Le prototype d’universitaires qui tuent ce pays, c’est Mathias Éric Owona Nguini. Dans sa réponse d’hier, il se targue de maîtriser la politique, à grand renfort de termes séparatistes (en ce sens que ses mots illisibles créent la désunion entre l’auteur et le commun des mortels), qui déroutent le lecteur et qui m’indiffèrent, vu que je les maniais dans mon adolescente, dans mes élégantes virées, pour appâter les femelles.

MÉON, penser ou faire la politique, ce n’est pas choisir des idées fixes, les attacher sur sa langue et les balader à longueur de journée, pendant des années, comme ces boites de sardines remplies de sable que nous avions le loisir de trimbaler au bout d’une corde, quand nous n’étions que des gamins. Nous aimions alors à nous asseoir à même le sol, à nous rouler dans la poussière. Prenant dans la main de savoureuses mottes de boue, nous faisions bombance (nous mangions gloutonnement cette boue parfumée). Ça c’était avant, quand nous ne mesurions pas encore la portée de l’hygiène corporelle d’un individu, qui est, au moins, aussi exigeante que la bonne santé des institutions d’un État.

Vous n’avez pas connu cette apostrophe divine, cette époque où l’on fait corps avec soi-même, où l’on s’initie à la vie d’adulte. Vous n’avez connu que la satiété et le confort de la vieillesse. Croyant vous faire du bien, vos parents vous ont fait sauter certaines classes de la vie. C’est pourquoi vous n’avez que de vieilles idées. Maintenant, cette époque vous hante et le creux que son absence a laissé dans votre itinéraire psychosomatique vous rattrape. Vous êtes en pleine déroute.

Vous voulez réapprendre à devenir têtu. Mais c’est trop tard, mon cher, et ça vous rend ridicule.

C’est de ce type d’affections terrestres inoubliables, que vous avez juste lues dans les livres et dont vous rêvez, qui explique votre inclination en faveur de l’option militaire. Vous êtes jaloux de nos souvenirs ; ce sont ces moments suaves, que vous n’avez pas connus, qui vous hantent, à votre insu, que vous voulez tuer en chaque Camerounais. En fait, vous êtes friand d’aventures champêtres et croyez que la guerre est une excursion vespérale, un épandage forestier intraçable, impunissable, comme lorsque les Français rasaient les villages de l’Ouest et du Centre du Cameroun, avec « l’eau bénite » du napalm.

Revenons à votre idée d’État westphalien à défendre, coûte que coûte, et à son irréductibilité revendiquée. La première fois que vous aviez arrêté Maurice Kamto, nous vous avions dit que ce ne sont pas des méthodes policées, en démocratie. Vous aviez rétorqué que c’est la Loi de l’État westphalien : la souveraineté inaliénable, l’indépendance intarissable, la puissance indomptable, le Léviathan imperturbable ! Tout se passe comme si, dans votre tête d’arriviste, il suffit de vous critique sur votre gestion de la crise post-électorale, et vous classez l’interlocuteur parmi les « Kamtalians » ! Comme si critiquer le pouvoir et soutenir un citoyen victime des abus et excès de pouvoir, faisait d’office de vous un séditieux (celui qui veut la chute d’un régime). Heureusement, entre-temps, vous vous êtes peut-être amélioré.

 J’observe, avec étonnement, que, depuis quelques mois, Maurice Kamto est en résidence surveillée, entouré d’une garde prétorienne qui fait des envieux, comme moi, tout ceci aux frais du contribuable. Je sais que vous, personnellement, ainsi que d’autres parvenus de ton acabit, souhaiteraient le voir manger les souris à Kondengui. Au même moment, vous vous acharnez sur des marcheurs ordinaires, des no-name ; des pères et des épouses, pour certains, sont embastillés dans ce pénitencier lugubre, où les pilleurs de la fortune publique, haut placés, devaient normalement aller se faire bronzer, avant l’échafaud (où l’on exécute les condamnés à mort).

À votre corps défendant, vous réalisez que votre force est trop fragile ; que l’État n’a pas besoin de faire trop de bruits dans un contexte mondial surchauffé, au risque de susciter le tollé général dans la Communauté internationale, dont les conséquences, imprévisibles, vont parfois jusqu’à emporter les dictatures les plus féroces, plus impitoyables que le petit banditisme d’État que vous vous efforcez de théoriser, au moyen de votre bave infernale, pour justifier votre salaire de la honte.

Et pendant qu’on y est, si vous êtes rassasié, que n’allez-vous dormir un « coup », tout dodelinant, dans vos lauriers ? Ceux qui vous ont soûlé vous obligent-ils à jouer au soulaud (ce que vous appelez soulard) ? Si vous êtes sous l’effet d’une satiété de débauché, que ne renoncez-vous, volontairement, pour un temps, aux brigandages intellectuels et moraux où vous avez réussi vos classes ?

Dire qu’on a fait l’école, MÉON, c’est non seulement prouver qu’on se souvient de ce qu’on disait la veille, mais aussi mesurer la portée de ce que l’on a appris dans la vie de tous les jours.

Je comprends, en vous lisant, que vous aimez la guerre parce que vous êtes incapable de la faire. Vous êtes trop peureux pour soutenir les orchestrations entortillées d’une telle hécatombe (je veux dire que vous prendrez vos jambes engourdis à votre cou, si vous voyez un beau spectacle de millions de cadavres en décomposition. Vous êtes incapable de tenir devant le grand vertige. Votre goût du crime ressortit simplement au registre psychanalytique du refoulement.

