Ces détenus de la prison centrale de New-Bell à Douala sont retournés auprès de leur famille le 20 Avril 2020. Une remise en liberté ordonnée par le Président Paul Biya, dans le but de désencombrer le milieu pénitencier, en prévention au coronavirus.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres le dit-on souvent. Suite à l’apparition du coronavirus qui fait déjà des millions de victimes dans le monde, 608 prisonniers de la prison centrale de New-Bell ont été remis en liberté le 20 Avril 2020. En effet, le but est de limiter la propagation du virus, surtout que durant les jours passés, les rumeurs circulaient au sujet d’un éventuel cas de covid-19 en milieux carcéral. Sous la pression des ONG de défense des droits humains et la société civile, le président de la république a signé le 15 Avril 2020 ce décret portant libération des prisonniers, sans toutefois préciser le nombre exact.

Les détenus sont sortis en tenant en main leur document de levée d’écrou. Les familles venues de part et d’autres étaient à l’entrée de la prison, pour accueillir leur membre remis liberté. La majorité des désormais ex-prisonniers savent qu’ils sont libres grâce à l’acte présidentiel. Aussi, certains n’ont pas manqué d’exprimer leur gratitude au Chef de l’Etat. « Merci le roi Paul BIYA. Nous sommes avec toi. Nous te soutenons Longue vie encore », déclare un ex-détenu. Ces remis en liberté font partie des 770 ayant bénéficié du décret présidentiel. Les 162 restants obtiennent une réduction de leurs peines.

En effet, le pénitencier logé dans la ville de Douala, enregistrent 2485 détenus qui attendent d’être jugés. De ce fait, ils ne pouvaient pas bénéficier du décret de Paul Biya, étant donné que les prisonniers dont les condamnations n’ont pas encore été prononcées, ne peuvent bénéficier ni d’une commutation ni d’une remise de peines. D’après le régisseur de la prison centrale de Douala, 1088 condamnés définitifs avaient été enregistrés lors de la signature du décret présidentiel. A ce jour, seulement 480 restent définitivement condamnés. Le nombre total des détenus avant cette libération était de 3473. Et après ce léger désengorgement, il reste 2865 prisonniers à la prison de New-Bell où 2385 prévenus sont en attente de jugement.

D’Après les chiffres officiels, le Cameroun compte 91 prisons pour 31.000 détenus dont environ 70% de prévenus. Cependant, les victimes de l’opération épervier, les prisonniers politiques, ceux en détention préventive ne sont pas concernés par cette grâce présidentielle, qui a également exclu plusieurs prisonniers dont les motifs tournent autour des crimes économiques, atteinte à la sécurité de l’État, fausse monnaie, fraude douanières, torture, pédophilie, viol, etc. Les commutations et autres remises de peines varient entre 5 et 3 ans.

Rappelons que, la surpopulation carcérale, la promiscuité et la vétusté nourrissent la peur de la contagion chez les détenus comme chez leurs proches. Plusieurs prisonniers de la prison centrale de New-Bell sont déchargés de ce fardeau. Le tour de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, ainsi que d’autres prison est attendu. Qui seront les prochains chanceux ?

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