Félix Roland Moumié avait quitté à Genève le 3 novembre 1960 l’enfer terrestre des suites d’un empoisonnement à la fleur de l’âge alors qu’il n’avait que 35 ans

Médecin renommé et homme politique redouté, Felix-Roland Moumié a été l’une des figures majeures de la lutte pour l’indépendance du Cameroun alors sous tutelle française. Il a été également l’un des principaux acteurs des mouvements nationalistes de résistance en Afrique.

Au moment où de nombreux Camerounais demandent des comptes à l’ancienne puissance coloniale, les autorités françaises, notamment celles de la Mairie de Montpellier, ont baptisé en novembre 2016 une rue de leur ville au nom de Félix-Roland Moumié en reconnaissance de son combat ! Une véritable interpellation pour notre conscience, car ni chez ses pères à Foumban ni ailleurs au Cameroun, il n’existe aucun nom de baptême de lieu en son nom !

Nous tenons à dire merci à la Fondation MOUMIE, tous les Camerounais de la diaspora, tous les combattants de la liberté au Cameroun, qui depuis de longues années, sont engagés sur ce chantier !

Bien avant la Rue Félix Roland Moumié à Montpellier, il eut le Lycée Félix Roland Moumié à N’zérékoré ville situé à 950 km de Conakry la capitale politique de la Guinée

Il faudra souligner que le 3 novembre 1960, l’indépendantiste camerounais Félix Moumié est mort empoisonné à Genève.

Il avait été empoisonné à la mort-aux-rats lors d’un repas pris quelques jours plus tôt au Plat d’Argent, un restaurant de la Vieille-Ville aujourd’hui disparu.

Un gramme de thallium avait été versé dans son pastis. Cette affaire resurgit dans le cadre d’une enquête menée par le journaliste valaisan Frank Garbely.

Comme d’autres indépendantistes africains, Félix Moumié était traqué par les services secrets français. Il était venu en Suisse en 1960 pour y rencontrer des diplomates chinois et est-allemands et se procurer du matériel et des armes pour sa guérilla.

Le repas fatal avait été organisé à l’initiative d’un pseudo-journaliste qu’un ancien dirigeant des services secrets français décrit dans le film comme un “réserviste des services spéciaux français”. William Bechtel – c’est le nom de cet homme aujourd’hui décédé – ne fut pas inquiété à l’époque, alors même que la police fédérale suisse avait conseillé à la police genevoise de surveiller ses activités. Elle disposait de documents démontrant qu’il avait pour mission de filer les gens qui soutenaient les indépendantistes africains. Il fut néanmoins arrêté quatorze ans plus tard. Des traces de thallium furent trouvées chez lui, mais l’enquête déboucha sur un non-lieu de la Chambre d’accusation en 1980. »

Félix Roland Moumié a été officiellement proclamé héros national par la loi du 16 janvier 1991 de l’Assemblée nationale du Cameroun.

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