Selon le colonel médecin, directeur de la Santé militaire, au ministère délégué à la présidence de la république, chargé de la défense, ce sont les services de santé de l’armée qui assurent le service dans la zone de Bakassi et les zones en guerre. Là où l’accès est difficile au Cameroun, c’est le médecin militaire que vous allez retrouver.

Monsieur le
Directeur de la santé militaire, l’Armée camerounaise a été au front de la
lutte contre la covid-19 au Cameroun. Quelle est la stratégie adoptée par le ministère de la Défende pour protéger ses troupes et la
population camerounaise ?

Merci déjà d’être venu à la Direction de la santé militaire. De prime, abord, la lutte anti-covid-19, s’inscrit dans un contexte d’approche inter ministériel, c’est-à-dire les orientations du gouvernement de la république. Il fallait que chaque ministère s’insère à l’intérieur. En ce qui concerne le ministère de la Défense, l’action était orientée vers trois axes. Il y a d’abord la santé, la logistique et la sécurité. Sur le plan de la sécurité ça va de soi, que ce n’est pas parce qu’il y a la pandémie que le désordre doit s’installer. Il fallait aussi protéger les centres stratégiques. Les centres de recherche ; les laboratoires, les équipes ; tous cela est fait par le personnel des armées. Sur le plan logistique, on n’a mis à la disposition de ceux qui sont en charge de cette lutte, et des véhicules, des aéronefs et beaucoup plus d’autres vecteurs, pour que les équipes en charge de la lutte contre cette pandémie, puissent parvenir à tous les coins et recoins de la république. Nous avons été sollicités pour travailler hors du triangle national. Partout où nos compatriotes se retrouvaient en détresse, il fallait utiliser les moyens logistiques de l’armée sur haute hiérarchie militaire. Sur le plan sanitaire, les instructions données par le haut commandement militaire, étaient d’interdire cette pandémie au sein de la troupe. Parce qu’en ligne de compte, le dernier verrou, le dernier maillon, ce sont les forces de sécurité et de sécurité. Donc si le dernier maillon est déjà atteint, ça veut dire qu’en ça d’aggravation, on n’aurait plus de force à même de venir à bout de cette pandémie, donc il fallait l’interdire. C’est pour cela qu’il a eu une grande campagne de communication. Il fallait communiquer. La division de la communication du ministère de la défense a eu à mettre à notre disposition, des documents pour sensibiliser la troupe sur la pandémie. Il fallait qu’on fasse la sensibilisation au sein de la troupe, qu’on fasse connaitre la pandémie et que tous les gestes barrières soient appliqués à la lettre.

Vous n’avez qu’à voir à l’entrée de nos casernes, comment le dispositif est mis pour que ce virus n’entre pas dans la troupe. Vous avez vu l’orientation du ministre délégué la présidence, chargé de la défense, qui a fait en sorte qu’on réalise les masques estampillés Mindef. Masques en tissu parce que nos soldats, eux ils manœuvrent dans les endroits d’accès difficile, ils sont partout. Les masques à usage unique allaient être très difficiles pour eux. Il a fallu être ingénieux pour mettre sur pied, ce genre de stratégie. Nous avons également appliqué à la lettre, les instructions du gouvernement de la république en ce qui concerne la lutte contre cette pandémie. Nous avons actionné nos centres de traitements ; de confinement de recherche. Nous avons fait le dépistage systématique : traçage et même le traitement. Nous avons au côté des unités de santé publique, mené une croisade. A l’heure actuelle, on peut dire qu’une bataille est gagnée. La guerre n’est peut-être pas encore gagnée.  Nous avons participé au près des autres a fait en sorte que : la crise sanitaire, ne se transforme pas en crise humanitaire, économique et sociale. Mais on reste sur nos gardes parce que la menace est toujours-là.

Pouvez-vous nous
faire le bilan de la lutte contre la pandémie de la covid-19 au sein de l’armée
camerounaise ?

On n’a eu une dizaine
d’éléments tombés, des suites de cette pandémie. Mais, le taux de guérison
était assez spectaculaire chez-nous. Nous avons tout fait pour le circonscrire
à des taux très bas.  On n’a juste fait
que ça ne prenne pas des proportions considérables.

L’armée
camerounaise compte combien de formations sanitaires ?

