Dans une réflexion, la militante du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) soutient que le peuple est représenté par des individus à la solde d’une organisation criminelle, dont ils jouissent en premier des avantages, avant les intérêts de la nation.

L’intégralité de la réflexion
« Il est évident que dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, des véhicules de fonction au même titre que ceux fournis par l’OMS, sont plus prioritaires que la vie et l’assistance aux populations. Du moins c’est ce que semble soutenir le gouvernement illégitime, par ce nouvel affront au peuple, en mettant au centre des préoccupations des besoins subsidiaires en période de crise. Alors qu’on déplorait récemment des problèmes de relance de l’économie, et qu’une politique de restrictions budgétaires s’imposait pour faire face à la pandémie, il est dramatique de réaliser où ce régime oriente les investissements publics.

Pour reprendre une expression très chère à nos représentants, au moindre constat d’infraction sociale (manifestations et autres revendications) ou d’opposition au bon sens institutionnel, nous pouvons qualifier cet acte de tentative d’hostilité à la patrie. En effet, il est inadmissible que la situation soit autant minimisée, au point de croire que suite à la levée de certaines limitations annoncées par le premier ministre il y a quelques semaines, pour compenser les pertes économiques, tout type de décaissement soit de nouveau autorisé, de plus en défaveur de l’intérêt public. Il va sans dire que cela va à l’encontre du devoir de responsabilité qui s’impose à nous.

Au regard du budget alloué pour des véhicules, nous en déduisons que la vie des citoyens est deux fois moins importante que le confort de notre classe politique. Pendant qu’on assiste à une croissance vertigineuse du nombre de cas, une difficulté de plus en plus accrue à riposter sur le plan médical, et la répression de certaines initiatives humanitaires pour motif d’action solidaire illégale, ce financement prouve bien qu’il serait possible d’investir beaucoup plus dans les stratégies de soulagement du malaise sanitaire que nous traversons.

Il y a sans aucun doute une corrélation entre les mesures d’assouplissement qui favorisaient les rassemblements dans les espaces de loisirs et la promiscuité dans les transports en commun, avec l’augmentation des victimes du coronavirus. Cette première décision, constituait déjà une mise en danger volontaire et consciencieuse de la vie de la population. À cela s’ajoute l’indifférence au contrôle du respect des gestes barrières, qui sont désormais négligés, comme si le quotidien avait repris le cours normal que nous avions avant la pandémie.

Ce manque de considération, aussi bien institutionnelle que civile prouve que nos autorités sous-estiment la COVID-19 telle une maladie bénigne, induisant ainsi en erreur les citoyens. De plus qu’il avait été dit dans le communiqué attribué aux directives de Monsieur Biya, je cite : « le taux de mortalité des suites de ce virus demeure faible, lorsqu’on le compare au nombre de patients testés positifs ». Affirmation consternante, qui ne témoigne pas de la propagation réelle de l’épidémie sur notre territoire.

Comment des actionnaires élus au conseil d’administration d’une entreprise peuvent-ils admettre de s’octroyer des privilèges, pendant que leurs employés sont marginalisés ? Cette analogie renvoie au questionnement qu’on pourrait soulever au sujet des députés qui acceptent cette dotation, car la politique au Cameroun s’assimile beaucoup plus au clientélisme, qu’à une idéologie qui prône la démocratie et la justice sociale. Nous sommes représentés par des individus à la solde d’une organisation criminelle, dont ils jouissent en premier des avantages, avant les intérêts de la nation.

Nous avons été habitués à l’extravagance et l’arrogance de bon nombre de détournements de fonds publics, pour s’étonner encore de tels agissements. D’où l’absence d’indignation de nos chers députés, qui ont pris cette décision comme un simple luxe, relatif à leurs fonctions. Nous espérons bien qu’ils se fassent entendre, lorsqu’ils se sentiront concernés, par le sort des millions de vies, dont ils se chargeront d’édicter des lois. Une réaction conciliante aurait été de protester, ou d’émettre un avis restrictif au sujet des besoins réels de l’Assemblée Nationale, pour mieux allouer des fonds aux nécessités, qu’au superflu.

Ainsi, l’on aurait pu éviter des dépenses abusives, qui pourraient être utilisées au profit de l’aménagement du plateau technique et des équipements des hôpitaux, les primes au personnel de santé qui sont en première ligne de défense, l’achat de traitements et de kits de protection, la subvention des frais d’examen des personnes qui présentent des symptômes de la COVID-19. Nous retiendrons une fois de plus que nos élus sont très distants des réalités et tourments de leurs électeurs, plus soucieux de suivre le système qui garantit leur carrière, plutôt que de s’y opposer ».

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