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Cameroun- Agriculture : Grande pénurie de la tomate à l’Extrême-Nord

La tomate se raréfie sur les étalages des marchés de la ville de Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord du pays, occasionnant une flambée des prix dans ces espaces marchands, que le consommateur subit depuis des semaines.
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07/04/2019 - 11:55
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Agriculture : Grande pénurie de la tomate à l’Extrême-Nord

Attirantes du regard, charnues, rondes et bien matures à la fois, les tomates vendues dans la plupart des marchés de Yaoundé laissent penser à une embellie certaine de l’activité dans ce secteur. Pourtant, bien que certaines clientes affirment trouver leur compte pour le moment, la situation n’est véritablement pas rose, selon les propos de dame Albertine LEMA, ménagère et habituée du marché Mokolo à Yaoundé, qui déclare que : « La tomate est relativement abordable sur le marché ces jours-ci. Mais bientôt, elle va manquer. D’ailleurs, contrairement aux semaines passées, l’affluence a baissé. C’est dire que même cette année on connaitra les problèmes de pénurie comme les années passées entre fin Juillet et Septembre. »

Si les marchés de Yaoundé peuvent se vanter de tenir encore une relative embellie dans le secteur pour quelques semaines, d’autres par contre ne peuvent pas en dire autant dans l’ensemble du pays. C’est le cas de la ville de Maroua à l’Extrême- Nord Cameroun, où la tomate se fait rare sur les étalages, rapporte le tri--hebdomadaire l’Œil du Sahel. Ce qui de toute évidence a occasionné une flambée des prix sur les différents marchés de la ville ainsi que le confirme ce commerçant interviewé par le même journal : « le tas de quatre tomates coûte actuelle­ment 400 FCFA, alors qu’entre décembre et mars derniers, ce même tas coûtait 50 FCFA ».  Le cageot de tomate pour sa part est passé de 3000 FCFA il y a trois mois à 14 000 FCFA aujourd’hui, soit un peu plus le quadruple du prix initial.

Une situation difficile pour les ménagères qui doivent se plier en quatre pour avoir le premier sésame, pendant qu’à l’autre bout de la chaine, les commerçants se taillent la part du lion, en se faisant d’énormes bénéfices. C’est le cas de Hamadou LAMINOU, commerçant dans un marché de la place à Maroua qui renseigne ce qui suit : « Je gagne davantage lorsque la tomate se fait un peu rare sur le marché…   Le carton peut me coûter au moins 8 000Fcfa et je le vendrais à 10 000 FCFA ou à 15 000 FCFA tout au plus. Mais parfois, il peut me revenir à 12 000 FCFA et je l’écoulerais entre 15 000 et 20 000 F ».

Le phénomène de rareté de la tomate dans les marchés de la ville de Maroua cette année n’est pas isolé. Chaque fois, à la même période, c’est généralement la situation similaire qui se produit, et rien n’est fait ni du côté des commerçants, encore moins des clientes, pour contourner le problème. Pour la pénurie de cette année, les experts évoquent entre autres raisons, les pluies abondantes qui s’abattent en ce moment, et le changement des habitudes culturales observé dans la région de l’Extrême-Nord, ce qui oblige les commerçants à s’approvisionner dans la région de l’Adamaoua, à plusieurs centaines de kilomètres de l’Extrême-Nord du pays. 

 

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