Tout a commencé par une vague rouge qui annonçait la victoire de Donald Trump et jetait le discrédit sur les sondeurs qui prédisaient une Razzia démocrate.

La vague rouge a connu un ralentissement rendu possible par le vote par correspondance qui favorise la dynamique bleue portée par Biden. Toutefois la bataille finale reste très serrée. Tout est encore possible.

En prenant à Trump le le Wisconsin, le Michigan, Biden a pu se hisser à 264 grands électeurs. La bataille se poursuit au Nevada où Biden bénéficie d’une très légère avance.

En Georgie Trump et Biden sont au coude à coude. La Pennsylvanie, l’un des Etats les plus importants dans cette bataille finale(avec ses 20 grands électeurs) connait une légère avance de Trump. Elle pourrait se fondre très vite avec la poursuite du dépouillement. Lors du dernier décompte, le président sortant ne comptait plus que 18.229 voix d’avance sur son rival démocrate Joe Biden, contre 22.398 quelques heures auparavant.

Il reste désormais moins de 5% des bulletins de vote à dépouiller. Le match reste très ouvert à l’Arizona contrairement à ce qui a été annoncé précipitamment par certains médias qui déclaraient Biden vainqueur. Joe Biden y enregistre 50,3% des suffrages, contre 48,3% pour Donald Trump, soit un écart de 58.000 voix, selon un décompte partiel de 86% des bulletins dans cet Etat où 11 grands électeurs sont en jeu.

Le round final se joue aussi sur le terrain de la communication et du droit. Prenant la parole cette nuit pour une allocution, le président Trump déclarait qu’il allait gagner “facilement” si “les votes légaux” étaient comptés, mais que si l’on incluait “les votes illégaux”, les démocrates pourraient “essayer de nous voler l’élection”. Très vite plusieurs chaines de télé américaines comme la NBC News et ABC News ont interrompu la diffusion de cette conférence de presse estimant que le président diffusait des contrevérités. Moins polémique Biden a adopté une position beaucoup plus présidentielle en invitant à l’unité du pays. Il a déclaré qu’il sera le président de tous les américains. Il précisait au passage qu’il n’avait aucun doute sur sa victoire finale.

Donald Trump menace en outre de saisir les tribunaux pour protester contre l’organisation des élections dans plusieurs Etats où le vote aurait été émaillé de fraudes. Le camp de Donald Trump a perdu son action en justice pour arrêter le comptage des voix au Michigan. Un juge a rejeté l’action en justice intentée par la campagne du président américain Donald Trump dans l’espoir d’arrêter le comptage des voix au Michigan. La juge Cynthia Stephens de la Cour des réclamations du Michigan a rendu la décision lors d’une audience jeudi. Elle prévoit de rendre une décision écrite vendredi.

La guerre de la communication se déploie chez les Trump avec le visage d’une division du travail bien huilée. La famille Trump et leurs avocats devant les cameras de télé, les militants de base tantôt dans la rue, tantôt dans les réseaux sociaux de l’information ordurière. Très bruyants sur la toile , les partisans de Trump alimentent les théories conspirationnistes. La campagne “Stop the Steal” est nourrie par de nombreuses théories grotesques qui enflamment la toile comme celle du #Sharpiegate, en référence aux stylos américains de la marque Sharpie. À en croire ceux qui la propagent, l’utilisation de ces stylos-feutre -très courants aux États-Unis- pour remplir les bulletins de vote suffirait à les rendre illisibles par les machines de comptage et donc à les invalider.

Lancée dans un comté de l’Arizona, la thèse a été très vite réfutée par les autorités locales. Elle s’est malgré tout très vite diffusée au point que des manifestants se sont retrouvés mercredi soir devant le bureau des élections de ce comté pour exiger un recomptage.

Contre la désinformation, les faits ont souvent peu de poids: une fois à l’air libre, les idées, même infondées, s’impriment souvent dans les esprits et entachent de soupçons les personnes ou les processus démocratiques concernés.

Ces théories risquent donc de continuer à prospérer après l’élection, selon Alex Stamos, directeur du Stanford Internet Observatory, elles pourraient se répandre “comme les théories conspirationnistes de QAnon”, mouvance d’extrême droite qui présente Donald Trump comme menant une guerre secrète contre les élites mondiales, truffées de pédophiles satanistes.

Faut-il redouter d’éventuels heurts ? Les partisans de Trump et de Biden s’affrontent déjà dans la rue, les uns réclamant l’arrêt du décompte, et les autres exigeant que chaque voix soit comptée. Jusqu’où ira la montée de l’adrénaline ? Les bureaux de vote ont été dans plusieurs Etats assiégés par les partisans de Trump. La police de Philadelphie a empêché un homme armé, d’attaquer un bureau de dépouillement.

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