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Cameroun-Elections locales : Les micmacs qui éclaboussent le régime de Yaoundé

Après la démission du MRC, Cabral LIBII menace de claquer la porte aux législatives et municipales 2020. Au centre de la discorde, les stratagèmes supposés du RDPC, pour limiter la participation de l’opposition aux prochaines consultations locales.
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11/29/2019 - 13:39
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Elections locales : Les micmacs qui éclaboussent le régime de Yaoundé

« Il était humainement impensable que le parti au pouvoir prenne encore le risque de tourner les résultats en sa faveur par autre moyen que les urnes », déclare Cabril LIBII, Le promoteur du Mouvement Onze Millions de Citoyens, par ailleurs Président national du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). C’était le 28 Novembre 2019 au cours d’une conférence de presse. Selon lui, le parti au pouvoir use des stratagèmes, pour limiter la participation des partis politiques de l’opposition à ce scrutin. Parmi ces techniques figurent entre autres, le refus de signature des pièces de dossier, L’absence prolongée des maires pour cause d’investiture, au sein du RDPC pendant toute une semaine.

Pourtant, après la convocation le 10 Novembre 2019 du corps électoral par le Président de la République, les candidats n’ont eu droit qu’à deux semaines pour constituer et déposer leurs dossiers complets auprès d’ELECAM. Ce qui semble n’avoir pas été un exercice facile pour les différents candidats de l’opposition, notamment, ceux du PCRN. D’ailleurs, dans une adresse récente à la presse locale Camerounaise, Cabral LIBII, Président de cette formation politique, mettait à nue les fourberies utilisées par le pouvoir en place : « Le refus de signer les pièces du dossier de candidatures par les élus municipaux (Extraits de naissance, certificat de domicile, cautions), c’était le cas dans l’arrondissement de Yaoundé 4 là où le sous-préfet a refusé de signer les attestations de domicile aux candidats du PCRN pièce essentielle du dossier ». Cette raison, est l’une parmi tant d’autre. Ainsi, pour ne pas prêter main forte à la réussite farfelue du régime en place, le président du PCRN menace de boycotter les élections du 9 février 2020.

Ce dernier exige un peu de temps pour compléter les dossiers : «je réitère au conseil électoral d’accorder un délai supplémentaire de 15 jours aux candidats pour compléter leurs dossiers, et de veiller personnellement à un meilleur déroulé ».

Depuis des années, cette plainte a régulièrement fait l’objet des récriminations des opposants au Cameroun sans que personne n’y prête attention. Ce qui laisserait penser que les sous- préfets et autres responsables incriminés travailleraient à la solde d’un régime et non d’une nation comme cela est indiqué par les textes positifs en vigueur au Cameroun.

Paul BIYA et son régime se retrouvent une fois de plus interpellés, mis en cause dans une autre affaire de manipulation et de fraude, qui semble petit à petit se retourner contre eux-mêmes. Dans un contexte où tous les regards sont braqués vers le pays de Paul Biya, compte tenu de ce qu’il traverse, pareilles accusations pourraient donner à tous, y compris aux amis du pays, l’image d’une nation en perte de confiance.

 Les tensions qui s’élèvent en cette veille des législatives et municipales 2020, annoncent peut-être le type de vent qui soufflera pendant cette période très sensible.

 

 

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