A l’heure actuelle,
le mariage territorial des services des armées est là. Nous avons 76 centres
médicaux de niveau1 ; 10 centres médicaux de niveau 2 ; 5 hôpitaux
militaires de région ; 1 centre de recherche. C’est du costaud. Le centre
de recherche des armées à des équipements évalués à plusieurs milliards de
Francs cfa.  Les formations militaires du
Cameroun sont celles qu’ont trouvent dans les endroits le plus reculés.  Parce que l’accès est assez difficile. Toutes
les grandes zones de Bakassi, je peux dire que ce sont les services de santé de
l’armée qui assurent le service là-bas. Les zones en guerre, toutes ces zones
d’accès difficiles. Là où c’est plus difficile, c’est le médecin militaire que
vous allez retrouver. Comme lui il est toujours présent, toujours paré. Que ce
soit à Ndjaban, Ekodotiti ; Moudemba, c’est le médecin militaire que vous
allez trouver là-bas. Et c’est le lieu de vous dire la grande sollicitude du
haut commandement militaire vers ces populations. Ces formations
sanitaires offrent leurs services à tout le monde et aussi aux riverains. Quand
vous arrivez dans les hôpitaux militaires, 70% des malades sont des civils, et
ce n’est que 30%, qui sont les militaires. Là ce sont les statistiques des
hôpitaux militaires au Cameroun. Donc le grand concept d’Armée-Nation ; le
grand concept de défense-populaire, la santé militaire l’affirme au quotidien.

Quelles sont les
conditions à remplir par les civils pour bénéficier des soins dans vos
formations sanitaires ?

Il y a aucune
condition. Vous savez que les militaires sont aux ordres. Il faut retenir ce
mot-là. Nous sommes aux ordres et la constitution camerounaise, et le règlement
militaire…, vous savez que chaque pays, a ses orientations. La doctrine dans
nos armées est que nos formations soient ouvertes au grand public sans
distinction aucune, même aux étrangers qui vivent au Cameroun. C’est sans
conditions. Nous sommes au service de la nation, sans cette nation, on n’existerait
pas.

Nous faisons la santé
opérationnelle. On gère les catastrophes. Tout ce qui est difficile revient à
la fin à la santé militaire. Nous sommes préparés, nous le faisons. Nous sommes
la grande muette. On n’est pas là à montrer tout ce que nous faisons. D’abord,
on peut se déployer partout ; nous sommes formés dans ce sens-là. Avec nos
sacs de couchage, on peut le transformer en quelques minutes, dans n’importe
quel espace, en structure sanitaire. On sait aussi être dans les conditions
idéales. Vous n’avez qu’à voir Irm, que je croix qu’on peut seulement trouver
au Maghreb. Elle fait la fierté du Cameroun. C’est l’outil sur lequel le
Cameroun s’appui pour ce Championnat d’Afrique des nations. Tout traumatisme
qu’on aura, on n’est tranquille parce que l’Irm des services de santé des
armées est là. C’est un grand don, du haut commandement militaire, du chef des
armées qui a bien voulu mettre cet outil là à la disposition de son peuple.

Le Bataillon
d’intervention rapide est régulièrement au côté des populations pour les
apporter de l’aide dans les zones en proie à l’insécurité et/ou à risque. Quel
est le but recherché de ses opérations ?

Le Bataillon
d’intervention rapide est un bataillon exemplaire. C’est une formation qu’on
n’a même plus envie de commenter sur leur mérite.  Je vous dirais que même sur le plan
sanitaire, c’est du costaud, c’est du lourd. Ils savent magner les armes, ils savent
aussi magner le bistouri. Et même, il faut aller au côté des populations pour
les rassurer. Le militaire est au service des populations. Est-ce que vous
savez que même ceux qui tirent sur nous, que quand on les récupère, ils
bénéficient des mêmes soins que nous ? 
Même les assaillants. Ce que fait le Bir c’est de rassurer les
populations. Essayez de consolider le lieu Armée-Nation. Montrer aux
populations que cette tenue n’est rien d’autre qu’un instrument. Là où le Bir
manœuvre, la grand-mère peut aller au champ paisiblement.  En fin de compte, le Bir est là pour montrer
que leurs activités puissent continuer, pour qu’elles puissent vaquer en paix
dans leurs activités.  Vous ne pouvez pas
avoir les résultats quand l’armée n’est pas avec vous. A un certain, quand vous
opérez, certains assaillants montent les populations contre vous. En ce moment-
là, c’est à vous de rassurer les populations. Regardez ce qui se passe dans les
zones en insécurité : des péages artificiels ; des impôts d’un autre
genre qu’ils imposent aux populations ; des enlèvements. C’est à nus de
rappeler nos populations que ce que nous voulons faire c’est de défendre les
lois de la république ; défendre la constitution de la république,
l’intégrité territorial pour le bien-être de tous les camerounais et même les
étrangers qui vivent au Cameroun. Je crois que c’est le sens à donner à ces
activités.

