Dans la sortie de René Emmanuel Sadi du 14 octobre dernier portant sur la réponse du gouvernement camerounais au communiqué de presse des experts du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme sur la situation du MRC et de ses partisans, l’exaspération du ministre trahit la volonté du pouvoir d’y aller de main forte.

lois et tous les citoyens doivent répondre de leurs actes devant la loi », telle est la grande affirmation qui laisse présager que le gouvernement entend dire les droits de Maurice Kamto suite aux marches du 22 septembre. Le porte-parole du gouvernement prend à contre-pied l’appel de l’institution onusienne en charge des droits de l’homme, sur la levée de l’état de siège devant la résidence de Maurice Kamto et la libération de tous les détenus suite à la marche du 22 septembre, en estimant que cette prise de position est « partiale, subjective et biaisée ».

On comprend dès lors toute la détermination du pouvoir d’en découdre avec Maurice Kamto et son parti, qui aux yeux du gouvernement, n’a jamais appelé à des marches pacifiques, mais à une « gigantesque campagne nationale d’appel au départ pur et simple de M. Paul Biya du pouvoir ». Dans l’esprit de l’équipe dirigeante, il est clair que le siège de la résidence de Maurice Kamto n’est qu’une étape vers l’ouverture d’une procédure judiciaire. Pour le pouvoir, il a fallu au plus pressé « prendre des mesures qui s’imposaient pour faire face à la situation. C’est ce qui a été fait. Car, comme on le sait, le respect des lois et règlements constitue le socle de toute société démocratique organisée ». Le leader MRCiste est donc dans une très mauvaise passe et René Emmanuel Sadi a tenu à le signifier aux experts onusiens, avec un brin de sarcasme et même de dérision.

« Les experts du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme dont on peut comprendre, l’élan de solidarité envers un confrère en déshérence, doivent bien se raviser, car il apparaît clairement qu’ils ont été induits en erreur sur la véracité des faits », assène le ministre de la communication tout en laissant entendre que les médias tels que Rfi, certains médias locaux et les sympathisants du MRC n’ont pas relayé l’exactitude des faits. Le gouvernement tient donc son pire cauchemar depuis l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Après avoir bénéficié dans le cadre du Grand dialogue national d’une « magnanimité » du chef de l’Etat qui mettait un terme à 9 mois de prison, le sort de Maurice Kamto, à lire entre les lignes de la sortie gouvernementale, se joue actuellement dans la collecte des faits de droit ou autres pour l’accabler devant le juge. Une partie qui est loin d’être une sinécure car aucune action d’envergure n’a été menée dans le sens de déloger le président de la République du Palais de l’Unité. Le seul fait de l’avoir demandé en dépit de l’interdiction et que des Camerounais soient descendus dans la rue le 22 septembre est déjà pénalement répréhensible aux yeux du gouvernement.

Pour l’heure, nul ne sait qu’elle aurait été la portée et la dimension de cette marche si les Forces de maintien de l’ordre n’avaient étouffé dans l’oeuf cette entreprise. Le ministre doit de toute évidence particulièrement cerner les contours de cette vue globale à l’issue de la marche du 22 septembre, cette photographie géante qu’il dépeint à la suie des marches.

« En tout état de cause, c’est le lieu de dire que ni le gouvernement de la République, ni le peuple camerounais dans sa grande majorité, n’entendent s’accommoder indéfiniment des agissements intempestifs d’un leader politique malavisé et son parti en perdition, qui se sont volontairement mis en marge du champ et du jeu politique, du fait des faux calculs et des décisions insensées et hasardeuses », pétarade sentencieusement Emmanuel René Sadi, dont l’écho retentit dans l’écosystème politique camerounais comme le requiem du MRC et de son leader !

Le pouvoir minimise les deux exigences avant toute élection du MRC

« A tout prendre, un parti politique peut poser les conditions pour sa participation à une élection mais non pas des conditions à l’organisation cette élection », ainsi s’offusque d’entrée de jeu le porte-parole du gouvernement devant l’exigence constante du MRC depuis son boycott actif aux élections législatives et municipales du 9 février dernier. Pour René Emmanuel Sadi, demander une révision du code électoral ne fait pas sens parce que Maurice Kamto et son parti ont toujours participé aux élections avec ce Code électoral depuis 2013. Peut-être a-t-il voulu mettre en évidence que le MRC a glané 1 député et 19 conseillers municipaux avec la même loi électorale et qu’en 2018, il s’est hissé au deuxième rang à l’élection présidentielle. Pour autant peut-on en déduire que la loi n’est pas perfectible ?

C’est une question dont les pouvoirs publics appréhendent la pertinence mieux que quiconque. En ce qui concerne la crise anglophone, il estime que la situation sur le terrain « connaît une évolution positive réelle et que tout est mis en oeuvre par le gouvernement, sous la très haute impulsion de monsieur le président de la République, Son Excellence Paul Biya, pour parvenir à un retour définitif à la paix et à une vie normale dans les deux régions », lâche-t-il en conclusion. Il est donc clair que le pouvoir tient les manettes sûres pour juguler enfin cette crise qui dure depuis quatre ans.

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