Monsieur le Président, Mon cher Papa, Très cher aîné et patriarche,Vénérable combattant pour la liberté et la démocratie

Au-delà de toutes les considérations politiciennes, et au-delà de toutes les divisions, de tous les intérêts ainsi que de tous les statuts et privilèges, c’est votre fils qui vous parle aujourd’hui, c’est votre compagnon de toujours qui s’adresse à vous, c’est un patriote profondément attaché à la paix, au dialogue et à l’unité de notre pays qui est placé devant vous.

Monsieur le Président,

J’aurai pu venir seul, j’aurai pu venir un soir pour avoir un bon diner avec toi. J’aurai pu venir exactement comme je l’ai souvent fait par le passé, c’est-à-dire comme le fils qui va à la maison sans façon ni protocole.

Mais, Je m’exprime d’abord aussi et surtout, au nom du MPDR, le mouvement populaire pour le dialogue et la Réconciliation, dont j’ai eu la chance d’être choisi pour présider aux activités comme premier responsable. C’est pour cela que je me suis fait accompagner avec tant de frères et de sœurs, des compatriotes qui te connaissent, te respectent et te vouent la même admiration que moi.

Tous, en cœur, et d’une même voix, nous te souhaitons la bienvenue, un bon retour au pays, un retour sur la terre de nos ancêtres. Ton absence nous a beaucoup dérangé, et tu nous as infiniment manqué. Tu as manqué à la nation, à un moment crucial, mais nous avons su et pu gérer, en nous souvenant de toi, de tes paroles, de ton engagement pour la paix et le dialogue.

Nous disons merci au seigneur qui t’a emmené pour des raisons sérieuses à l’étranger, et t’a ramené parmi nous, parmi la grande famille du Cameroun où ta place, ton rôle et ta chaise sont uniques, prestigieux et irremplaçables.

Monsieur le Président,

Nous sommes aussi venus au deuil, car nous n’oublions pas ce que tu as connu comme malheur dans la famille. Nombre de tes collaborateurs et non des moindres, dont certains étaient pratiquement pour moi de véritables complices, nous ont quitté.

Je suis donc venu au deuil, parce que la semaine dernière, j’étais empêché et n’ai pu me joindre aux nombreux compatriotes qui étaient venus te présenter leurs condoléances et partager la douleur. Me voici donc, et je te prie d’accepter mes condoléances, d’apaiser ton cœur et

d’essuyer tes larmes. Nous ne les oublierons jamais, mais nous devons aussi avancer, avancer avec l’agenda du dialogue, de la réconciliation, du pardon pour la paix au Cameroun.

Monsieur le Président,

Je suis certain qu’en apprenant la nouvelle de la naissance du MPDR, tu as dû te dire ceci : voilà, Shanda au lieu de venir rejoindre le SDF comme je le lui ai toujours demandé, a pris un autre chemin. Non, papa, non patriarche, je n’ai pas pris un autre chemin, je n’ai pas opté pour un autre agenda que celui de la paix, de la liberté et la démocratie pour lequel, nous avons tant lutté, travaillé et réfléchi dans les années 1990. Je suis et demeure ton compagnon et un enfant du SDF par l’âme, par l’esprit, par le cœur et par la respiration ainsi que par la foi. Mais, je suis devenu plus un enfant du Cameroun, que l’enfant d’un village ou d’un parti. Pour bien bâtir la paix et travailler à construire une nation solide et prospère, il est absolument indispensable de dépasser les clivages partisans.

Monsieur le Président,

Le MPDR, c’est l’œuvre de femmes, d’hommes et de patriotes de toutes les régions, de toutes les couleurs et de toutes les religions, qui ont profondément réfléchi et décidé d’apporter un message nouveau, un ton nouveau et un langage nouveau dans le paysage politique de notre pays. Je sais, chacun de nous sait, et même le monde entier sait, combien tu as été décisif à des moments très importants de notre histoire récente. Tu es une source, une valeur, une unité de mesure et une référence exceptionnelle.

Aussi, au moment précis où je viens te voir avec une délégation si importante et si pressée, tout le monde nous regarde et attend. Les gens veulent savoir, ce que le Chairman va dire à Shanda Tonme, ce que le MPDR va obtenir du père et patriarche. On veut savoir, parce que l’heure est grave.

Monsieur le président,

On a osé s’en prendre au Cardinal. Qui a fait cela et pourquoi ? Quels sont nos compatriotes qui ont fait cela et pourquoi ?

On a osé s’en prendre aux enfants, aux écoliers, à tes petits, arrières-petits-petits enfants, des écoliers, des innocents. Mais qui a fait cela et pourquoi ?

Quel problème avons-nous dans le pays vraiment et que devons-nous faire ? Comment devons-nous nous prendre pour mettre fin à la haine, aux provocations, aux injures tribales ? Devons-nous détruire notre pays ou devons-nous le construire ?

