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Cameroun-Crise anglophone : Fragilités et travers d’un vécu tendu

Les enlèvements, les tueries et les attaques se multiplient dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest du pays. Des faits qui démontrent qu’il sera peut-être problématique pour le Président de la République de remédier à ce problème dans les délais proches.
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12/02/2019 - 14:55
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Crise anglophone : Fragilités et travers d’un vécu tendu

La stabilité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest Cameroun est encore précaire de nos jours. Trois ans après le début de cette crise en 2016, les astuces et solutions prônées par l’Etat camerounais, ne portent pas encore des fruits. Il faut réinventer des nouvelles stratégies, pour mettre définitivement fin à ce problème dit anglophone, dont l’impact devient de plus en plus considérable.

En effet, le Ier Décembre 2019, un avion de la camair-co a été attaqué par les sécessionnistes à Bamenda dans le Nord-Ouest du pays. Selon certaines sources, « cet avion en provenance de Douala transportait 28 militaires et les armes pour ravitailler la ville de Bamenda ». Il est important de noter qu’aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Ce cas n’est d’ailleurs pas isolé.

Un jour avant cet incident de camair-co, dont le 30 Novembre 2019, Pascal NGWAYI, envoyé d’une ONG humanitaire a été kidnappé, puis assassiné par des individus armés à Donga Mantung, une localité du Nord-Ouest. Un forfait que la coordonnatrice humanitaire des Nations Unies pour le Cameroun Allegra BAIOCCHI, taxe « crime humanitaire ». Elle estime par ailleurs que « Cet assassinat inacceptable doit être condamné par tous. La famille humanitaire au Cameroun est unie dans sa détermination à aider les personnes dans le besoin ».

Le 29 Novembre 2019, six (6) étudiants de l’université de Bamenda ont été enlevé par des individus armés et non identifiés. Les identités de ces derniers ne sont pas encore connues. Des enquêtes sont ouvertes, pour tenter de mettre la main sur les auteurs de ces kidnappings. Une telle situation ne laisse pas indifférente les autres nations, en l’occurrence les Etats-Unis.

Donald TRUMP évalue que le gouvernement camerounais ne gère pas raisonnablement cette crise. Cette dernière a ainsi mis en péril les relations économiques qui existent depuis les années entre les Etats-Unis et le Cameroun. Le Président Américain avait annoncé le 30 octobre 2019, sa décision de sortir le Cameroun des pays bénéficiaires de L’African Growth and Opportunities Act (AGOA). « Le Cameroun n'a pas répondu à nos préoccupations concernant les violations persistantes des droits de l'homme commises par ses forces de sécurité. Ces violations comprennent les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires et illégales et la torture », précise Donald TRUMP. Pourtant, quelques semaines avant cette décision le Président de la République Camerounaise a tenu un grand dialogue National, pour tenter de trouver de nouvelles pistes, afin d’éradiquer pleinement cette la crise.

 

 

Même si ce Dialogue ne porte pas encore les fruits, le Président de la République est conscient de la situation qui ne cesse de se dégrader dans la zone anglophone. Au cours de la mission conjointe Union Africaine, organisation internationale de la Francophonie et le Commonwealth, les 27 et 28 Novembre 2019, la question a été abordée. « Notre souci majeur est de contribuer en tant soit peu à la paix, à la stabilité. Nous pensons que le peuple du Cameroun ne mérite pas la violence », précise Moussa FAKI MAHAMAT.

En effet, les différentes exactions orchestrées par les séparatistes anglophones, se multiplient ainsi à la veille des élections législatives et municipales, qui se tiendront le 9 février 2020. Que fera bien le numéro 1 du Cameroun pour mettre un terme à cette crise avant la date de ces échéances électorales ?

 

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