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Cameroun-Elections locales : Le calvaire des militants du SDF en zone Anglophone

5 candidats investis par le Social Democratic Front (SDF) pour les législatives et municipales du 09 février 2020, à Buea n’iront peut-être pas aux urnes. Selon les sources, les séparatistes leur demandent de renoncer aux double scrutin.
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01/10/2020 - 12:25
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Elections locales : Le calvaire des militants du SDF en zone Anglophone

 

Le double scrutin du 9 février 2020 soulève des inquiétudes.  Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, l’on peut voir, les militants du SDF inscrits sur les listes électorales des législatives et municipales. Ils sont pris en otages par des présumés séparatistes. Dans cette vidéo, les ravisseurs affirment leur détermination à maintenir ces derniers jusqu’à la fin des prochaines échéances électorales.

Qui se cache derrière ces manigances ?

A quelques semaines de cet événement, les polémiques et les interrogations vont grandissants. Face à la menace, le SDF prendra-t-il effectivement part à ces élections ? Que réclament les séparatistes anglophones à ce parti ? Qui se cache réellement derrière ces manigances ? En effet, quel avenir pour la politique au Cameroun ? Des questions qui, jusqu’ici demeurent rhétoriques.

Les barons du régime sont de connivence avec les séparatistes ?

Le secrétaire national à la communication dudit parti Denis NKEMLEMO, estime que certains responsables du régime en place sont de mèche avec les séparatistes, dans l’ultime but de déstabiliser le SDF, et remporter les élections sans fournir d’effort. « Les barons du régime dans la région du Nord-Ouest sont de connivence avec les militants d’Ambazonia. Ils ont conclu une alliance contre nature pour nuire au Social Democratic Front (SDF) et permettre au parti RDPC de faire un tour facile dans la région le mois prochain. L’intention est de décourager le SDF et de permettre aux partis fabriqués par le régime de survivre », avait-il dénoncé à la chaine de télévision Canal 2 English.

D’autres maux contre le SDF

En plus des kidnappings, les membres du SDF dans les régions anglophones ont rarement la paix. A en croire une source, « Dans la région du Nord-Ouest en particulier… Les maisons de l’honorable Mbah Ndam, maire de Bafut Tubah, du maire Njong Donatus, candidat aux élections législatives de Kumbo, de l’honorable Fusi Ndamunkong, ont été brûlées. Alors que le maire de Bamenda 2, Awah Fidelis a été kidnappé et bien d’autres maux encore contre le SDF ».

Le SDF n’envisage pas lâcher les baskets

Sous cette pression, les candidats du SDF à Ndu, dans le département du Donga-Mantung (Nord-Ouest), ont retiré leurs candidatures. Ils n’iront pas aux urnes le 9 février prochain. Ces responsables l’ont fait savoir dans une correspondance en trois points, adressée au président régional du parti, avec ampliation au Comité exécutif national. « Nous, membres de la circonscription électorale de Ndu, déclarons notre non-participation à quelque processus électoral que ce soit, jusqu’à ce que la paix soit restaurée dans notre communauté en particulier et dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest en général ». Toutefois, le SDF n’envisage pas lâcher les baskets. Le vice-président Joshua OSIH, a fait savoir que son parti ne renoncera pas à ce double scrutin de février 2020.

Des promesses peu effectives

Dans un contexte camerounais où les séparatistes anglophones continuent de semer la terreur dans les régions du Nord-Ouest et du sud-Ouest, des promesses continuent de se faire entendre du coté de Yaoundé. Des phrases qui, depuis 3 ans n’ont presque pas été effectives, sont reprises par le président Paul BIYA : « Des mesures ont été prises, des mesures sont prises, des mesures seront prises », le dit-il toujours dans ses discours. Pas plus tard que le 9 Janvier 2020 au cours de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an par les corps diplomatiques entre autres, de tels propos ont encore été tenu au sujet de la crise anglophone : « s’agissant des problèmes dans nos régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, diverses mesures ont été prises afin d’envisager objectivement et à bref échéance, un retour définitif de la paix. Le grand dialogue national a permis de formuler des recommandations dont certains connaissent un début de mises en œuvre, avec les lois récemment adoptées par le parlement », a-t-il redit.  Rien ne semble plus sérieux dans une nation où les choses se gèrent mieux sur du papier que sur le terrain.