Il faudrait qu’on verse quelle quantité de sang dans ce pays pour qu’enfin ceux qui nous gouvernent comprennent qu’on s’est trompé de chemin ?

Les enfants innocents tombent comme ça jusqu’à le chef entend même ?

Qu’est ce qu’il faudrait qu’on fasse pour qu’enfin le chef parle à son peuple et descend lui-même au chevet de ce peuple meurtri et désespéré qui se sent de plus en plus orphelin !!

Qui me dira un jour ce qui se passe là-dedans à la chefferie si bien que le” gouong” se brûle comme ça, ce ne sont que les notables et les serviteurs qui parlent on n’entend pas la voix du chef ?

L’horreur que vient de connaître notre pays avec le carnage des jeunes innocents a Kumba est inacceptable et doit interpeller tout camerounais qui a encore sa tête avec lui. Nous venons là de taper jusqu’à percer le tamtam et chacun doit se sentir concerné car si ça n’arrive pas chez toi aujourd’hui sache que ça a juste sauté de jour .Kumba nous fait comprendre qu’en réalité il n’y a plus de sacré ni d’interdit dans ce pays, que des mauvais enfants habités par un esprit diabolique peuvent se donner du plaisir à ôter la vie à de jeunes innocents, qu’on n’a plus peur de rien, qu’on ne respecte même plus la vie, et tous, nous devons nous lever comme le deuil porte quelqu’un, condamner sans complaisance de tels actes et frotter les pieds de ces mauvais enfants pour que plus jamais cela n’arrive encore dans notre pays.

Dès que nous avons fini d’enterrer vivant ces assassins, nous revenons à la raison car nous n’allons pas pleurer et rester dans la cour et il faudrait également qu’en plaidant la cause du voleur nous plaidions aussi pour le vampire. Posons-nous les vraies questions qu’on évite et dont de nombreux camerounais payent le prix chaque jour. Il faut parfois fondre l’huile sur le soleil pour le bien de tous et de chacun. Comment en sommes nous arriver a un tel niveau de violence et de barbarie ? Pourquoi les camerounais sont-ils devenus si méchants les uns envers les autres ? Le Cameroun d’aujourd’hui est-il encore le même que nous avons vécu hier ? Qui peut lécher la terre et dire que ses mains sont propres sur ce que notre pays traverse actuellement ? Jusqu’a quand allons-nous continuer à couvrir la pierre avec de la terre et éviter les vrais problèmes qui minent ce pays ? Que chacun se demande quelle est sa part de responsabilité dans cette affaire.

Poser clairement les problèmes qui divisent les camerounais n’est nullement verser de l’huile sur le feu mais c’est accepter d’ouvrir courageusement les plaies puantes qui sortent le sommeil de nos yeux, de les nettoyer à fond, de verser les remèdes appropriés afin que le sommeil rentre de nouveau dans nos yeux.

Ces jeunes innocents de Kumba ne doivent pas mourir pour rien, que leur sang versé sur la terre de nos ancêtres soit le fumier pour un retour de la paix dans ce pays ainsi que pour une réconciliation entre les enfants de ce pays.

Je pense qu’il est plus qu’urgent que les camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest au-delà de leurs appartenances politiques et religieuses se parlent, se pardonnent, se réconcilient pour l’intérêt de ce pays car tous nous partirons mais le Cameroun restera. Que voulez-vous que l’histoire retienne de vous ? Avec quel genre d’encre vous voulez écrire votre histoire ?

Le Cameroun va mal, on n’a pas besoin d’être un opposant au régime pour le dire, le dire ainsi ce n’est pas être contre mon pays ni avoir de la haine pour qui que ce soit. Tout au contraire ceux qui à longueur de journée tentent de justifier l’injustifiable volent comme ça les légumes sur leur propre couscous, ils sont à la limite méchants et l’histoire ne leur pardonnera pas. Quand c’est bon on n’a pas besoin de te dire.

Quel est ce pays où il faut absolument oindre tout le monde de cacas avant qu’on puisse s’entendre ?

Ce pays souffre de nombreuses frustrations, des injustices et d’une mal gouvernance à nulle autre pareille et c’est cela la cause de plusieurs conflits. Le vol, la corruption, le détournement sont devenus la marque déposée de ce régime. L’orgueil de nos dirigeants, le mépris ne peut que créer des situations de conflit

Qui peut m’expliquer comment est-ce que le peuple peut être en train de mourir de soif et de faim alors qu’au même moment un ministre se déplace dans son village le temps d’un weekend dans un convoi de 20 voitures au frais du pauvre Camerounais !! En quoi il est plus camerounais que les autres ?

Comment le peuple peut être en train de pleurer de famine quand quelques-uns privilégiés pleurent qu’ils sont trop rassasiés ?

