Un homme vivant en Angleterre accuse sa mère d’avoir tué par voie de sorcellerie plus de 80 personnes de sa famille en 30 ans. Le curé du village qui refuse de juger sa fidèle, prend position pour cette dernière et demande à ce que l’affaire qui est déjà portée devant les tribunaux soit réglée en famille.

C’est sur les réseaux sociaux que cette affaire a été annoncée par le biais d’un activiste camerounais. Le curé de la paroisse Saint Fabien de Bikok, dans la zone pastorale de Bikok, dans le sud de l’archidiocèse de Yaoundé, le Père Wilfried Désiré Atouba Awoua, était accusé de « pratique de sorcellerie ». Son accusateur n’est autre que Valentin Effila, citoyen camerounais originaire du village Bikok, et homme d’affaires vivant en Angleterre. 

Joint au téléphone par nos confrères de La Croix. Africa, ce dernier précise : « En réalité ce n’est pas le curé de Bikok que j’accuse de pratique de sorcellerie. Mais je l’accuse de soutenir, ma mère, la nommé Mballa Antoinette, qui était la deuxième épouse de mon défunt père Bomba Denis. Il est établi par tous les membres de notre famille à Bikok, que notre mère Mballa Antoinette, qui est pourtant responsable de la légion de marie au sein de la paroisse Saint Fabien de Bikok est à l’origine de morts du fait de la pratique de sorcellerie au sein de notre famille ».

Valentin Effila cite alors plusieurs noms de sa famille qui auraient trouvé la mort à cause de veuve Bomba, née Mballa Antoinette, la soixantaine sonnée. « Depuis 1985 qu’elle est arrivée dans notre famille pour épouser notre père feu Bomba Denis, cette femme que nous appelons tous maman, a tué par sorcellerie plus de 85 personnes », commente-t-il. « De novembre 2020, à janvier 2021, nous avons enterré 5 personnes dans la famille à Bikok. En conseil de famille, maman Mballa Antoinette a été indexée publiquement. Non seulement elle n’a pas nié les faits qui lui sont reprochés, mais aussi elle s’est montrée menaçante sur quiconque va encore prononcer son nom. Tout le monde a donc pris peur ».

Morale chrétienne

Valentin Effila qui dit être chrétien catholique pratiquant et très attaché à la paroisse Saint Fabien de Bikok affirme avoir entrepris des démarches pour poser le problème de pratique de sorcellerie dont madame veuve Bomba née Mballa Antoinette serait l’auteur, en demandant au curé le Père Wilfried Désiré Atouba Awoua d’accepter d’organiser une séance d’exorcisme à l’église et dans la famille, pour faire cesser ces pratiques. « Le curé non seulement n’a pas été d’accord, mais s’est montré catégoriquement opposé. Il nous a fait un cours de morale chrétienne en nous demandant de l’aider financièrement à organiser la paroisse. Pourtant il est établi au village que dame Bomba née Mballa Antoinette a fait pousser une plante mystique appelé en langue béti, notre langue « Aàyang », et à chaque tombée de nuit, elle y faisait déposer deux œufs ; le matin les œufs disparaissaient et du coup il y avait des morts. Cela s’appelle quoisinon pratique de sorcellerie ? ». Valentin Effila affirme aussi avoir reçu du curé de Bikok un ultimatum qui lui demande d’aller présenter ses excuses à dame Mballa Antoinette et de retirer sa plainte déposée contre elle au tribunal de Première instance de Ngoumou, chef-lieu du département de la Mefou et Akono, unité administrative à la quelle appartient le village Bikok.

Comportements suspects

Au village Bikok, situé à une soixantaine de kilomètres de Yaoundé, le sujet divise énormément. Il y en qui comme Félix Zambo Onana pensent que « depuis toujours, nous savons tous que cette dame Mballa Antoinette, qui pourtant est à l’église tous les jours est une sorcière. Elle a toujours eu des comportements suspects au point où tout le monde a peur d’elle. Ceux qui ont osé l’affronter dans sa famille sont comme par hasard tous morts, ou ont eu des malheurs dans leur vie. 

L’ancien curé de Bikok, le Père Thaddée Effa Ottou l’avait d’ailleurs banni de la paroisse. Mais à l’arrivée du nouveau curé, elle est devenue encore plus influente. »
Mais aussi il y en qui comme Martin Nkoué, chrétien fidèle de la paroisse Saint Fabien contredit tout ce que dit Valentin Effila. « Ce Monsieur Valentin Effila ne peut pas parler au nom de tous les jeunes de Bikok comme nous avons lu dans sa lettre adressée à Mgr Jean Mbarga, pour dénoncer sa mère Mballa Antoinette de pratique de sorcellerie. 

Madame Mballa Antoine est une mère de famille qui a des grands enfants qui sont les frères consanguins de Valentin Effila. Ils sont tous vivants. Si Mballa Antoinette est une si grande sorcière, pourquoi ne tue-t-elle pas ses enfants ? »

Prostituée

A défaut de pouvoir rencontrer physiquement le curé de Bikok, La Croix. Africa a pu le joindre au téléphone. « Madame Mballa Antoinette est une chrétienne fidèle de la paroisse Saint Fabien de Bikok. En plus, elle est présidente zonale de l’Ekouan Maria, la Légion de Marie. Je ne suis pas là pour découvrir les sorciers.

L’Eglise du Christ est miséricordieuse.

Lorsqu’on a amené une prostituée à Jésus pour qu’il ordonne sa lapidation qu’estce que Jésus a répondu ? « Que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre». Le prêtre est un apôtre de la miséricorde de Jésus-Christ. »

Parlant de la démarche qu’il a entreprise pour aller face aux accusations de Valentin Effila, le Père Wilfried Désiré Atouba Awoua indique avoir demandé à ce dernier d’aller retirer sa plainte contre sa mère, Mballa Antoinette, mais aussi « qu’il aille lui demander pardon, et que cette affaire soit réglée en famille ».

Pour ce qui est de l’aide financière demandée à Valentin Effila, le Père Wilfried indique avoir fait une exhortation qu’il donne à tous fidèles et autres élites de la paroisse Saint Fabien de Bikok, afin qu’ils construisent leur Eglise.

Le 19 février dernier, l’affaire opposant Valentin Effila à dame Mballa Antoinette était inscrite au rôle de l’audience du Tribunal de première instance(Tpi) de Ngoumou. Tout comme une lettre de dénonciation a été envoyée à l’archevêque de Yaoundé. A suivre !

Le flux rss de camer.be

Share:

Avatar