Un présumé trafiquant d’espèces sauvages comparaîtra devant le Tribunal de Première Instance d’Ambam le 19 novembre 2020 dans le cadre du trafic de 626 kg d’ivoire. Les accusations ont été portées contre lui suite à son arrestation à Ambam le 21 octobre 2020 avec 118 pointes d’ivoire par la douane.

Mohamadou Ibrahim a été arrêté lors d’une mission de contrôle à la ville frontalière d’Ambam. Le suspect, âgé de 47 ans, a été trouvé en possession de 626 kg d’ivoire dissimulés dans un compartiment caché construit à l’intérieur de son camion. Il transportait les pointes d’éléphant à Yaoundé pour une transaction illégale lorsqu’il a été intercepté par la douane. Il a ensuite été remis par les douanes à la Délégation Départementale des forêts et de la faune de la vallée du Ntem pour poursuivre le processus de poursuite judiciaire selon la procédure relative à la poursuite des contrevenants à la loi sur la faune. LAGA, une organisation spécialisée dans l’application de la loi sur la faune, assiste techniquement les autorités dans la procédure légale.

L’affaire a été ouverte le 26 octobre 2020 et a été reportée par le Juge au 19 novembre 2020 pour permettre aux deux parties de se préparer au procès qui commencera avec les arguments et la présentation des faits. Des enquêtes plus approfondies ont révélé qu’une partie de l’ivoire provenait de pointes d’éléphants saisies par les autorités gabonaises et qui étaient conservées dans le stock du gouvernement. Cela montre l’étendue et l’ampleur du trafic d’ivoire à l’échelle internationale. Selon des sources proches du dossier ayant requis l’anonymat, le suspect fait partie d’un réseau de trafiquants d’espèces sauvages, il transporte l’ivoire du Gabon au Cameroun et au Nigeria. S’exprimant depuis Nairobi, au Kenya, Ofir Drori, le Directeur du réseau EAGLE, a applaudi les autorités pour avoir démantelé un tel réseau criminel organisé. Il a également demandé que des mesures sérieuses soient prises à l’encontre du suspect afin d’exercer une forte dissuasion.

Ce n’est pas la première fois que le pays voit sa population d’éléphants être attaquée et réduite. La population d’éléphants était estimée à 21 000 en 2010 selon la Stratégie Nationale pour la Gestion des Eléphants, mais leur nombre ne cesse de diminuer. L’augmentation du trafic d’ivoire a contribué à une réduction significative de la population d’éléphants.

Selon la CITES, le commerce international de l’ivoire est totalement interdit, et l’éléphant est une espèce qui est entièrement protégée à la fois par les lois internationales et les réglementations nationales. Selon la loi de 1994 réglementant le secteur de la faune du pays, toute personne arrêtée en possession d’une espèce totalement protégée est passible de 3 ans d’emprisonnement et/ou d’une amende pouvant atteindre 10 millions de francs. Les agents de la faune et des douanes feront pression pour obtenir une peine maximale afin de garantir un avenir aux éléphants dans le pays.

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