La position de l’organisation non gouvernementale est contenue dans un communiqué publié le mercredi 23 septembre 2020, un jour après les manifestations anti-biya.

Après les marches du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et ses alliés, Reporters sans frontières (RSF) dénonce les méthodes brutales de la police pour empêcher les journalistes de couvrir une manifestation. « Le correspondant de Radio France Internationale a été violemment battu et le matériel de plusieurs journalistes a été saisi en marge d’une manifestation de l’opposition interdite par le pouvoir. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ces violences policières et demande aux autorités de sanctionner leurs auteurs », peut-on lire dans le communiqué.

« Polycarpe Essomba était en route pour l’hôpital lorsque RSF l’a contacté ce mercredi 23 septembre. Le correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Cameroun, a précisé avoir eu “mal à tête toute la nuit” et avoir des “douleurs au pied” après avoir été violemment agressé hier en marge de la manifestation organisée par l’opposition et interdite par les autorités. Alors que le journaliste s’était retiré dans un petit commerce pour préparer son intervention en direct à la radio prévue à la mi-journée, plusieurs policiers l’ont interpellé. Le reporter a reçu un violent coup sur la nuque. Son matériel a été fouillé et saisi. Les policiers l’ont emmené dans plusieurs commissariats avant de lui restituer ses effets personnels en fin de journée », poursuit le communiqué de RSF.

L’organisation non gouvernementale, signale aussi que plusieurs journalistes ont également été empêchés de travailler. « Le correspondant de l’AFP Reinnier Kaze qui se trouvait au même endroit que le journaliste de RFI a lui aussi été arrêté et son matériel saisi. Rodrigue Ngassi, cameraman à Équinoxe TV, a également été agressé par la police comme en témoigne les images de sa caméra où il apparaît avec les vêtements déchirés et plusieurs hématomes après son arrestation. Lindovi Ndjio, journaliste au quotidien la Nouvelle Expression a été arrêté et William Omer Tchuisseu, journaliste à La Voix du Centre, a dû quitter les lieux de la manifestation pour ne pas subir le même sort que leurs confrères ».

L’ONG qui milite pour les droits des journalistes dans le monde, informe par ailleurs que les principales villes camerounaises étaient quadrillées depuis plusieurs jours, y compris par des blindés, les responsables politiques de l’opposition ont été empêchés de sortir de chez eux et les journalistes de couvrir cette manifestation. Pour Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF, le Cameroun est habitué de ce genre de pratique.

« Les journalistes sont fréquemment associés à des protagonistes de l’instabilité quand bien même ils tentent de faire leur métier en témoignant fidèlement des événements auxquels ils assistent. Ces reporters n’ont pourtant commis aucune infraction et les agissements des forces de sécurité n’avaient rien à voir avec le maintien de l’ordre. Les méthodes brutales utilisées ne visent qu’à intimider les journalistes et à censurer une actualité qui dérange les autorités. Les auteurs de ces faits doivent être sanctionnés », conclut l’ONG.

Sources: Actu Cameroun

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