Le communiqué du groupe Pfizer révélant les performances de son vaccin anti-Covid proclamé fiable à 90%, avait fait basculer les places boursières du monde entier dans une frénésie spéculative.

A Wall Street, le Dow Jones avait ainsi bondi de 4,37 % après avoir inscrit un record à 29.9933 points. Le Nasdaq Composite prenait 0,72%. Au même moment le CAC 40 clôturait à 5336 points, +7,57 %. C’était la huitième plus forte hausse de l’histoire de la place boursière parisienne.

Aussitôt on apprenait dans l’euphorie boursière que les deux dirigeants les plus importants de Pfizer s’étaient livrés à la vente d’un très gros volume d’actions le jour même de l’annonce : plus de 5 millions de dollars pour le PDG Albert Bourla, et 1,8 millions de dollars pour la vice-présidente Sally Susman. Cette vente d’action était prévue avant le communiqué de l’entreprise qu’ils dirigent.

Faut-il conclure que ces deux hauts dirigeants sont coupables de ce qu’on appelle dans l’univers des marchés financiers, un délit d’initié ? C’est-à-dire l’utilisation d’informations privilégiées, ignorées par les autres investisseurs, dans le but de faire des gains financiers.

Si on s’en tient à la position de la firme pharmaceutique, cette opération n’a rien d’illégale. Elle était prévue, selon des règles permettant aux dirigeants d’entreprises de procéder à l’achat ou à la vente de titres en fonction de critères prédéterminés, à une date ou à un prix précis, pour éviter justement tout soupçon de délit d’initié. Rien d’illégale peut-être mais indécente en période de pandémie.

Un porte-parole de Pfizer a tenté sur CNN d’expliquer que ces ventes d’actions étaient programmées dans le cadre d’une politique de désengagement progressif mis en place en 2019 par les deux dirigeants à titre personnel.

Du côté des analystes, l’action est légalement discutable. En clair on soupçonne ces deux dirigeants de n’avoir pas joué selon les mêmes règles que les autres investisseurs en profitant d’informations donc ils sont les seuls à avoir.

Pour Sanjai Bhagat, professeur spécialisé dans la gouvernance des entreprises à l’université du Colorado, les patrons ne devraient simplement pas pouvoir vendre d’actions tant qu’ils sont en poste, voire jusqu’à un à deux ans après leur départ.

L’histoire du groupe pharmaceutique Pfizer n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est jalonnée d’incidents retentissants.

Le monde de l’industrie pharmaceutique a été au milieu des années 90 secoué par une affaire rocambolesque qui ne cesse d’alimenter jusqu’à nos jours le conspirationnisme bon marché. Pfizer avait été accusé notamment d’avoir pratiqué en 1996, à travers une action dite humanitaire dans le contexte d’une épidémie de méningite et de rougeole, des essais d’un médicament, le Trovan Floxacin, dans l’Etat de Kano au Nigéria et ce sans avoir reçu l’autorisation des instances régulatrices du pays. Plus 200 enfants à qui ont avaient donné les médicaments de Pfizer ont ensuite souffert de diverses affections, notamment de surdité, de paralysie, de troubles de la parole, de lésions cérébrales ou de cécité. Onze enfants seraient décédés. Les autorités de Kano avait intenté, un procès à Pfizer devant la Haute Cour de l’Etat, réclamant 2,75 milliards de dollars (2,03 milliards d’euros) d’indemnités à la société pharmaceutique pour avoir “secrètement utilisé des enfants comme cobayes dans les tests d’un médicament sous le prétexte d’apporter une aide humanitaire”. Le procureur général de l’Etat de Kano, Aliyu Umar, avait formulé contre le laboratoire 29 chefs d’accusation dont “comportement anti-éthique, comportement délictueux, complot, dissimulation et mort de victimes innocentes”.

Le vaccin anti-Covid de Pfizer mérite-t-il le concert de Louanges dont il a été l’objet dans les médias mainstream ? Le grand public a été informé par communiqué de presse par le groupe Pfizer lui-même, et non par une instance indépendante. Nos réserves commencent à ce niveau. La bonne pratique veut que l’information vienne d’une publication scientifique révisée par les pairs. Selon le microbiologiste-infectiologue Alex Carignan, également chercheur à l’Université de Sherbrooke, c’est là une « fâcheuse habitude » qu’ont prise les compagnies pharmaceutiques que de parler par la voie de leur équipe de communication. « Le diable est dans les détails », écrit-il sur Twitter

Le délai de mise sur pied d’un vaccin n’est jamais inférieur à 5 ans. Or le vaccin de Pfizer n’a nécessité que quelques mois de fabrication et d’expérimentation. Remplit-il toutes les conditions de fiabilité ? mérite-t-il la confiance ? Le risque nous paraît d’autant plus élevé que le procédé dit ARN utilisé dans la production de ce vaccin n’avait jamais été utilisé sur l’homme. Il n’existait qu’à usage vétérinaire.

On a aussi reproché au communiqué de Pfizer d’être silencieux sur plusieurs choses. Il a été relevé qu’il ne disait rien sur la durée de protection et l’innocuité du vaccin. (l’absence d’effets secondaires, ndlr), d’après le Pr Gaudin. “Cela ne permet pas de constater à ce stade s’il va y avoir une réponse de longue durée, ni si l’innocuité est garantie”, avance le chercheur. “Il peut y avoir des complications, des déclenchements de maladies auto-immunes et ce n’est pas un mois et demi après la vaccination qu’on peut le savoir. C’est d’ailleurs pour cette raison que les phases 3 sont longues, elles durent d’habitude entre 3 et 5 ans.”

Après la troisième phase vient le processus d’homologation. L’administration américaine des médicaments Full and Drug Administration (FDA) devra vérifier si le vaccin remplit trois critères : l’efficacité, l’absence de risques secondaires, ainsi que la capacité de production à grande échelle.

Les résultats des phases 1 et 2 de l’essai clinique sont déjà en cours d’évaluation par des autorités de contrôle et les résultats de la phase 3 devraient arriver fin novembre, deux mois après l’administration de la deuxième dose aux premiers patients.

A partir de ce moment, la procédure d’autorisation démarrera et devra durer quelques semaines. Or une suspicion plane déjà sur la FDA.

Pfizer a recruté il n’y a pas longtemps l’ex-patron de l’agence américaine du médicament, pour se préparer vraisemblablement à l’inféodation de l’agence qui autorise la mise sur le marché d’un médicament. Nous sommes là devant un conflit d’intérêt flagrant.

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