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Un lieu de recueillement aménagé là où un policier a abattu le jeune chauffeur dans des conditions demeurées troubles.

L’atmosphère est lourde au marché Mokolo ce jeudi, 21 janvier, un peu plus de 24h après qu’un fonctionnaire de police a tué par balle, au lieu-dit « Ancienne gare routière », le nommé Jean Zoa Alima, chauffeur de moto-taxi. L’accès au commissariat du 2e arrondissement, où est en service le présumé meurtrier, reste fermé bien que ses collègues policiers aient soigneusement quadrillé les alentours de l’unité de police. Les véhicules ne sont pas autorisés à circuler entre les lieux-dits « Niki-Mokolo » et « Feux-Mokolo ».

Des éléments de la police y font des va-etvient. A l’intérieur du marché, les commerçants ont repris leurs activités, mais le drame survenu la veille alimente encore les commentaires. Sur leurs lieux de stationnement habituels, à partir de l’aile gauche du supermarché Niki, des motos-taxis sont présents, à l’affût des clients. A l’ancienne gare routière, un regroupement de personnes perturbe la circulation.

La présence d’un policier pour régler la circulation n’y change rien. Dans une rigole, à l’entrée de ladite gare, se trouve une photo du défunt, accrochée sur un piquet en bambou de Chine. Autour de celle-ci, des cartons sont visibles, sur lesquels : « Zao, tes collègues te pleurent ; que justice soit rendue ; nous voulons la justice ». Un chapeau complète le décor. Il appartiendrait au défunt, selon Cyrille N., cousin de la victime. Sur la chaussée, des traces de sang sont encore visibles. Les visages sont crispés. Et dans cette ambiance de tristesse, les commentaires vont bon train. Toutes les personnes présentes ou qui passent rendent à la victime un ultime hommage. L’espace a été transformé en lieu de recueillement.

Résidant au quartier Oyomabang, non loin du lieu-dit « Carrefour Tsimi », du nom de l’ex-délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, Jean Zoa Alima qui était jusque-là l’aîné d’une fratrie de trois, dont deux garçons et une fille, laisse toute sa famille dans la peine. L’un de ses cadets, joint au téléphone, était en route pour le village « Louma”, dans l’arrondissement d’Okola, département de la Lekié, dont ils sont originaires. Accompagné de leur mère, veuve depuis quelques années déjà, ils s’y rendent pour caser les effets du disparu, déménagés quelques heures plus tôt par leurs soins. Néanmoins, le cadet de la famille Zoa promet de revenir vers le reporter de Mutations pour plus d’informations.

Accrochage

Jean Zoa Alima est décédé dans la soirée de mardi dernier, après avoir reçu une balle à la tête, tirée par un officier qui ne serait autre que le chef du poste de police situé au lieudit « Ancienne gare routière ». Selon plusieurs témoignages, « tout est parti d’une rixe verbale entre le mis en cause et une vendeuse de nourriture dans l’enceinte de cette gare routière. Alors que ce dernier s’apprêtait à regagner son domicile, il aperçoit la dame qui s’apprêtait également à quitter les lieux. Comme à son habitude, il va demander à cette dernière de libérer les lieux sur un ton autoritaire. Ce qui n’a pas plu à la dame qui lui a opposé une fin de non-recevoir. Des échanges verbaux ont suivi. Une troisième personne débarque. C’est un chauffeur de moto-taxi qui a ses habitudes chez la commerçante.

En voulant s’interposer entre les deux personnes décidées à en découdre, l’officier de police s’en est pris au chauffeur. Un acte qui a laissé place à un affrontement physique entre les deux hommes. Visiblement en difficulté, le fonctionnaire de police, en civil au moment du drame, s’est empressé de sortir son arme et dégainer une balle sur la tête de son vis-à-vis. Alors que le moto-taximan gît au sol, la foule présente se jette sur le porteur d’arme qui, visiblement s’apprêtait à dégainer pour une seconde fois. Son action a été stoppée par un coup de latte qui l’a laissé inconscient », raconte une commerçante, en larmes.

Dans les heures qui ont suivi, une forte escouade de gendarmes est intervenue pour calmer la foule. L’officier de police est conduit aux urgences suivi d’une foule qui ne décolère pas. Des heures plus tard, la rumeur donne le policier pour mort. « Nous imaginons que ça a été fait pour calmer les populations en colère, car, il est vivant et son pronostic vital semble engagé », ajoute un vendeur à la sauvette. Mercredi, une cohorte de chauffeurs de motos-taxis a exprimé son courroux dans les artères du marché. Ils portaient des pancartes sur lesquelles il était inscrits des messages tels : « Policiers, tueurs ; Cameroun, non à la violence des policiers sur la population ; nous voulons la justice ».

La riposte des forces de l’ordre ne s’est pas faite attendre. Refoulés par les éléments du Groupement polyvalent de la gendarmerie nationale (Gpign), ces derniers ont replié au lieu-dit « Entrée cité-verte ». Ils y ont érigé des barricades et interrompu la circulation, avant d’être délogés par les forces du maintien de l’ordre. Au moment où nous mettions sous presse, aucune communication officielle n’avait encore été faite sur ce drame.

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Florelle Sateu

editor