Il y a eu une
série de rencontre entre la Direction de la Santé militaire et les ordres des
professionnels de la santé en 2020. Quelles sont les retombées de ces
rencontres ?

Écoutez, on ne peut
pas évoluer en marge de la société. L’ordre c’est le temple de l’éthique et de
la morale. Nous voulons être les meilleurs. 
Excusez-moi d’être ambitieux, nous voulons être les meilleurs élèves de service
de la santé au Cameroun. Nous voulons que la santé militaire soit ainsi, mais
vous ne pouvez pas, en mettant de côté, l’éthique et la déontologie, en
piétinant cela. Vous ne pouvez pas. Vous devenez un charlatan je croix. Donc il
faut à tout prix qu’on s’arrive à nos tutelles. Que les pharmaciens s’arriment
à leur tutelle, ainsi que les autres corps. Et c’est comme ça qu’on aura du
respect à notre endroit. Nous ne sommes pas un corps à côté, est n’est dans la
nation. Sur le plan technique, on ne peut pas causer en vase clos. Il y a le
ministère de la Santé qui a un droit de regard, et il y a sur le plan moral,
éthique et déontologique, les ordres. Il faut bien et bien que, nous qui
voulons aller loin, qui sont une locomotive, qu’on s’arrive, et qu’on soit en
phase avec les tutelles. Quelle est la devise de l’armée ? Honneur et
fidélité. Nous sommes les hommes d’honneur, pour la fidélité, il y a même plus
à réfléchir, la fidélité est en nous-même. C’est l’honneur qui reste encore à
conquérir, pour la fidélité ça va. Pour l’honneur, nous devons nous arrimer.
Nos médecins interviennent déjà dans la sous-région, il faut que partout où
nous arrivons que quand un médecin pose un acte, ce soit un acte responsable.
Et la responsabilité, c’est vraiment être en phase avec les autres tutelles.

Le Centre de
recherche pour la santé des armées (Cresar) est l’un des maillons forts de la
santé au Cameroun. Pouvez-vous nous faire une présentation de cette
structure ?

De manière
trivial, Certains disent que l’armée c’est l’État dans l’État. Toutes les
structures étatiques, on les retrouve plus ou moins dans l’armée. Le Cresar est
un centre de recherche. Ce n’est pas pour les hôpitaux, c’est dirigé par les
chercheurs militaires. Ce sont eux qui sont en avance dans le monde qui porte.
Même le coronavirus, ce sont eux ? Ce sont eux qui pilotent la lutte
contre le Vih/Sida dans l’armée ; les hépatites et toutes les pandémies.
Ils sont en avance, ils sont dans les zones reculées ; ils font la haute
recherche, les résistances aux antibiotiques qui est un grand problème et
d’autres programme qu’ils ont là-bas. Ce n’est pas un laboratoire destiné aux
hôpitaux. C’est un laboratoire de haut niveau qui fait en sorte que, nous
puisons être en amont d’un certain nombre de choses. Le Cresar est appelé à
avoir les lendemains meilleurs. Son expansion est à venir. C’est un outil de
fierté. C’est embryon de la recherche camerounaise.  Vous savez que sous certains cieux, c’est
souvent dans l’armée qu’on découvre certaines choses. A l’heure actuelle, c’est
un laboratoire reconnu sur l’échiquier mondial. Ces tests sont fiables et d’un
très haut niveau.

Comment
est-ce que la direction de la santé militaire se déploie au Cameroun en ce
moment que le championnat d’Afrique des nations se déroule au Cameroun ?

