Textes : Esaïe 63, 16b-17, 19b ; 64, 2b-7 ; 1 Corinthiens 1, 3-9 ; Marc 13, 33 – 37

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment.

Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin.
Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis.

Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
Nous voici à nouveau au seuil de l’Avent…
Et pour commencer cette nouvelle année liturgique, Marc nous invite à Veiller…
Nous sommes déjà habitués à veiller… Veiller sur nous…
De tous côtés, les médias nous y invitent chaque jour en nous montrant les catastrophes de notre monde et en nous incitants à construire autour de nous une sphère de protection la plus large possible…
On nous insuffle la peur du terrorisme, de la maladie, du chômage, des catastrophes naturelles, de la crise sanitaire, économique, etc… etc… etc…
Et chaque fois, soucieux de nous préserver de toutes ces catastrophes, nous veillons sur nous-mêmes en allant chez le médecin pour qu’il nous prescrive les examens dont nous espérons qu’ils vont nous rassurer sur notre état de santé…
Nous veillons sur nous-mêmes en regardant régulièrement nos comptes bancaires pour y voir fructifier les euros qui nous mettrons peut-être à l’abri en ce temps de crise…
Nous veillons sur nous-mêmes en écoutant la télévision qui nous rassure quand elle nous apprend que les principaux actes de terrorismes n’arrivent que dans les grandes villes…
Nous veillons certes, mais ne veillons nous pas que sur nous-mêmes ?

Ne me faites cependant pas dire ce que je n’ai pas dit ;
Bien entendu qu’il faut faire attention à sa santé, à ne pas dépenser n’importe comment ou à se préserver de toutes les catastrophes de la vie… Mais il ne faut pas confondre veille et autoprotection !
Aujourd’hui l’Evangile nous invite à Veiller… Mais c’est une autre voix qui nous parle. C’est celle de l’Avent…
Nous le savons tous, nous devons veiller avant la naissance de notre Dieu qui se fait homme pour nous…
Mais s’il fait cela, c’est parce qu’il propose à chacun de nous de naître ou de renaître à la vie avec le Christ.

Quand Jésus est né, les préoccupations du monde qui l’entourait étaient les mêmes que celles du monde qui nous entoure… Dans une mesure différente sans doute, mais elles étaient les mêmes… Les gens se souciaient eux aussi de leur devenir tout autant que nous.
Jésus est né au milieu des inquiétudes, des préoccupations de son monde comme nous sommes invités nous aussi à naître, à renaître, au milieu des occupations et des inquiétudes de notre monde.
Il a été la lumière qui s’est levé sur tout un peuple et il nous invite nous aussi à nous préparer à nous lever pour être SA lumière pour nos frères.

Mais pour être veilleur il faut être éveillé…
Et comment être éveillé dans un monde trop souvent endormi…
Nous passons nos vies à courir et bien souvent nous en perdons le sens de la vie elle-même…
Nous courons pour aller travailler, nous courons pour faire nos courses, nous courons pour tout… Nous courons pendant nos loisirs, nous courons même quand nous sommes en retraite…
Et quand nous nous arrêtons quelques instants, c’est pour nous rendre compte que nous passons à côté de l’essentiel…
Combien, ne sommes-nous pas, à nous dire que nous n’avons pas vu grandir nos enfants ?

Combien, ne sommes nous pas, à toujours remettre l’invitation d’un ami cher à qui nous voudrions cependant porter plus d’attention ?
Nous courrons tellement que nous mettons en sommeil toutes les choses importantes de nos vies…
Nous qui voudrions être des veilleurs nous sommes endormis par toutes les occupations de notre monde, des occupations souvent crées pour nous distraire et dont nous devenons des esclaves endormis… La télévision… Le sport… que sais-je encore…
Et bien cet Avent qui commence, l’année liturgique qui se termine et celle qui débute, sont l’occasion qui nous est offerte de nous réveiller…

Avec le Seigneur, nous pouvons examiner les belles choses que nous avons réalisées et nous en réjouir…
Avec le Seigneur, nous pouvons également regarder tous les moments que nous avons manqués, ces moments où nous nous sommes laissés endormir par tout un tas de choses plus inutiles les unes que les autres, ces moments que nous aurions pu, que nous aurions du, consacrer aux autres et que nous avons consacré à courir pour des choses qui se sont envolées.

Se préparer à Noël, ce n’est pas seulement préparer un sapin avec de belles guirlandes ou encore commencer à décompter sur le calendrier les jours qui nous amèneront au festin du 24 décembre ou à la distribution de cadeaux plus chers et inutiles les uns que les autres.
Se préparer à Noël c’est aussi et avant tout se préparer à accueillir notre Dieu qui se fait homme au milieu des préoccupations de notre monde…

Se préparer à Noël c’est laisser grandir en nous la confiance en ce petit enfant… Confiance dans le fait que tout comme lui nous avons la possibilité nous aussi de réveiller le monde qui nous entoure à un nouvel espoir… Un espoir qui ne s’appelle pas argent ou possession mais Amour et don de soi.
Pierre Ceyrac, Jésuite, disait : « Tout ce qui n’est pas donné est perdu ».

Veiller, c’est ne pas se laisser gagner par la peur,
Veiller, c’est regarder dans le sens de l’espérance,
Veiller, c’est changer notre regard sur notre monde et sur nos frères,
L’Evangile ne nous a pas seulement été transmis d’âge en âge par des dogmes mais par des hommes et des femmes qui ont eu foi en l’espérance que nous apporter Dieu qui se fait homme, ces veilleurs qui ont su rester éveillés à l’appel du Seigneur et qui ont su transmettre son message d’amour.

Alors à chacun et chacune d’entre nous, je souhaite un excellent Avent, un Avent plein d’ouverture, plein d’espérance, plein de joie, qui fasse de nous de vrais veilleurs de Dieu.
Amen

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