Dans tous les cas, je m’adresse à un sage, à un patriarche, à quelqu’un qui parle avec les ancêtres et reçoit leurs confidences. J’ai gardé jalousement la photo de votre rencontre avec le président Paul Biya lors du Comice agro-pastorale d’Ebolowa. Chaque fois que je la regarde, je vois un pays qui avance dans le dialogue, un pays qui peut transcender toutes les divisions et panser toutes ses plaies pour entretenir l’unité, pour construire et maintenir la paix. Nous avons combattu le bon combat dans les années 1990 et tu étais devant, comme notre lumière, notre guide. Nous avons prié ensemble, marché ensemble, et accepté enfin, ce que le destin divin nous a réservé. Continuons.

Monsieur le Président,

Le MPDR que je dirige est tout juste un enfant, et tes conseils sont indispensables pour apprendre et comprendre, pour devenir grand, pour être quelque chose. Nous te supplions de nous tenir la main. Nous ne parlons pas en étant couché, nous parlons en étant déjà débout et en avançant dans toutes les directions. Partout où des femmes et des hommes attendent le train du dialogue, du pardon, de la réconciliation et de la paix, ils verront arriver le MPDR. Nous avons ainsi entamé la tournée des régions, la visite à des personnalités, engagé des rencontres avec d’autres formations politiques de bonne

foi, engagé la tournée des missions diplomatiques. Tout cela c’est pour porter un même et unique message : le Cameroun est debout et nos compatriotes désirent ardemment la paix.

Monsieur le Président,

Notre démarche, notre conviction et nos actions reposent sur la certitude que la violence et la haine n’ont jamais aidé ni un individu, ni une famille, ni un groupe, ni un clan et ni aucun pays à se développer. Nous devons tous nous donner la main pour dire à ceux qui choisissent cette voie, qu’ils se trompent, qu’ils font fausse route. Nous n’accusons personne, mais personne ne peut supporter que des écoles soient incendiées, que des enfants soient brutalement assassinés dans leur salle de classe. Les images des violences récentes ont complètement changé le regard que le monde entier porte sur notre pays, sur nous, sur notre civilisation et sur notre culture. Nous sommes d’accord que personne ne se lève pour poser des actes violents sans avoir des demandes ou des revendications. Mais il y a violences et violences, et les violences comme nous les voyons ces derniers jours, ne sont pas dignes des êtres humains. C’est du satanisme, c’est diabolique, c’est intolérable, inacceptable et lourdement condamnable. Elles desservent les causes qu’elles prétendre défendre. Les uns et les autres peuvent se faire entendre autrement.

Monsieur le Président

Je viens te demander, d’user de ton influence, de ta sagesse et de tous tes moyens, par toutes les voies, pour faire triompher la flamme de la paix. Il faut ouvrir grandement le chemin du dialogue pour mener à cette paix, avec tout le monde, ceux que l’on voit et ceux qui se cachent.

Pour ma part, je suis prêt à t’accompagner partout, et à porter ton sac pour faire le chemin, que ce soit la nuit ou que ce soit le jour. Mes camarades et moi n’avons rien d’autre à faire, qu’à promouvoir ce dialogue. Notre cœur continue de saigner sans interruption, depuis la

vue de ces images de jeunes écoliers assassinés dans leur salle de classe. Ces beaux cercueils devant le premier ministre lors de leurs obsèques, ont achevé de graver leurs noms en lettres dramatiques, dans les pages les plus sombres de l’histoire du Cameroun.

Au MPDR, nous voulons comprendre tout le monde et considérer tout le monde, mais nous avons résolument tourné le dos à la violence et aux ambitions égoïstes. C’est pour cela que nous disons que le destin d’une nation ne commence par et se termine pas avec une élection présidentielle. Le Cameroun est bien debout et nous devons avancer avec l’état des lieux qui existe. Comptons chaque pas et prenons en considération toutes les petites choses qui sont bien. IL y aura dans moins d’un mois maintenant, des élections régionales. Pour nous au MPDR, il s’agit d’une étape importante, d’une avancée indéniable. C’est la fin d’un processus de réformes, de réalisations et de constructions institutionnelles nouvelles. Sachons en profiter pour élargir, approfondir et rentabiliser notre ambition démocratique pour notre pays.

Rien n’est impossible, tant que nous restons et resterons positifs. Tout pourra être débattu, corrigé, arrangé et amélioré dans notre façon de vivre ensemble, de prospérer ensemble et d’être heureux ensemble. IL suffit de croire au dialogue et de s’y engager avec honnêteté et franchise.

La violence ne résoudra jamais rien, et jamais le problème camerounais, s’il en existe un ou même plusieurs ne seront résolu par la violence.

Les violents passeront, mais le Cameroun restera et progressera.

Vive le dialogue et la réconciliation,

Vive l’unité éventuelle d’action pour le dialogue et la réconciliation

Vive l’amitié et la fraternité sincère entre le MPDR et le SDF

Vive le Cameroun

SHANDA TONME

Président, Médiateur universel

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