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Cameroun- Culture : Jean Miché KANKAN forever

Décédé le 13 Février 1997, l’artiste humoriste Camerounais, Jean Miché KAKAN comme tous les autres, continue de vivre dans l’abandon de sa mémoire par la politique en place.
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02/14/2020 - 09:36
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur en chef
Cameroun- Culture : Jean Miché KANKAN forever

Il n’avait de concurrent que son génie. Plusieurs années après son décès, les sketchs de Jean Miché KANKAN continuent de faire l’objet d’une émulation certaine auprès d’un public qui pourtant, en grande majorité, n’aura pas connu son époque. La gestuelle, la mimique, le parler, le message, tout chez lui relevait de l’art. l’art de critiquer, l’art d’enseigner, l’art de dénoncer, l’art de parler, l’art d’analyser et de mettre en perspective, chez KANKAN, ça coulait comme une fontaine.

Durant des années, il a bercé l’Afrique toute entière par son incroyable talent. Ses histoires jusqu’aujourd’hui se racontent toujours à la ronde. Ses fans se comptent encore par millier à travers ce continent. Ses nombreux sketchs n’ont pris aucune ride. « Je ne l’ai pas connu, mais pour moi Jean Miché Kankan reste le meilleur. J’écoute ses sketchs en boucle sans me fatiguer, et à chaque fois c’est comme si c’était nouveau pour moi », déclare un jeune élève de Terminale dans un lycée de la cité capitale du Cameroun.

Présenter la bêtise humaine était pour lui un art, et le théâtre, il en a fait une passion. Aujourd’hui même de l’au-delà, il continue à susciter des vocations. Des jeunes aux dents longues ont investi le secteur. Par leur talent et engagement, ils font vivre l’humour. Chacun à son niveau se réclamant d’un petit héritage de KANKAN, mais presque personne à ce jour, pour en porter publiquement les valeurs et en défendre leurs fondements.

Plus d’une vingtaine d’années après, la mémoire de KANKAN continue de vivre dans l’hypocrisie criarde d’une politique au bord du gouffre. Condamné par elle à l’abandon, elle se retrouve (comme plusieurs d’ailleurs), sacrifiée sur l’autel des égoïsmes personnels, par ces hommes et femmes, détenteurs du pouvoir actuel, noyés par une incompétence notoire, qui ne laisse chez eux aucune place pour la sublimation collective. Quelle est la relation de ce régime à l’histoire ? A l’art ? A la culture ? Quelle est le type de politique qu’il défend ? Quelle place leur donne-t-il ? des questions et bien d’autres qui demeurent sans réponses précises.

La culture est pourtant tout ce qui reste quand on a tout perdu disait un philosophe. Maintenant que le Cameroun semble avoir tout perdu, culture et politique, vers quels horizons va-t-il se tourner ? sur quels éléments fondamentaux va-t-il s’appuyer demain pour bâtir une nouvelle âme ? chaque société se construit aujourd’hui ses valeurs, ses icônes dont les figures portent une part importante des narrations de leur histoire, de leurs combats et parfois de leur devenir. Est-il possible d’en dire autant du Cameroun ? Qui sont-elles ces icônes, reconnues comme telles et valorisées en conséquence ? Grande question pour petite réponse.

KANKAN et les autres, bien que noyés dans une profonde indifférence, continueront de vivre dans les esprits à travers leurs œuvres immortelles. Qu’en sera-t-il pour les autres dont les legs à la postérité sont à ce jour quasi transparents ?

 

 

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