C’est le nouveau mode opératoire, des femmes, des hommes et autres pour dénicher une aide à domicile. Huit, dix, douze et parfois plus, elles sont agglutinées sur les palmiers ou alignées sur les bancs publics au lieu-dit « rond-point petit pays » à Makepe – Douala, à la quête du pain quotidien. Rien de formalisé, et pourtant, ces dames de ménage, semblent avoir des tarifs standards.

« Normalement pour faire ce travail, s’il s’agit d’une maison de deux à trois chambres, avec deux enfants et dont le travail dure huit heures, on peut accepter 50.000 Frs CFA, mais s’il s’agit d’un duplex où il n’y a qu’une seule ménagère, il faut donner 70.000 F CFA ou 80.000 F CFA. »

Si elles sont exigeantes sur le montant qui va avec leurs mains d’œuvres, le client lui, fait semblant de respecter les tarifs, mais la réalité sur le terrain, est tout autre. Entre maltraitance, sous paiement et exploitation, tenir devient difficile, comme le dit si bien, maman Girette.

« Quand nous arrivons chez eux, ils ne nous traitent pas en êtres humains et pourtant ils ont aussi besoin de nous comme on a besoin d’eux. Donc ils devaient bien nous traiter. Voilà pourquoi certaines de nous reviennent après deux mois, d’autres reviennent même en pleurant, à cause de la maltraitance, puisque tu travailles, il ne te paye pas, parfois il te donne ton argent à moitié. »

Une situation, qui ne permet pas à ces aides ménagères de fortune, de joindre les deux bouts.

« S’ils nous payaient bien comme il se doit, on devrait pouvoir survivre, mais lorsqu’ils nous prennent de 07h à 18 h à 40.000 ça ne nous aide pas, parce que tu n’as plus le temps pour une autre activité. »

Sans issue, face aux difficultés de la vie, ces ménagères ne demandent pas la lune, mais juste un traitement meilleur.

« Ils doivent prendre les ménagères que nous sommes comme eux-mêmes, puisque nous qui travaillons chez eux, on a la vie de leurs enfants et la leur entre nos mains. Ils devraient nous entretenir comme leurs mères, mais pour eux, les ménagères sont comme des chiffons. »

Voilà qui est dit, peut-être ménagères, mais ceci ne fait pas d’elles des êtres moindres, alors espérons que désormais, ces mères, sœurs, grand-mères, seront traitées à leur juste valeur.

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