En réponse à Marylise Douala Bell du RDPC, le Membre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) Wilfried Ekanga affirme que les dirigeants du Cameroun sont les principaux vecteurs des divisions ethniques au Cameroun. Ils le font dans le but de d « instrumentaliser les populations à leurs fins personnelles », contrairement à son parti qui selon lui milite pour l’égalité entre les peuples.

 Cameroun Online vous propose ci-dessous l’intégralité de la tribune de Wilfried Ekanga :

« Ce qui m’embête dans le MRC, c’est le fait que quand on déroule la liste des cadres de ce parti, on retrouve majoritairement les ressortissants de l’Ouest. Ça fait de ce parti un parti tellement ethnique que je ne pourrais pas être à l’aise dans ce type de parti ». Ces paroles ont été prononcées (sans sauter la moindre virgule) en fin de semaine par l’ex-députée Rdpc Marlyse Douala Bell, dans l’émission Cartes sur table sur le plateau de STV.

Notre émérite honorable tentait ainsi de corriger honteusement l’énorme frasque qu’elle avait faite à l’endroit de son « fils » Salomon Beas (Mrc) en aparté, quelques temps auparavant : ‘Tu fais même quoi dans les choses des Bamiléké ? Sauf que quand vous avez des excréments sur les mains, n’essayez pas de vous nettoyer la bouche. Sinon vous en aurez aussi sur les lèvres.

La perversité de ses affirmations

En essayant de polir son archaïsme verbal digne de la préhistoire, elle s’est donc plutôt davantage enfoncée dans le cabinet, en confirmant en d’autres mots, ce qu’elle avait déjà dit en certains mots. De plus, la perversité de ses affirmations n’a d’égale que leur fausseté : car lorsqu’on examine les vice-présidents du MRC les plus en vue, aussi bien Mamadou Mota que Simh Emmanuel ou encore Michèle Ndoki viennent de régions autre que l’Ouest. Le nouveau SENACOM, Joseph Emmanuel ATEBA n’est pas Bamiléké non plus … (sauf si Ateba est désormais un écusson Baham).

Il y a une semaine, Maurice Kamto m’a informé qu’il m’intégrait dans le cercle de ses proches conseillers. Et en consultant la liste des sept (07) sélectionnés, quatre (04) dont son porte-parole personnel Bibou Nissack et moi-même viennent d’autres horizons, soit un ratio bien au-delà des 60%. Alors de quels « cadres » parle-t-elle ? Y a-t-il un MRC-bis sous son foulard ? Du reste, allez parcourir l’ensemble des documents et constatez vous-mêmes les faits, loin de la mauvaise foi d’une députée d’un parti cannibale et sans programme de société.

Amis biyayistes

A cause des molécules de tribalisme institutionnel qu’on leur offre à distiller dans l’air comme les postillons du Coronavirus, nos amis biyayistes oublient un détail important : même si le MRC était bel et bien un parti de Bamiléké, la raison serait que c’est parce que ceux qui ne sont pas Bamileke refusent d’y adhérer. Ce ne serait donc pas la faute de Kamto, mais de ceux qui s’opposent à Kamto. Car lui, n’a chassé personne.

Voilà que cette Marlyse (entre la Belle et la Bête) admet elle-même qu’elle ne viendra jamais au Mrc à cause du grand nombre présumé de Bamiléké qui y sont. Faut-il lui rappeler que c’est pourtant le seul moyen d’y apporter de la diversité ? C’est comme un groupe de filles qui se plaignent qu’il n’y a que des garçons dans le club Journal du lycée, alors que personne ne les a empêchées d’y adhérer elles-aussi. Pourquoi le RDPC déteste t’il autant la logique ?

‘Nous sommes autochtones ici,

En fait, dans toutes les ethnies du Cameroun, on trouve des tribalistes. Fort heureusement, ils sont minoritaires. Mais d’autre part, ils sont malheureusement les plus bruyants et les plus visibles. Troisièmement, ceux qui sont au pouvoir ont instauré le tribalisme d’Etat pour instrumentaliser les populations à leurs fins personnelles. Ça fonctionne selon le modèle : ‘ Nous avons le pouvoir ; ne laissez pas ces gens-là venir nous le prendre, sinon on est foutus !’, ou encore : ‘Nous sommes autochtones ici, que ces allogènes rentrent chez eux !’

Sauf qu’en plus du fait qu’ils ne se soient pas rendus compte qu’il s’agissait d’une simple correction numérique de la date de naissance (vu que l’intéressé occupe sa fonction depuis 2013), on peut s’étonner de la rapidité avec laquelle des gens qui furent incapables de marcher pour revendiquer une meilleure politique urbaine lors des inondations du mois dernier, se mobilisent pour chasser un compatriote à l’intérieur de son propre pays.

