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Cameroun-Alimentation : Plus d’un million de personne souffrent de l’insécurité alimentaire

Ce sont les chiffres publiés en avril 2019 à Yaoundé par le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Gabriel Mbaïrobe. Les plus concernés par la faim et le manque d’eau potable, sont les habitants des régions anglophones et du septentrion.
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10/16/2019 - 17:15
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Alimentation : Plus d’un million de personne souffrent de l’insécurité alimentaire

Au Cameroun, la situation alimentaire demeure de plus en plus préoccupante. Environ 2 000 000 de personnes se trouvent en condition d’inquiétude alimentaire. Ces chiffres ont été donnés par le ministère de l’agriculture et du développement rural le 4 Avril 2019. Il présentait ainsi le rapport d’une étude menée auprès de 7 régions du Cameroun, parmi lesquelles, le Nord-ouest et le Sud-ouest, régions traversées par une crise socio-politique depuis plus de 3 ans. La situation alimentaire ne cesse de se détériorer avec l’arrêt des productions agricoles dans ces régions qui représentent plus de 20 % du produit internet brut (PIB) camerounais. Avec les mouvements séparatistes caractérisés par la destruction des écoles et des habitats, les tueries et les villes mortes, une bonne partie de la population a déposé ses valises dans les autres régions du Cameroun.  Ils y sont actuellement en insécurité alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies en charge de la migration des déplacés internes, près de 500 000 personnes ont quitté leur foyer.

    

D’autres déplacés fouillent les poubelles à la recherche de bouteilles en plastique qu’ils lavent et revendent, tandis que certains travaillent dans les chantiers ou exercent toutes sortes d’activités pouvant leur donner « au moins de quoi acheter un petit bout de pain », explique l’un d’eux.

Les déplacés de la crise anglophone ne sont pas les seules victimes de l’insécurité alimentaire au Cameroun. Ceux de la zone septentrionale sont aussi dans le bain. Les difficultés à accéder à une eau potable ont toujours été l’un des défis majeurs du Nord, de L’extrême Nord et de l’Adamaoua. C’est d’ailleurs ce que nous rappelle le magazine en ligne ‘’open Africa’’ « L’une des difficultés majeures des populations des trois régions du septentrion demeure l’accès à une eau de qualité et en quantité. Bien que l’eau courante soit disponible dans les grandes métropoles, la qualité du précieux liquide demeure toujours peu satisfaisante. La couverture de la demande reste très faible soit 9500 abonnés environs pour la région du château d’eau pour 10 000 mette cube sollicités. Dans l’Adamaoua, la couleur de l’eau du robinet jaunâtre et boueuse parfois décourage les consommateurs ». La recherche d’une bonne alimentation reste encore fictive car la population est exposée à une pauvreté ambiante caractérisée par la faim et les maladies causées par la mal nutrition. Toutefois, le gouvernement camerounais ne garde pas les bras croisés.

Dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, un plan d’assistance humanitaire d’urgence lancé en juillet 2018 par le Ministre de l’Administration Territoriale (MINAT) porte des fruits. Selon Paul Atanga Nji,152 000 déplacés internes dont 75 000 familles, ont déjà bénéficié du plan d’assistance humanitaire d’urgence estimé à 12,7 milliards FCFA neuf mois après son lancement. Le combat pour l’insécurité alimentaire dans ces régions continu son envol : « Nous avons de quoi nourrir et entretenir plus de 100 mille autres familles » déclare le MINAT.

En 2016, le ministère de l’eau et de l’énergie (MINEE) annonçait la construction de 300 forages dans la partie septentrionale du pays et 900 autres dans les autres régions. En décembre 2018, Gaston Eloundou Essomba le Ministre de l’Eau et de l’Energie a procédé à la signature d’un contrat commercial relatif à la conception, la réhabilitation et la construction des systèmes d’approvisionnement en eau potable dans 20 centres semi-urbains au Cameroun. Plusieurs autres actions sont menées, dans le but de sécuriser l’alimentation au Cameroun.

Peut-être est-il important de rappeler que la sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. Les trois piliers ou éléments principaux de la sécurité alimentaire sont : la disponibilité, l'accès et l'utilisation des ressources alimentaires. La journée mondiale de l’alimentation qui se célèbre ce 16 Octobre 2019, sous le thème : « Agir pour l’avenir, une alimentation saine pour un monde ‘’zéro faim’’ », boostera davantage l’Etat camerounais à mener des actions concrètes pour la sécurité alimentaire de la population.

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