Au Cameroun anglophone, des rues quasi désertes pour la rentrée scolaire, des écoles vides d‘élèves et de professeurs, des commerces fermés: les principales villes du Cameroun anglophone ont eu ce jour des allures de cité fantôme.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre d’un intense conflit depuis plus de 4 ans qui oppose les forces armées camerounaises à des séparatistes anglophones militant pour la création d’un Etat indépendant.

Depuis le début de la crise fin 2016, plus de 80 % des écoles ont dû fermer dans la zone, selon l’Unicef.

En ce jour de rentrée scolaire, la plupart des habitants des deux régions anglophones ont respecté le mot d’ordre imposé par les séparatistes. Le blocus a été suivi notamment à Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, et épicentre de la contestation séparatiste. Sur la principale avenue commerçante “pas une seule âme n‘était visible ce jour”, raconte à camer.be au téléphone un habitant.

Au journal de 13 h de la radio d’Etat (CRTV), l’on affirme par exemple qu’à l’école publique Bamenda Up station, seule la directrice et quelques élèves sont arrivés à l’école. « Il y a seulement six enfants qui sont présents. Ce n’est pas facile. Peut-être demain, élèves et maitresses viendront en grand nombre » espère la Directrice de cette école.

Toujours dans le Nord-ouest, au lycée public bilingue de Mendankwe, 1.500 élèves étaient attendus pour cette rentrée scolaire, mais à l’appel, seuls treize étaient présents, rapporte un un enseignant de ce lycée qui a requis l’anonymat

A Buea, chef-lieu du Sud-Ouest, les écoles et les commerces “sont fermés dans la plupart des quartiers”. Plusieurs habitants l’ont confirmé.

Le blocus est également en partie respecté à Limbé, cité balnéaire du Sud-Ouest où, d’ordinaire, le mot d’ordre est moins suivi.

Des séparatistes  combattent quasi quotidiennement les militaires, notamment dans la forêt. Les deux parties sont accusées d’exactions et de crimes contre les civils par plusieurs ONG internationales et l’ONU.

Outre la crise anglophone, le pays vit une période de troubles politiques inédits depuis la réélection de M. Biya en octobre 2018, contestée par l’opposition. Plusieurs de ses figures, dont Maurice Kamto, arrivé deuxième à la présidentielle de 2018 est en résidence surveillée et plusieurs des membres et sympathisants de son parti politique qui ont manifesté le 22 septembre dernier sont en prison.

Dans le Nord, le groupe jihadiste nigérian Boko Haram multiplie les attaques meurtrières.

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