 Il faut d’abord mentionner que, le Directeur
de la santé militaire, est l’un des vices présidents du comité scientifique, du
comité exécutif de ce qui est volet médical. Dont la coordination médicale de
ce championnat. Je suis la seconde personnalité de ce comité. Et le haut
commandement militaire à travers le ministre délégué à la Présidence, chargé de
la défense a mis nos dispositions, des moyens, pour qu’on puisse soutenir
l’effort des pouvoirs publics, c’est-à-dire, du ministère de la santé, c’est
ainsi qu’on n’a un déploiement au niveau de l’esplanade de l’omnisport, on
n’a placé des ambulances ultra-modernes. Je croix que les ambulances les plus
modernes sont celles de l’armée. Une autonomie, un oxygène de 4 à 5 heures,
mais capable de faire des interventions chirurgicales à l’intérieur de
l’ambulance. Tout est neuf. La sécurité au niveau du stade omnisport c’est
nous, il en n’a de même à Bépanda, à Japoma et à Limbé. Donc la santé militaire
s’est déployée sur les quatre sites. On n’a engagé environ prêt de 150
éléments ; dont 30 sont médecins. Il y a des équipes qui se relaient. Il y
a même des aéronefs qui sont mis en éveille pour une éventuelle évacuation.
Tous les hôpitaux militaires ont reçu des moyens, pour recevoir, soigner et
diagnostiquer. Que ce soit nos troupes, les supporters, les participants, ils
sont préparés à prendre en charge tout ce monde-là. L’Irm de l’hôpital
militaire, l’instrument par excellence de ce championnat. En cas de problèmes,
l’Irm de l’hôpital militaire va assurer toutes les équipes. Donc en cas de
traumatisme d’un joueur d’une équipe, l’Irm est là. Vous savez que l’Irm est
incontournable dans la lutte contre le coronavirus. Les moyens ont été dégagés,
des instructions ont été données par la haute hiérarchie, de manière ferme et
nous sommes en train de les appliquer à la lettre. Mais, il y a également
l’autre volet qu’il faut retenir. Nous on veut profiter selon les instructions
du ministre, de montrer au Camerounais que covid-19 n’est pas. C’est pourquoi,
vous allez voir des dispositifs anti-coronavirus partout. Si vous allez au
stade omnisport, vous allez voir les endroits où on invite les camerounais à
laver les mains. Il y a des thermoflash un peu partout. C’est pour éviter que
le Cameroun à la fin de la coupe, ne se transforme pas à un cluster. Ça se
passe très bien jusque-là et on compte le faire jusqu’au bout. Les médicaments
sont dans tous ces esplanades. C’est prévu pour ceux qui viennent et qui ont
des malaises. Tout cela est à mettre au compte du Chef des armées et le
ministre Délégué à la présidence de la république, chargé de la défense. Nous
ne sommes que des exécutants à cœur joie.

Quels
sont les défis de la santé militaire au Cameroun en 2021 ?

Le meilleur est à
venir. D’abord, il y a un slogan : « santé militaire vers les
militaires. Santé militaire vers les populations. Et non les populations vers
la santé militaire. Voilà le nouveau concept, la nouvelle doctrine. Sur le plan
militaire on va appeler ça, l’intensification de la médecine de corps de troupe.
Nous devons être proche de nos soldats, proche de leur famille et proche de nos
populations, on ne va plus seulement attendre à l’hôpital. Il faut une approche
épidémiologique à l’heure actuelle dans les forces armées. Nous devons
être les premiers à avoir des données épidémiologiques de ceux dont on n’a la
charge, et c’est comme ça qu’on pourra dégager ce que j’appelle les autoroutes
de traitement, des boulevards de traitement. On ne peut pas traiter quand on ne
sait pas où tu vas. La santé militaire sera mobile, et elle va s’orienter vers
les soins de santé primaires en ce qui concerne la majorité de nos éléments.
Nous pourrons être proche de nos éléments quel que soit l’endroit, où le
militaire se trouve. Ce n’est pas à lui de se déplacer. Nous devons tout faire
pour être à côté de ce militaire. Vous avez vu le joyau architectural qui est
en train de pousser là à côté. C’est le complexe des invalides. C’est un cadeau
du président de la république à l’endroit des blessés de guerre. Là sa booste
le moral. Vous savez qu’après avoir été soigné, certains traumatisés et poly
blessés, ont des handicaps. Il faut qu’ils restent à l’hôpital pendant
longtemps. Ils ne peuvent plus rester dans une institution classique.  En 2021, il sera achevé, équipé. D’abord, aucun
pays d’Afrique centrale n’a un complexe des invalides. On ne demande à personne
de se blesser au front, mais les soldats en voyants ça, le moral sera au top.
Ils savent que les efforts qu’ils mènent sur le terrain sont reconnus par le
haut commandement militaire.

Interview réalisée par Elvis Serge NSAA 

L’article Emile Abeng Mbozo’o – « Les formations militaires du Cameroun sont celles qu’ont trouvent dans les endroits le plus reculés » est apparu en premier sur Echos Santé.

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