Je m’interroge sur le sens de la justice dans un pays où Roméo Dika est inquiété parce qu’il a tué une mouche, alors que Dieudonné Essomba qui a tué un bœuf est libre et tranquille chez lui.

Roméo Dika serait-il convoqué aujourd’hui à la police judiciaire s’il avait appelé au génocide des anglophones ou même des Bamiléké ?

Pendant plus d’un an dans ce pays des gens ont appelé au massacre des anglophones sans en être inquiétés. Une personnalité de la République sur la chaine nationale avait proféré presque les mêmes menaces aux Bamiléké en toute impunité. Où était la République ? Où était la justice ?

Où est la République ? Où est la justice pour qu’un personnage aussi haineux que Dieudonné Essomba brave la loi pour rependre la haine tribale aussi librement en plein cœur du siège des institutions ? Y’a-t-il quelqu’un pour m’expliquer ce curieux silence des autorités judiciaires ?

Dieudonné Essomba qui menace la paix sociale et le vivre ensemble au Cameroun et Roméo Dika qui a visiblement troublé le sommeil de quelques personnes sont-ils égaux devant la loi ?

Si oui pourquoi Dieudonné Essomba qui brave la loi sur le tribalisme au vu et au su de tout le monde est-il libre et tranquille chez lui ?

Si non, laissez Roméo Dika tranquille. Sauf à vouloir faire enfler la thèse d’un règlement de compte.

Je sais bien-sûr que les fautes de Pierre ne dédouanent pas celles de Paul. Je relève simplement que la politique du deux poids deux mesures n’est pas la justice. C’est de l’injustice et cela mérite bien notre indignation. C’est une imposture qui noircit davantage l’image d’une justice Camerounaise de plus en plus perçue comme un instrument de règlement compte.

Il en est ainsi des règlements de compte politique dont la récurrence renseigne sur le niveau d’ensauvagement de la vie publique au Cameroun.

 En effet, il n’est un secret pour personne qu’après chaque fraude électorale, le régime instrumentalise la justice pour neutraliser ceux de ses adversaires politiques qui s’opposent avec fermeté à la tricherie électorale. C’est le cas de Maurice Kamto aujourd’hui. Sinon expliquez-moi pourquoi le leader du MRC est assigné à résidence avec sa famille depuis un mois, sans aucune base légale. Son seul tort c’est d’avoir réclamé la fin de la guerre au NOSO et la justice électorale au Cameroun. C’est révoltant de voir jusqu’où la justice est tombée bas au Cameroun. En tant que citoyenne de ce pays, je dénonce cette bassesse.

Ce que les autorités judiciaires Camerounaises ont de mieux à faire aujourd’hui ce n’est pas la futile convocation de Roméo Dika devant l’océan d’injustices où baigne le Cameroun… C’est presque une farce devant l’ampleur des injustices dont elles sont comptables.

Ce que ces autorités ont à faire C’est plutôt l’élévation de leur propre conscience jusqu’aux portes de la vraie justice. La justice juste. Là où elles n’auraient jamais dû être absentes.

Mais c’est peut-être trop demander aux esprits dont le destin semble désormais lié a la pratique de l’injustice. Aux esprits réfractaires à toute idée du changement et de modernité. Toute chose qui ne peut que justifier l’urgence du changement à la tête de l’État pour sauver le bateau Cameroun qui tangue et va à vau-l’eau.

Le peuple a raison. Paul Biya doit partir.

Le flux rss de camer.be

Share:

Avatar