C’est une sortie de Me Sother Menkam, par ailleurs membre du Collectif Sylvain Souop, avocat d’Alain Fogue Tedom et d’Olivier Bibou Nissack, qui a jeté un pavé dans la mare en publiant un récit circonstancié de sa visite à ses clients au Service central des recherches judiciaires (Scrj), logé au sein du Secrétariat d’État à la Défense.

« Je n’ai jamais été aussi humilié depuis que je défends les droits des plus vulnérables. Je n’ai jamais vu ma qualité d’avocat foulée au sol de la manière que je vous    décrirais ci-après », s’ouvre Sother Menkam, visiblement désarçonné. En effet, poursuit-il, tout commence le jeudi 08 octobre 2020 quand il décide de rencontrer une douzaine de ses clients gardés dans les cellules du Scrj logé au sein du Sed. « Je suis arrivé à l’entrée dudit service à 15 heures 40 minutes précisément.

Le gendarme en service au poste m’a fait savoir que je ne pouvais pas voir mes clients après 15 heures 30minutes. J’ai rebroussé chemin et le lendemain je suis venu un peu plus tôt à 8 heures 30 minutes. Après les formalités d’identification, le gendarme de service m’a indiqué que je ne peux voir mes clients qu’après avoir reçu l’autorisation de sa hiérarchie. J’ai patienté près de deux heures de temps sans rencontrer ladite hiérarchie. Une fois de plus je suis rentré sans voir mes clients », confie-t- il, dépité.

Ce jour, 12 octobre 2020, enchaîne-t-il, j’ai encore pris sur moi de rencontrer mes clients, parmi lesquels Monsieur Olivier Bibou Nissack et le Professeur Alain Fogue pour une séance de travail. « J’ai franchi cinq postes de contrôle pour obtenir les autorisations requises pour avoir accès à ces infortunés. Je n’ai eu que l’autorisation d’échanger avec mes clients pour 10min comptant en présence de deux gendarmes. Bien que violant le secret professionnel de communication entre l’avocat et ses clients, j’ai tout de même accepté.

Au vu du temps très court alloué à l’échange, j’ai pris sur moi de dresser une fiche de travail pour résumer nos échanges », confie l’homme de droit. A l’issue des échanges entre avocats et clients en présence constante des gendarmes, il dit que sa fiche de travail a été brutalement arrachée et empochée par un certain Lieutenant Ngangso.

Violation du droit de correspondre des avocats avec leurs clients

« J’ai prêté serment, de conseiller, défendre les plus faibles, en toute indépendance avec dignité, conscience, probité et humanité, conformément aux règles de ma profession et dans le respect des Cours et Tribunaux et des lois de la République. Les règles de ma tendre et chère profession rendent inviolables les communications entre avocats et clients. Ces règles de confidentialité, si chères à tout Avocat sont inscrites dans les dispositions de l’article 20 de la loi Organique régissant la profession d’Avocat », rappelle Me Menkem Sother. Il ne s’arrête pas de s’offusquer et de s’indigner parce qu’il a vu son droit de correspondre avec ses clients, contenus dans les articles 239, 240 et 242 du Code de Procédure Pénale impitoyablement violés par un gendarme.

« Je suis resté sans recours. Cela dénote de la torture morale et psychologique que ces gardés à vue, sous un régime d’isolement, subissent au quotidien dans cette unité d’enquête sans titre de détention connu. Je me suis demandé pourquoi servir la justice », s’interroge-t-il pour terminer comme s’il perdait un peu de sa foi en son métier.

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