moderne dont elle ignore les règles. Alors que dans son paysage, elle  attend et reçoit tous les passants, avec une légendaire hospitalité. Son histoire est une poésie.      

La  journée internationale de la femme  célébrée aujourd’hui,  est  l’occasion de faire un rappel historique des différentes phases de la lutte pour son émancipation. Cela concerne tous les genres de femme.  

Maintenant la femme dite moderne. Parlons-en. La question qui vient chaque fois à l’esprit est de savoir, si celle-ci a bénéficié de tout ce qu’elle pouvait espérer de la décolonisation. Nous allons tenter d’y répondre. Aujourd’hui  la femme moderne  a donné des  résultats épatants dans les espaces décisionnels. Sa promotion s’affirme avec éclat sur le plan intellectuel.

Sa première étape a été franchie après les indépendances.  Intelligente et ouverte à la recherche, elle s’est illustrée en politique. C’est ainsi qu’on a découvert les femmes dans tous les milieux scientifiques dotées d’une vaste culture. On a vu des femmes présidentes, chefs de gouvernement, ministres, chefs d’entreprise et explosives dans le domaine de l’art où d’ailleurs elles conservent les meilleurs trophées. La femme moderne roule carrosse. Elle est écrivaine, elle est juge, elle est pasteure, elle est professeure. Toutes ces catégories de femmes  jouissent  de tous les privilèges dans un continent où elles étaient les victimes de toutes sortes de discriminations dans les institutions républicaines.  

Nous sommes conscients, il  reste encore du chemin à parcourir en faveur d’une bonne répartition, pour le respect de l’égalité des sexes,  de la promotion des droits des femmes et contre toutes formes de stéréotypes, de préjugés et de cliché qui peuvent aller à leur encontre. Cette journée de la femme est non seulement une opportunité pour leur rendre hommage au mouvement en cours mais aussi, de susciter leur contribution à la construction d’une société qui tend à être égalitaire et sans violence.

Ainsi, cette journée est faite pour attirer les différentes organisations féministes à faire le bilan de leurs actions afin  de répondre aux exigences du temps présent.  Les femmes sont l’avenir de l’homme et le futur de l’humanité, il faut prendre des dispositions sécuritaires pour qu’elles puissent être protégées dans toutes les sociétés qu’elles furent  rurales ou modernes.

Pire encore les femmes subissent toujours le harcèlement sexuel et la discrimination au travail. On ne peut pas se contenter de dire que la femme africaine est déjà une savante ou une technicienne de grande dimension. C’est pourquoi nous prônons pour qu’on lui donne  les capacités de s’épanouir  en reconnaissant sa vraie valeur dans la société. Cette fête   ne doit pas être un moment de joie, mais elle doit s’inscrire dans une frénésie d’ambiance  révolutionnaire.

Car tout n’est pas  encore résolu, on trouve  des femmes dans la paysannerie, dans les prisons, sans oublier celles  qui rentrent à 6heures, emportées par  les mœurs légères. On doit faire une évaluation de la situation des femmes dans les lieux de travail et proposer des changements. Avec leur côté humaniste les femmes dans les hautes sphères peuvent harmoniser le pouvoir et faire une justice équitable dans les revendications sociétales.    

J’ai toujours pensé que cette  célébration mérite tout, sans résigner au bonheur érotique. Elles ont droit à ce bonheur. Parce que leur  combat est un miracle. Elles sont dans le continent comme des  personnes en mission. C’est pourquoi nous les hommes, nous devons toujours nous incliner avec humilité devant leurs œuvres gigantesques, et prôner pour l’amélioration  des conditions de vie des groupes vulnérables de notre société : les enfants et les femmes. Par ailleurs j’insiste qu’il est opportun d’inviter les hommes à  mettre fin à la violence à l’égard des femmes.  

Chaque jour on entend qu’une femme a été battue violemment par l’homme qui partage sa vie. Il faut éradiquer la violence faite aux femmes en Afrique. C’est encore là  un signe du sous-développement.      

La femme africaine a sa place. Elle a réussi à s’imposer, à  créer son environnement. On doit leur dire  merci, un grand merci, on doit leur demander de garder cette place qu’elle mérite en restant digne. Oui…  j’aime la femme africaine.

C’est une femme qui bouge, ses vœux aujourd’hui passent comme une lettre à la poste de Paris.  Elle n’avance plus les yeux fermés, elle n’est  plus bornée,  elle a les yeux ouverts au monde. Aujourd’hui la femme africaine veut marcher avec celle qui la comprend. Elle veut épauler son époux ; raison pour laquelle elle se lance  avec passion dans le travail.

Elle caresse un rêve, celle de donner à la vie la splendeur d’un paradis. Elle a  réussi les tours de forces. La femme africaine, femme éprise de volonté relève  ses  défis de tous les jours avec passion.  Elle sait désormais  l’importance qu’il y a de garder la vie saine. Elle sait ce qu’elle veut, et elle a  toutes les  chances dans la vie.                             

Calvin Djouari                             

Ecrivain- romancier  

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