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Cameroun- Elections Locales : Menaces autour d’une paix déjà précaire

La non-participation de plusieurs partis politiques aux élections locales annoncées pour se tenir en Février 2020, porte au lointain les signes éventuels d’une crise post électoral, si la configuration qui se dessine actuellement est maintenue.
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11/29/2019 - 16:45
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur en chef
Cameroun- Elections Locales : Menaces autour d’une paix déjà précaire

Question : Quelle vie post-électorale au Cameroun si les élections locales venaient à se tenir le 09 Février 2020 dans les conditions actuelles de désistement quasi général des principaux partis de l’opposition ? Voilà le questionnement auquel tout le monde parvient aujourd’hui, au regard de la situation socio politique du pays qui chaque jour, ne cesse de se dégrader. Ceux d’autant plus que depuis de nombreuses années, le Cameroun n’est pas dans la plénitude de sa santé autour de l’offre de paix sur l’ensemble du territoire. L’Extrême-Nord déchirée par une crise interminable imposée par la secte terroriste Boko Haram, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest divisés par la guerre sécessionniste, et à l’Est troublée par la crise sécuritaire en Centrafrique, la physionomie globale du pays donne à craindre le pire. « Le visage que présente le Cameroun aujourd’hui est inquiétant. Il existe des poches de tensions partout. Ce qui laisse penser qu’à tout moment la situation peut dégénérer. Les élections qui pointent à l’horizon peuvent en être un déclencheur, si elles sont mal négociées. Donc il faut être vigilent », Déclare Patrice Erouwé, Doctorant en Science Politique à l’Université de Yaoundé II Soa.

Dans ce contexte de fragilité agissante donc, Paul Biya prendra t’il le risque de créer en ce moment un autre foyer de tension au Cameroun ? Pas si sûr, au regard des perspectives qui se dessinent à l’horizon.

Les enjeux autour de ces élections sont grands, et dépassent le simple cadre de la désignation des représentants de chaque localité, pour se hisser autour du projet vital d’une nation à la recherche d’une nouvelle grammaire, pouvant servir de socle pour l’avènement d’un pays calme et prospère. En clair, Paul Biya saura t’il éviter au cours de ces consultations locales, le soulèvement et la déchirure totale d’un peuple qui en a déjà payé les frais depuis de longues années ? Selon Patrice Erouwé, c’est jouable : « Il faut se donner tous les moyens de bien conduire ces élections parce qu’elles peuvent être bénéfiques pour le régime en place, en terme de crédibilité sur le plan international, mais également baisser beaucoup de tensions actuelles au sein de l’opinion et de la population. Je crois que le régime tient là une occasion en or pour se refaire un nouveau visage ».

Tel est le défi auquel Paul Biya et son régime sont confrontés en ce moment, sous pression sur le plan interne et international, aucune erreur ne leur est permise autour de la voie de la recherche d’un retour total à la normale. Ces élections bien menées pourraient être un des vecteurs d’apaisement des tensions pour une réorientation des choix stratégiques de l’avenir.

Elles pourraient aussi sonner sur le plan international, le départ d’une toute nouvelle sympathie en faveur de Yaoundé, mise en cause aujourd’hui par certains de ses partenaires autour des sujets sensibles comme la bonne gouvernance, les droits de l’homme, la démocratie et le respect de la liberté.

A Paul Biya donc, maitre du jeu et Président de la République de trouver la bonne méthode par laquelle appréhender toutes ces revendications pour en faire une véritable force de demain. Va-t-il y parvenir ? Tout le monde se pose déjà la question.

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