Ce kidnapping est choquant et révoltant. Rien, absolument rien ne justifie que ce symbole incontestable de la morale nationale puisse subir cette épreuve. Rien, absolument rien ne peut expliquer que cette respectable personnalité qui vient de fêter ses 90 ans puisse subir une telle épreuve. 90 ans, c’est un âge qui impose le respect surtout en Afrique. J’en appelle à la libération immédiate du Cardinal Christian TUMI ainsi que du Fon de Nso. Leur enlèvement est inadmissible. Puisse le Seigneur les protéger là où ils se trouvent en ce moment.

Ce kidnapping survenu en plein jour nous impose de nous rendre à l’évidence que tous les discours officiels sur la garantie de la sécurisation des deux régions du nord-ouest et du sud-ouest relèvent de la proclamation et de l’incantation. Il ne se passe décidément plus un seul jour sans que le système global de sécurisation des deux régions n’expose ses défaillances.

Au demeurant, il ne faudrait pas faire preuve de cécité sur ce kidnapping. Le timing ne saurait relever du hasard.

En plus de ce que le pape s’était déjà ému il y a quelques jours du massacre innommable de Kumba, ceux qui ont pris en otage Son Éminence le Cardinal Christian TUMI espèrent manifestement que Le Vatican va franchir un cap pour s’intéresser de près à cette crise. Et par ricochet, le monde entier va définitivement s’intéresser à ce qu’il se passe au Cameroun. Les preneurs d’otages espèrent de ce fait que les mécanismes de résolution de la crise anglophone vont se mettre en branle.

C’est manifestement l’objectif visé par ce kidnapping odieux. Enlever un homme de 90 ans à la santé fragile et de surcroît un Cardinal ne peut que participer d’un stratagème bien huilé. C’est vraiment triste.

Ce kidnapping heurte la conscience humaine. Qu’attend M. Biya pour rapidement décréter un cessez-le-feu qui sera suivi en urgence d’un autre Dialogue politique cette fois-ci totalement inclusif qui permettra également à tous les protagonistes de cette sale guerre de s’asseoir autour d’une table de négociations. Qu’importe le lieu de la rencontre, puisque la paix n’a pas de prix. Cent (100) jours de négociations valent mieux qu’un jour de guerre. Si rien n’est fait dans ce sens, le pire est à craindre.

La sécession est à proscrire. Il faut par contre se rendre à l’évidence que nos compatriotes anglophones ne veulent pas la décentralisation. Ils n’en veulent plus du tout. De même que la grande majorité ne veut pas la sécession. Ils veulent une autonomie de leurs régions et l’unique et inaliénable garantie face aux jacobins arrogants et autistes de Yaoundé est le fédéralisme et ses contours qu’il faut mettre sur la table. Tout faux-fuyant sur cette question fondamentale de la forme de l’État va davantage densifier et enliser cette crise qui n’aurait pas dû être.


Hon. Jean Michel NINTCHEU

Député

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