Nous, membres du Comité Directeur de l’Association One Cameroon Movement,

Considérant la situation critique actuelle au Cameroun,

Alarmés par le lourd tribut payé par le peuple camerounais en terme de massacres, répression, désespérance, paupérisation et destruction de l’écosystème,

Relevant que la situation de crise actuelle au Cameroun est la conséquence logique d’un Etat de conflit permanent qui sévit au Cameroun depuis des décennies

Considérant que ces conflits revêtent une dimension identitaire

Résolus à apporter notre modeste contribution au retour d’une paix durable au Cameroun, notamment en rétablissant la vérité sur les causes réelles des maux qui minent la société camerounaise,

Convaincus qu’il existe toujours un moyen de ré instaurer un climat de paix et de fraternité entre les communautés et pays en conflit en réactivant les bases historiques et sociologiques qui devront recréer la concorde dans ce pays,

Avons constaté que:

– Le tribalisme est en train de revenir en force au Cameroun, avec en première ligne des acteurs politiques

– Pas mal d’observateurs sont d’avis que la manifestation pacifique et non violente organisée par le MRC et ses alliés le 22 septembre dernier est venue montrer aux yeux du monde l’esprit qui anime certains dirigeants camerounais, partisans du pouvoir en place chantre du tribalisme

– Un cantonnement purement Bamileke des marches a été développé dans le discours populaire de l’ordre dirigeant et ses alliés

Une radio locale de la Lekié a passé un message en langue locale, un jour avant la marche du 22 septembre 2020 pour dire qu’il faut désavouer les “gens ” qui viennent d’ailleurs et qui veulent déstabiliser le Cameroun.
Si l’on est libre de militer dans n’importe quel parti politique, l’on n’est pas du tout libre de vouloir diviser un peuple qui est uni dans sa diversité en propageant des informations conflictogènes via un quelconque média.

– Depuis 1982, date de l’accession de Paul Biya au pouvoir au Cameroun, le sectarisme communautaire s’est développé à tel point que les mises en place dans les cabinets politiques, les entreprises publiques, l’administration publique, la territoriale, la diplomatie… a tendance à obéir à la vision familiale, clanique, villageoise, tribale de la République .

Et maintenant:

Plus les citoyens vont se cloisonner dans leurs clans, leurs villages, leurs secteurs, et davantage vont se développer des sentiments et des comportements de haine tribale, ethnique et des conflits de cohabitation

Nous exprimons notre préoccupation face à la tendance grandissante au Cameroun, des discours de haine, l’exacerbation des divisions ethniques, qui constituent des catalyseurs forts pour l’idéologie de la haine et pouvant conduire aux crimes de haine .

Nous invitons les pouvoirs publics Camerounais à plus de retenue et surtout, à s’approprier et à intégrer tous les instruments relatifs à la prévention et à la répression des discours de haine, des crimes de haine dans la législation nationale , d’autant plus que la responsabilité principale de protection de leurs citoyens leur incombe.

Fait à Yaoundé le 29 septembre 2020

Le Président, Oliver Abouga
Le Vice-Président, Jessica Manje
Le Secrétaire Général, Moussa Aboubakar
Le Secrétaire Général adjoint, Ondobo Pauline

Contact Presse: oliver.abouga@gmail.com 

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