Que ceux qui nous gouvernent sortent des gros discours, du bavardage, reviennent sur terre et posent des actes concrets allant dans le sens de la recherche des solutions aux problèmes du peuple. On ne vous demande pas la tête de quelqu’un. Juste que vous arrêtez de vous servir, de servir le peuple et que vous ayez un peu pitié du peuple qui a longtemps souffert dans vos mains. Et si ça vous a dépassé vous déposez le fusil au sol et le peuple souverain essaie d’autres personnes car c’est en faisant 2 mariages que la femme peut reconnaître le bon Mariage.

Il faut également détendre l’atmosphère, la tension est trop vive, baissons un peu le feu sous la marmite.

Que tous ceux qui sont en prison pour avoir confondu le sac du peuple à leur sac demandent pardon au peuple, que le cas de tout un chacun soit réexaminé et que chacun remette ce qu’il a volé en place. Leur présence en prison n’apporte rien au peuple

Que ceux qui sont en prison pour leurs opinions politiques soient tout simplement libérés car ce n’est aucunement la solution, c’est être incapable de courir et se mettre à s’enrouler au sol. On ne peut pas tuer quelqu’un parce qu’il a dit ce qu’il pense… Il y a le fusil dans sa bouche ?

Qu’on ouvre la porte et que toutes les intelligences de ce pays qui sont contraints à ne vivre qu’a l’extérieur reviennent en toute sécurité pour mettre leur savoir-faire au profit de ce pays.

Que ceux qui dorment leurs parts de rêves et ne voient le Cameroun qu’en feu renoncent a ce projet funeste car c’est porter leur part de malédiction devant l’histoire. On peut arranger sans nécessairement passer par la violence.

Que tous ceux qui dans la situation actuelle en zone anglophone pour leurs intérêts voient les 2 rives de la rivière au même moment sacrifiant ainsi la vie de nombreux camerounais sachent qu’ils mangent comme ça la viande de leurs corps.

Que ceux qui nous gouvernent et qui se sont débrouillés comme ils pouvaient avec le résultat que chacun voit de ses propres yeux aient le courage d’accepter leur échec et demander pardon au peuple car on ne peut pas tromper le peuple chaque jour et se réjouir de sa misère

Ce n’est que dans ces conditions de prise de conscience et dans la sincérité qu’autour de l’arbre à palabres, en nous regardant dans les yeux que nous pouvons nous dire des vérités pour l’intérêt de ce pays. On ne va oindre aucun fils de ce pays avec de la cendre, ce pays a besoin de tous ses enfants. Que chacun dise juste sa part de vérité.

Quel est le secteur d’activité qui marche encore dans ce pays ? La santé ? L’éducation ? L’agriculture ? la culture ? Quoi ? Les affaires ? Si vous ne chantez pas la chanson du parti au pouvoir les impôts vont vous montrer ce que le singe avait mangé avant de boire de l’eau. Jusqu’où irons-nous avec de telles attitudes ?

Les chefferies traditionnelles sont désacralisées, les fo’o sont dépouillés de leurs pouvoirs avec leur propre complicité, le fo’o se retrouve en train de discuter un poste politique avec son administré. Le trône de ses ancêtres est si petit pour qu’il se retrouve à discuter une chaise qui a un pied cassé avec son administré ? Où allons-nous ?

A-t-on encore besoin d’ouvrir la cigale pour comprendre que ce pays va mal ? Les camerounais dans leur grande majorité sont fatigués de ce système et n’y croient plus. Il faut s’asseoir, se parler, se pardonner, se réconcilier et s’accorder autour du minimum qui est le Cameroun de demain, il faut rétablir un nouveau contrat social pour amener les camerounais à s’aimer, a aimer leur pays, et à croire de nouveau en ce pays qui nous a tous vu naître car si tu ne dors plus le rêve, sache que tu es déjà mort.

Accoucher un enfant et l’enterrer c’est voir ce qu’il ne te fallait pas voir de tes yeux. Même s’il est vrai qu’on ne pleure pas sa mère pour passer au marché, la situation impose d’aujourd’hui que chacun prenne sa part de castagnette, que nous nous retrouvions sur la place du marché et que chacun en pleurant le ” gouong” pleure son propre corps afin que nous enlevions la malédiction qui semble peser sur la tête de ce pays et chassons les mauvais esprits qui ont pris le pays en otage.

Je lance les mains au chef qui est à la chefferie, s’il m’écoute qu’il jette un coup d’œil sur la lettre que je lui avais adressée en 2008 au sujet de la crise anglophone bien longtemps avant que la situation ne dégénère et qu’il fasse quelque chose pour éteindre ce feu car le sang a déjà trop coulé… Je profite pour rendre un vibrant hommage à John Litumbe qui m’avait reçu à Buea en 2006 et qui après plusieurs discussions m’avait remis le drapeau en me disait ceci « djumba not be maried but djumba fee turn maried »

Même comme les méchants ont pris la société en otage, même comme nous sommes tous devenu des mauvaises personnes si bien qu’on se moque même de Dieu, continuons toujours à lancer les mains aux dieux de nos ancêtres pour qu’ils ne dégagent pas la main sur nous et que les jeunes innocents lèchent le mortier de ce qu’ils ne connaissent pas. Que chacun meurt son propre deuil.

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