20 autres prévenus c´est ce qui ressort de la décision du juge de la Cour d´appel qui a déclaré irrecevables les 22 requêtes en appel au terme de la procédure d´habeas corpus hier 12 janvier 2021.

Le Pr Alain Fogue, le trésorier national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Olivier Bibou Nissack, le porte-parole du Président du Mrc Maurice Kamto, ainsi que 20 autres militants du Mrc, restent encore en prison. Ainsi en a décidé la cour, statuant comme viceprésident de la Cour d´Appel juge d´habeas corpus hier 12 janvier 2021. Le juge qui a été saisi, a déclaré irrecevables les 22 requêtes en appel, dont il avait la charge de connaître. Il estime que les requêtes étaient mal dirigées, pour avoir été adressées à monsieur le président de la chambre de contrôle de l´instruction comme indiqué dans l´article 274. Selon lui a-t-il déclaré à chacun des requérants, « vous avez saisi le président de la chambre de contrôle, au lieu de saisir le président de la Cour d´Appel statuant comme juge d´Habeas corpus. 

Une décision que réfute la défense, cette lecture qui ne repose pas sur un texte quelconque. « Si ce n´est pas lui qui rend la décision en tant que juge d´habeas corpus comme il l´a si bien dit, qui d´autre le fera. Nous serons solidaires de la violation des deux textes qui régissent le recours en appel. C´est un cas patent de refus de juger, justement parce que ce n´est pas le code de procédure pénale qui est appliqué ou qui est entré en application », précise Me Hyppolyte Meli. Pour certains observateurs, cette décision est juste un alibi, basé sur du pur juridisme qui n´est pas une surprise. « Même si on saisissait n´importe quelle juridiction, on allait toujours trouver une pichenette pour se dérober et accomplir ce déni de justice, surtout dans les procès politiques comme celui-là. Rien de surprenant dans ce type de décision », indique Felix T. 

Alain Fogue et Olivier Bibou Nissack avaient été déférés à la prison centrale de kondengui depuis le 3 novembre 2020, rejoignant plusieurs autres militants placés sous mandat de dépôt quelques jours auparavant. Ils avaient été inculpés pour tentative de rébellion, révolution, attroupement aggravé et défaut de carte nationale d´identités. Le juge d’instruction du tribunal militaire de Yaoundé, Bias Joël Albert, a confirmé l’information judiciaire ouverte à l’endroit de ces militants de l’opposition. 

D´où leur mise en détention provisoire de six mois. Interpellés, ils avaient été placés en garde à vue dans les cellules du secrétariat d’État de la défense (SED) le 22 septembre 2020 pour certains et dans les commissariats pour d´autres. Date à laquelle le Mrc avait organisé une manifestation pacifique pour demander le départ du président Paul Biya,. Ils critiquaient notamment son incapacité à mettre fin à la crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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