Le Ministre des Arts et de la Culture (MINAC), Narcisse Mouelle Kombi ne tarit pas d’éloges à l’endroit de l’illustre sexaphoniste au lendemain de sa disparition brutale.

Le succès planétaire de son célèbre Soul Makossa était étroitement lié à la 8ème Coupe d’Afrique des Nations Cameroun 1972 dont Manu Dibango avait composé l’hymne aux sonorités inoubliables. Nous pensions à lui pour l’animation des cérémonies d’ouverture ou de clôture du CHAN 2020 ou de la CAN 2021. Le destin en a disposé autrement.

Alors Ministre des Arts et de la Culture, je l’avais élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre de la Valeur, au nom du Président de la République, S.E. Paul Biya lors du FENAC 2016.

J’ai eu le privilège de le connaître personnellement. Il m’a fait l’honneur de sa ‘‘paternelle’’ amitié. A la fin des années 1980, étudiant à Paris et collaborant comme journaliste free-lance dans les magazines panafricains Bingo et Amina du regretté Michel de Breteuil, c’est avec plaisir que je l’avais souvent côtoyé dans le bouillonnant univers culturel franco-black de l’époque. Il était le meilleur parmi les meilleurs, le plus grand parmi les grands, l’étoile la plus brillante de la galaxie dans le domaine musical, qu’il a marqué de l’excellence de son génie et de la magnificence de ses œuvres.

Le grand Manu était un monument vivant au sens le plus noble du terme. Manu Dibango, authentique rejeton de Yabassi dans le Nkam, digne fils Sawa, grand amoureux de sa patrie, le Cameroun, était un phare qui faisait briller aussi le continent africain par-delà les mers et les océans. L’humilité, la courtoisie, la bienveillance et la sagesse étaient des traits de caractère remarquables chez cet homme dont l’envergure et la stature, la renommée et la notoriété étaient extraordinaires.

Son rire était d’un éclat légendaire, sa bonne humeur délicieusement communicative. Ses chansons étaient en général des pièces d’anthologie dont se dégageaient une philosophie de la vie, une célébration de l’amour, une exaltation des valeurs de paix, de tolérance et d’humanisme. Dans ce sens réécoutons par exemple Woa / Ongele Mba ; Africa ; Sango Yesu Christo. Dans Bana ba Cameroun, il dessine les fresques d’un vivre-ensemble joyeux et harmonieux entre les fils et les filles du Cameroun, réconciliés dans le champ de la fraternité et de l’unité.

L’évocation du répertoire de plus de 60 ans d’une dense et intense, trépidante et exaltante carrière musicale ne peut être exhaustive. La dernière fois où nous nous rencontrâmes à Paris, en compagnie de mon frère et ami Jacky Toto, Manu DIBANGO, à 85 ans passés, évoquait encore de nombreux projets artistico culturels qu’il souhaitait réaliser.

La belle trace lumineuse qu’il laisse dans le monde de la création et de la production artistiques est indélébile. Sa contribution au rayonnement international du label Cameroun est immense. Il ne s’est pas éteint, il s’est éclipsé. Il n’est pas mort, il s’en est allé voguer sur l’océan des icônes immortelles ; car le génie est transtemporel et trans-spatial.

Telle une flamme vivace et précieuse, il continuera à réchauffer nos esprits de ses belles mélodies. Nos mémoires demeureront riches des trésors de son héritage. Il vivra longtemps dans nos cœurs. Acta est fabula. Ars longa, vita brevis.

Tete N’DJOKE DIBANGO wumse na mussango.

PR. NARCISSE MOUELLE KOMBI

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