Ces notables pas potables

Quand on leur demandera de marcher contre l’escroquerie des 3000 milliards pour la CAN, ou encore de la pénétrante de leur ville facturée à 44 milliards pour 9 kilomètres, ils diront : « Nous on ne fait pas la politique. » Mais on fait le tribalisme.

Souvenez-vous ; c’était le 7 décembre 2017. Une énorme statue de trois mètres était fixée en pleine rue à Bonakouamouang. Elle représentait Sylvie Blocher, une pseudo artiste que personne ne connait dans son propre pays la France. La sexagénaire n’avait rien trouvé de mieux que sa propre image en guise d’« excuses » envers les crimes de la colonisation (s’estimant certainement assez belle pour valoir ce prix-là).

Ce qui choque

Mais ce qui choque réellement dans l’histoire, c’est que les « notables » Sawa n’avaient pas hésité à venir bénir le sinistre objet de leurs ustensiles royaux. Or un an plus tôt, en décembre 2016, les mêmes avaient honteusement renversé de leurs propres mains le monument dédié à John Ngu Foncha, que le très vaillant Essama André Blaise venait d’ériger. Vous y comprenez quelque chose à ces notables pas potables ?

Qui a déjà oublié l’eau polluée versée sur Sam Séverin Ango, qualifié comme son compère le Dr. Apollinaire Oko de « traître »? Qui a oublié le « Rentrez chez vous ! » ? Qui a oublié que ce jour-là, des Camerounais ont du faire demi-tour parce que d’autres Camerounais venaient de les empêcher de circuler dans le Cameroun ?

Et ensuite, ils s’étonnent qu’on ne soit pas allé à leur élection de minuit. Ce sont ces mêmes patriotes biscuitards aidés de leurs amis Chiwawa qui prétendent être des modèles de républicanisme.

La tribu de ceux qu’on écrase

Biya et sa clique ont instauré depuis la nuit des temps un tribalisme d’Etat au Cameroun, où les seules vraies tribus sont en réalité d’une part la tribu de ceux qui dirigent, escroquent et se sucrent de manière sauvage, et d’autre part la tribu de ceux qu’on écrase et à qui l’on fait miroiter une émergence factice à l’horizon. Et dans ce cafouillage savamment orchestré, ils semblent avoir fait de nos frères Bamiléké la proie de choix d’une cabale spéciale.

(Exactement comme la France coloniale qui avait décidé de massacrer du Camerounais, avec un accent particulier sur ce qu’elle voyait comme une coalition Bassa-Bamiléké (UPC), qui lui aura opposé le plus de résistance).

L’illustration de ce tribalisme calculé

Dans un article du 9 Septembre 2011, le magazine hebdomadaire < Jeune Afrique > revenait sur l’interview accordée par le vice-premier ministre Ahmadou Ali à un diplomate américain et interceptée par WikiLeaks, où il lançait sans sourciller : « Les Nordistes [sont] si méfiants sur les intentions des Bamilékés qu’ils ne concluraient jamais une alliance pour soutenir un pouvoir politique Bamiléké ». On voit là de fort belle manière l’illustration de ce tribalisme calculé, pour la satisfaction de quelques intérêts avides.

Ils ne s’en cachent même pas. Quand ce n’est pas un Essomba Bengono qu’ils prennent pour dire à la télévision que ‘Dieu a rasé certains peuples pour s’en constituer un nouveau’, ils tentent de brouiller les pistes en nommant un Bamiléké clown de service (JDD Momo) chargé du sale boulot, qui viendra comparer les siens aux Juifs. La manœuvre est excellente. C’est un Gang de Malfrats ! Cela dit, il a en partie raison sur ce point, puisque c’est une république hitlérienne.

EN BREF :

Il faut en finir avec ces gens qui ont la nostalgie à peine voilée du Rwanda de 1994 ; il faut chasser ce régime pourri jusqu’à la lie ; il faut cueillir son chef de son trône comme une orange qui infeste tout le jardin. Celui qui soutient une horde de gens manipulateurs et prêts à tuer pour conserver le pouvoir, sera utilisé par ces gens comme chair à canon pour leur permettre d’y rester. Une victime consciente de son état est préférable à une victime naïve qui pense que le serpent mange de l’herbe. Sawa ou Chiwawa – au fond de lui, chacun connaît son statut.

Ekanga Ekanga Claude Wilfried

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