L’ardoise représente cinq ans d’arriérés de cotisations.

Ce n’est pas vraiment un scoop, mais c’est la trace la plus concrète que plusieurs entreprises ne paient pas les cotisations sociales de leurs employés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Cette dernière, a expliqué Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame, évalue à près de 200 milliards FCFA le volume des arriérés dus au 31 décembre 2019. Au cours d’une concertation entre la CNPS et les partenaires sociaux, le 17 septembre 2020 à Douala, le directeur général de la CNPS a mentionné qu’en 5 ans, la dette des entreprises a plus que doublé.

Il s’agit d’une augmentation de 123%, du 31 décembre 2015 au 31 décembre 2019. Tous sont dans le panier des insolvables: de la PME aux grandes entreprises en passant par les établissements publics administratifs (EPA). Entre actions de corruption, vétusté du Code du travail, non prise en compte du statut juridique des entreprises au moment du recouvrement et difficultés économiques des entreprises, la liste des obstacles ayant justifié cette dette est loin d’être exhaustive .

Idées

Et Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame de s’inquiéter. «Cette situation pourrait hypothéquer la pension de milliers de travailleurs pour faute de reversement de leurs cotisations par leurs employeurs», a-t-il dit. Pour la CNPS, il est urgent de marquer une pause et de trouver des voies et moyens pour recouvrer cette dette en dépit de la conjoncture difficile. La pandémie du coronavirus a fragilisé de nombreuses entreprises et entrainé un report de 15 milliards FCFA d’encaissements de cotisations sociales. Des dettes qui prennent du volume en raison des pénalités générées par les retards de paiement prévus par la règlementation.

Pour Souaïbou Bagoura, directeur technique à la CNPS, «l’essentiel est de faire en sorte que les nouvelles dettes des entreprises ne se constituent pas, afin d’éviter les majorations qui crèvent leurs budgets. De nouvelles stratégies sortiront de ces assises pour mieux gérer cette situation ». Pour Alain Blaise Batongue, l’État doit renflouer les caisses des entreprises parce que dans le même temps, l’État doit aux entreprises beaucoup d’argent issu de la dette intérieure de 2000 milliards FCFA. Le secrétaire exécutif du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) plaide, pour l’avenir, à la mise sur pied d’une plateforme commune pour une solution souple au paiement des cotisations. Il estime qu’il ne sert à rien d’asphyxier une entreprise qui ne peut pas payer, au risque de voir sa dette toujours augmenter.

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