Selon Human Rigths Watch (HRW) « Les forces gouvernementales et des membres de l’ethnie peule ont tué au moins 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte (…) dans des conditions horribles ». Une révélation qui remet en cause le démenti du Ministère de la défense.

La lumière vient de faire face sur le massacre d’une vingtaine de personnes à Ngarbuh dans la région du Nord-Ouest Cameroun. Dans un rapport publié le 26 Février 2020 par l’Organisation Non Gouvernementale Human Rigths Watch, les forces gouvernementales sont aussi impliquées dans le massacre de plus de 20 civils, qui a eu lieu le 14 Février 2020 dans la partie anglophone en proie à l’insécurité depuis environ 4 ans.

Pour l’ONG qui cite des témoignages, les meurtres ont été commis par 10 à 15 « militaires du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise, et au moins 30 Peuls armés ». « Ils ont incendié cinq maisons, pillé de nombreux autres biens et passé à tabac des habitants. Les cadavres de certaines des victimes ont été retrouvés carbonisés dans leurs maisons », assure HRW dans un rapport, se référant aussi à des images satellite.

Pourtant, l’armée camerounais n’y était pour rien, selon le Ministère de la défense qui assurait qu’il s’agissait des conséquences d’un « malheureux accident, (…) Plusieurs contenants de carburant, suivie d’un violent incendie qui a affecté quelques habitations voisines ». Selon le gouvernement seulement 5 civils dont 4 enfants ont perdu la vie dans cet accident. Une sortie qui encourage HRW à exiger une enquête indépendante, afin que les coupables soient punis.  « Les meurtres de civils, y compris d’enfants, commis dans des conditions horribles, sont des crimes odieux qui devraient faire l’objet d’enquêtes effectives et indépendantes et leurs responsables devraient être traduits en justice », avait déclaré Ilaria ALLEGROZZI, chercheuse senior sur l’Afrique à Human Rights Watch.

La dirigeante de cette institution pour l’Afrique n’avait pas caché son mécontentement face au démenti du gouvernement. « Nier que ces crimes aient été commis ajoute encore au traumatisme subi par les survivants et ne fera qu’encourager les troupes gouvernementales à commettre d’autres atrocités ». Pendant la nouvelle enquête, l’ONG a conversé avec les civils, surtout les témoins de la tragédie. Un homme de 32 ans, qui a assisté au meurtre de toute sa famille, dont sept enfants, a déclaré : « J’ai entendu des coups de feu et je me suis immédiatement enfui pour me cacher à côté de chez moi. De là, j’ai vu les militaires abattre tous les membres de ma famille un par un alors qu’ils tentaient de s’enfuir. Ils ont d’abord tué notre mère. Puis ils ont tué les enfants, dont les corps tombaient sur elle. Puis ils ont incendié ma maison. »

Pour Human Rights Watch, ce n’est pas la première fois que les autorités camerounaises nient l’implication des forces de défenses dans le meurtre des civils. En 2018, une enquête menée par Amnesty International et des journalistes d’investigation a montré que des militaires camerounais apparaissant sur une vidéo, avaient commis les exécutions extrajudiciaires de deux femmes et de deux enfants dans la région de Extrême Nord du pays (agitée par les terroristes). Le Ministre de la Communication avait tout d’abord rejeté la séquence vidéo comme étant « de la fausse information. » Toutefois, sept militaires ont par la suite été arrêtés. Avec les preuves récoltées par l’organisation, les hommes armés responsables du massacre de Ngarbuh n’échapperont peut-être pas à la justice. Pour l’instant, les uns et les autres attendent les issues que le gouvernement mettra sur pied pour sortir de l’impasse.

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