Vous jouez au faucon parce que vous êtes intellectuellement bidon.

De grâce, arrêtez d’imaginer que vous êtes un universitaire. Vous êtes une catastrophe incarnée, c’est-à-dire un abîme de souffrances, de douleurs et de pleurs.

Dites-moi : de quel poids scientifique pesez-vous, densité cognitive et théorétique (capacité à manipuler les idées, dans sa tête, pour s’adapter dans le monde) qui vous autoriserait à engager tout un peuple dans une guerre superflue et budgétivore ?

Vos étranges revirements indiquent que vous n’avez que des postures molles ou des attitudes volcaniques. L’entre-deux vous échappe. Et vous dites que vous êtes le pape de la politologie, le Pic de la Mirandole camerounais (le citoyen d’Italie qui voulait rassembler tous les savoirs dans son cerveau dérisoire, qui invitait tous les savants du monde pour discuter de toutes choses que l’on peut connaître, de omni re scibili). Comme lui, mais avec moins de répondant, vous ambitionnez de défier, voire, de dépasser les Pouemi, les Mélone, les Fonlon, les Mongo Beti, les Hogbe Nlend, les Towa, les Kamto, les Luc Sindjoun, pour ne citer que ces quelques représentants de l’intelligentsia la plus prolifique de notre pays. Quelle prétention saugrenue !

Savez-vous que penser la politique, aménager le territoire, pour un dirigeant, un expert ou un conseiller dans la Cour d’Étoudi, il faut apprendre à s’exercer aux nuances, s’entraîner à démêler les situations complexes, en appréciant, dans chaque cas, quand il faut lâcher lest et laisser prospérer le dialogue, et lorsqu’il faut se montrer intraitable.

Détrompez-vous donc : je ne suis pas un pacifiste niais : j’aime les guerres qui neutralisent l’horreur et élèvent l’homme, comme la guerre contre le Boko Haram. Votre collègue, Henri Eyébé Ayissi vous renseignerait mieux sur moi, sur mes élans guerriers en tant que ressortissant de la Lékié obligé de communier avec la souffrance et les meurtrissures de mes frères et sœurs de l’Extrême-nord.

Souvenez-vous de l’Appel le dimanche 1er février 2015, l’« Appel citoyen de Monatélé », qui s’était fait chez moi, à Obala,  initié par le Ministre Henri Eyébé Ayissi, en vue d’un Effort de guerre patriotique et volontaire de tous, au profit des Forces Armées Nationales et des populations civiles victimes de la secte terroriste Boko Haram. En ce temps, nous étions tous avec le Président Paul Biya. Aujourd’hui, vous êtes seuls dans vos aventures qui ne profitent qu’à vous, alors que nous perdons des milliers de précieuses vies, des milliards de francs CFA, avec des millions de déplacés.  

MÉON, discuter implique l’analyse des faits, l’évaluer des idées, et non le ressassement des arguments spécieux ; débattre, ce n’est pas brandir la puissance illusoire des arguments d’autorité et de l’argument ad hominem (s’attaquer à ma personne, avec des mensonges, au lieu de discuter des questions de fond).

Ce dont je parle relève des questions politiques, dont vous prétendez être le spécialiste. Je vous mets au défi : organisons un débat télévisé, là-dessus, dans ces affaires qui relèvent de vos compétences académiques, de votre spécialité. Je vous battrai, à plate couture.

En attendant, vous devez vous taire pour, enfin, et écouter la voix meurtrie de votre conscience, qui sommeille désormais sous le poids de vos dénégations et de vos détestables compromissions. Elle se contente de faire le rêve de mes discours cathartiques.

Le rôle du philosophe, c’est de faire réfléchir les citoyens, pour les sauver du confort abrutissant où leurs niaiseries personnelles et les balivernes des faux universitaires, comme toi, les ont plongés.

Cette guerre au NOSO est une situation explosive qu’on entretient depuis les années 70, sous Ahidjo. On l’a juste complexifiée ; on a amplifié les injustices et les abus pour mieux féconder les rancœurs et radicaliser les manifestants. Maintenant, des monstres sont nés et on demande au peuple de s’en occuper, d’aboyer : « Au secours, chiens enragés en vue ! ».

Biya, qui connaît les ressorts des revendications que ces populations formulent depuis fort longtemps, lui qui sait ce qu’il y a lieu de faire là-bas, tourne autour du pot. Le peuple y revendique les libertés. Les faucons du pouvoir, eux, sont friands du silence qu’ils imposent à leur expression. Ils redoutent de perdre des ressources, car ils croient, à raison ou à tort, que ces ressources leur échapperaient dans le tintamarre des revendications identitaires. Ils laissent faire, mieux, ils poussent au radicalisme.

Or, il faut précisément donner beaucoup de libertés à nos peuples. Ceux du Nord-ouest et du Sud-ouest ont fait l’expérience de l’indirect rule. On espère, en secret, que le vouloir des « Bamenda » va se ramollir ; qu’ils vont se franciser, comme par un miracle. Il n’y a qu’une seule solution à cette guerre : mettre fin à votre emprise maudite sur les respirations de la nation, en libérant le quotidien et l’avenir d’un peuple qui n’en peut plus. Vous savez ce qu’il y a lieu de faire : rationnaliser vos appétits méphistophéliques (diaboliques).

Votre régime va se mettre au régime ou bien il va exploser.

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